Que mijote-t-on encore contre la Républi­que démocratique du Congo ? Pourquoi des soldats britanniques devraient-ils utiliser le territoire du Congo d’en face pour se déployer à Kinshasa en cas d’une situation d’urgence ou de catastrophe naturelle? Quel est le mobile prin­cipal qui a milité en faveur de la reconduction de ce « protocole d’accord » pour une nouvelle durée de 12 mois ?

Selon des informations concordantes, les ministères de la Défense de la Grande-­Bretagne et du Congo-Brazzaville ont pro­cédé le 22 janvier 2008 à la signature d’un protocole d’accord à caractère militaire. Selon un communiqué de presse de l’ambassade britannique à Kinshasa, il s’agit tout simplement d’une reconduction d’un protocole d’accord, existant et signé en novembre 2006.

Selon des informations concordantes, les ministères de la Défense de la Grande-Bretagne et du Congo-Brazzaville ont pro­cédé, le 22 janvier 2008 à la signature d’un protocole d’accord à    caractère militaire. Selon un communiqué de presse de l’ambassade britannique à Kinshasa, il s’agit tout simplement d’une reconduction d’un protocole l’accord, existant et signé en novembre 2006, pour une nou­velle durée de 12 mois.

Ce pro­tocole d’accord renseigne que le gouvernement du Congo-Brazz­aville autorise l’utilisation de son territoire pour le déploiement à Kinshasa des soldats britanni­ques  « dans l’éventualité d’une nécessité d’évacuer les sujets britanniques civils à la suite d’une situation d’urgence ou d’une catastrophe naturelle, ou en cas des troubles à Kinshasa ». Ce protocole d’accord a été signé à Braz­zaville en novembre 2006. Il vient d’être reconduit pour une durée de 12 mois à dater du 22 janvier 2008.

Pour les autorités britanniques, il ne s’agit nullement de stationnement en permanence des troupes britanniques en Républi­que du Congo-Brazzaville. Ni d’un déploiement éventuel au Congo-­Kinshasa. Des précisions, pour elles, qui valent la peine afin d’éviter toute mauvaise interpré­tation.

Des interrogations subsistent

On voudrait bien croire les autorités britanniques. D’ailleurs  dans l’entourage de l’ambassade du Congo-Brazzaville, on parle plutôt « de la régularisation d’une situation dans le cadre de l’Union européenne. Cer­tains pays membres de cette union auraient signé un accord similaire avec d’autres pays africains notamment le Congo Brazzaville. Restant la Grande­Bretagne qui vient de régulariser la situation ».

Admettons que tout ceci soit vrai. Quel est alors le motif principal qui a poussé la Grande-­Bretagne à reconduire ce proto­cole d’accord dès lors que l’on n’est plus dans les mêmes cir­constances de temps et de lieu de novembre 2006 ? A cette date l’on pourrait bien craindre une explosion à la suite de la contes­tation électorale découlant du deuxième tour de l’élection pré­sidentielle entre le président Kabila et son adversaire Jean-Pierre Bemba.

Voudrait-on insi­nuer que les mêmes craintes persistent jusqu’à ce jour ? Si tel serait le cas, surtout après la Conférence de Goma, il y aurait anguille sous roche. C’est-à-dire des nuages som­bres demeurent dans le ciel congolais et qu’il se préparaient bel et bien quelque chose contre la République démocratique du Congo. Sinon, la Grande-Breta­gne, disposant d’un réseau de renseignements sophistiqués ne se permettrait nullement pareille démarche s’il n’y avait pas dan­ger à l’horizon.

D’autre part, cette recon­duction intervient juste au mo­ment où se tenait à Kinshasa la réunion de la grande commission mixte de deux Congo. Comme si quelque part, y avait une manœuvre de diversion.

Autant d’hypothèses qui soulèvent des interrogations per­tinentes, lesquelles méritent des réponses précises. Surtout qu’en­tre Kinshasa et Brazzaville des échanges de vues pour le rapa­triement des « réfugiés militai­res » ne sont pas encore épui­sés. Voilà qu’intervient ce genre de « protocole d’accord » qui pourrait resoulever de la méfiance entre les deux capitales, alors que de gros efforts ont déjà été entrepris dans le seul but de dessiner tout malentendu.

(Th)

Freddy Monsa Daka Iyaka Duku/Le Potentiel