L’avant-dernière couvée du quotidien Forum des As intitulée : « Affaire Bemba : la CPI déjà à Kinshasa » a fait sortir de leur réserve les membres de la CPI, section RDC, afin d’expliquer que cette Cour ne procède pas par personnalisation des crimes, mais sur les faits.

A en croire les proches de cette structure à Kinshasa, la CPI ne procède pas par la personnalisation des crimes ou des faits sa procédure est au contraire axée sur la collecte des informations d’abord, ensuite sur l’analyse de ces informations pour arriver, enfin, à établir la responsabilité des gens, des personnes impliquées. C’est donc un travail de fouille. A ce stade, explique les mêmes sources, il n’y a pas encore d’affaire Bemba et on ne peut pas non plus dire si Jean-Pierre Bemba est lié.
En RDC, actuellement, le procureur de la Cour pénale internationale travaille sur les exactions commises dans l’Ituri, en Province Orientale. Mais il est en train d’examiner la possibilité d’ouvrir d’autres enquêtes ailleurs. Le bureau du procureur de la CPI ne travaille donc pas par rapport aux noms des personnes, mais par rapport aux situations. Autrement dit, les enquêtes ne comportent pas d’à priori ou des préjugés. Présentement, la CPI travaille en RDC, en Ouganda, au Soudan et en République Centrafricaine.
S’agissant de la présence des enquêteurs de la CPI à Kinshasa, des proches de la Cour pénale internationale expliquent que ces enquêteurs viennent régulièrement en RDC selon le besoin du travail, sans communiquer les noms des personnes supposées avoir commis des crimes. C’est donc un travail confidentiel. Il importe de spécifier que les crimes recherchés par la CPI ne concernent que ceux commis après juillet 2002. Les crimes commis avant cette période, c’est-à-dire avant juillet 2002, ne révèlent pas de la compétence de la CPI. Pour le cas de la RCA, la CPI a ouvert des enquêtes depuis mai 2007. Il sied de signaler qu’après la longue phase d’instruction du dossier, le procès Thomas Lubanga débute le 31 mars prochain à la Haye.
La CPI déjà à Kinshasa
Dans certains milieux, on croyait que « l’affaire Bemba » était définitivement enterrée. Mais, aux dernières nouvelles, la Cour pénale internationale (CPI) est même passée à la vitesse supérieure. Plus rien donc ne s’oppose à ce que cette Cour aille jusqu’au bout, nous confiaient hier des sources dignes de foi. Le président du MLC est poursuivi pour des faits mis à sa charge lors de l’intervention de ses troupes en 2003 à Bangui, en République centrafricaine.
C’est depuis quelques jours que les enquêteurs de la Cour pénale internationale (CPI) séjournent à Kinshasa, la capitale congolaise, avec bien entendu, l’autorisation de leur procureur. Ainsi donc, au menu de leur séjour, recueillir des témoignages sur les exactions commises par les troupes du Mouvement de libération du Congo (MLC) lors de leur intervention en 2003 à Bangui, en République centrafricaine, en faveur du président Ange-Felix Patasse.
Thambwe Mwamba, José Endundo, Olivier Kamitatu et autres déjà entendus par la CPI
A en croire des sources dignes de foi, les enquêteurs de la CPI ont déjà recueilli, sur place à Kinshasa, les témoignages de plusieurs personnalités politiques qui étaient, à l’époque, membres du MLC. C’est le cas de MM. Alexis Thambwe Mwamba, José Endundo Bononge, Olivier Kamitatu et autres qui se trouvaient, au moment où ces forfaits avaient été commis, aux négociations de Sun City, en Afrique du Sud.
Outre celle de Kinshasa, on fait état d’une autre équipe d’enquêteurs qui se serait rendue à Bangui pour recueillir aussi des témoignages en rapport avec des faits mis à charge du « Chairman ». Pendant ce temps, poursuivent les mêmes sources, après l’audition des personnalités politiques à Kinshasa, il y aurait d’autres témoignages à recueillir dans la capitale congolaise en cette phase d’instruction du dossier.
Que cache donc cette récolte des témoignages ?
Selon nos sources, la CPI pourrait aller jusqu’au bout de son action. Plus concrètement, il ne serait pas à écarter qu’après Thomas Lubanga, que le leader du MLC fasse l’objet des poursuites allant même jusqu’à son arrestation par la Cour pénale. Après l’instruction du dossier, la Cour pénale internationale pourrait bien passer à la vitesse de croisière. Car, il semble que tout serait déjà mis en oeuvre pour que la Cour pénale internationale s’occupe bel et bien du cas Bemba.
A en croire certains témoignages recueillis par la CPI, à l’époque, la branche militaire du MLC en dépendait que le seul Jean Pierre Bemba Gombo et les politiques n’y était nullement associés. Le département d’Etat se serait même opposé à l’entrée des troupes du MLC à Bangui et l’aurait fait savoir au leader du MLC Mais, ce dernier n’en avait fait qu’à sa tête.
(Th)MM/FDA/Forum des As
Last edited: 31/01/2008 14:22:10