Les services administratifs des hôpitaux de Kinshasa sont partis en grève pour réclamer, à l’instar des infirmiers et des médecins, des primes supplémentaires et une augmentation de salaires.
Selon le Secrétaire Général du Syndicat national des techniciens et administratifs de Santé, SYNAPETAS, il n’est pas normal qu’on augmente les primes des personnes qui n’ont pas travaillé pendant deux mois et prive ceux qui étaient au service pendant ce temps. L’enveloppe globale doit être partagée entre toutes les catégories oeuvrant dans le secteur de santé. La réaction des professionnels de santé ne s’est pas fait attendre, pour Tapoy Mutamba, il est permis à tout le monde de revendiquer ses droits, mais il n’est pas honnête de se cacher derrière les autres pour rentrer dans ses droits.
Le porte-parole des professionnels de santé a fait savoir qu’au moment où cette catégorie était en grève, les autres avaient refusé de se solidariser avec eux. Par conséquent, les infirmiers et médecins ont porté seuls, leur croix jusqu’à l’obtention des premiers résultats de leurs revendications. Bref, la grève des techniciens et administratifs n’a aucun lien avec celle des professionnels de santé. Il n’est donc pas question d’un quelconque partage de l’enveloppe de 2 milliards de FC que les infirmiers et les médecins viennent d’arracher après deux mois de négociations et de grève.
D’autant plus que les délégués du SYNAPETAS avaient pris part aux diverses négociations et savaient très bien qu’il n’y avait aucune part réservée aux administratifs dans cette enveloppe. Les malades sont de nouveau les premiers à payer le prix de tout ce jeu de ping pong. L’espoir et la joie suscités après le règlement heureux de la première grève n’auront été que de courte durée.
Départ massif des infirmiers vers l’Angola
Pendant que ça brûle dans les hôpitaux kinois, dans la province de Katanga, c’est plutôt la désertion du personnel soignant dans les institutions hospitalières. Selon le médecin chef de zone du territoire de Dilolo, suivi sur la radio okapi, presque la moitié des infirmiers a traversé la frontière pour aller travailler en Angola où ils sont bien rémunérés. Depuis 2007, la moitié du personnel soignant de ce territoire a démissionné. Les malades sont abandonnés à leur triste sort, ceux qui ont un peu de moyens financiers vont se faire soigner dans les polycliniques privées. Les moins nantis ne savent pas à quel saint se vouer, certains rentrent à la maison pour se faire soigner avec des produits indigènes.
Selon les échos qui nous sont parvenus de l’Angola, un infirmier toucherait l’équivalent de 500 dollars américains et un médecin, quatre fois plus. Le manque de motivation, du personnel qualifié et des matériels va obliger la plupart des hôpitaux à fermer leurs portes. D’où cet appel pressant au gouvernement Gizenga pour résoudre d’une manière globale, les problèmes qui se posent dans ce domaine. Après les conflits armés, les Congolais sont encore exposés à la mort. Il n’y a pas longtemps, un organisme international a publié un rapport sur l’état de santé de la population congolaise.
Les résultats ont démontré que la plupart des congolais meurent des maladies qu’on peut éviter grâce à une alimentation saine. En clair donc, ne peut bien soigner que celui qui travaille dans un milieu sain avec un corps sain. Tant que le personnel soignant et autres catégories d’agents et fonctionnaires de l’Etat ne seront pas bien rémunérés, il est difficile d’attendre un bon rendement et par là, la reconstruction du pays. Surtout, quand il s’agit de ceux qui, au jour le jour, s’occupent de leurs semblables en détresse.
(Th)Claudine Mbombo/L’Observateur
Last edited: 31/01/2008 15:53:02