La Banque africaine de développement a approuvé 1,1 millions USD au capital d’Advans Bank Congo, qui ouvre à cette dernière un nouveau statut de banque de microfinance, fournissant des services financiers aux populations à faible revenu de la RDC.

De Tunis en république tunisienne, nous apprenons que la Bad, Banque africaine de développement, a approuvé une participation dans une banque de microfinance en Rdc. Au terme de cette décision, les entreprises de microfinance et les petites et moyennes entreprises en République Démocratique du Congo (RDC) bénéficieront d’une participation de 1,1 million de dollars au capital de Advans Bank Congo et d’un don d’assistance technique de 650.000 Euros.
C’est une très bonne nouvelle pour l’économie congolaise à la recherche davantage de capitaux pour la production des richesses. Cette décision approuvée par le conseil d’administration de la Banque africaine de développement (Baa) vient à la rescousse des moyennes fortunes. On a beaucoup parlé d’aide apportée et à apporter aux grosses entreprises. Cette fois, la Bad, plus proche des réalités africaines apporte un vrai ballon d’oxygène aux petites et moyennes entreprise du secteur des microfinances.
Ainsi donc, partant du fait que cette aide de la Bad a la forme d’une participation à Advans Banque Congo (ABC), celle-ci aura désormais un statut entièrement nouveau d’une banque de microfinance. Advans Bank Congo devra désormais fournir des services financiers aux populations de la Rdc qui a un faible revenu. Avec cet apport de la Bad et le nouveau statut de Abc, l’objectif du projet est d’offrir un large éventail de services financiers appropriés à la micro, petite et moyenne entreprises ainsi qu’à d’autres clients issus des populations à faible revenu.
C’est encore une des promesses faites par le premier ministre Antoine Gizenga dans son programme devant la représentation nationale. C’est un pas important vers l’élimination de la pauvreté. Car, le projet dont il est question, signalent les sources proches de la Bad, s’inscrit dans le cadre des objectifs de développement du Gouvernement, soit d’appuyer la mise en place de systèmes financiers inclusifs viables au service de tout le monde en RDC.
C’est cela que le gouvernement entend par l’égalité de chance à donner aux populations congolaises. Hier, même quand on avait de bonnes idées, il était difficile de les mettre en application parce que soit on manquait des fonds, soit on n’était pas éligible aux conditions de grandes banques. Pour ceux qui se posaient encore des questions sur la politique d’auto prise en charge, ils ont une réponse lorsqu’on sait qu’on ne peut se prendre en charge sans avoir les moyens financiers de sa politique.
Abc, une banque en création
D’aucuns se demandent où se trouverait cette Advans Bank Congo. Selon les informations en notre possession, cette banque est en création. De la même source, il nous revient que la BAD apportera son soutien à la création de cette banque, à savoir ABC, en allouant un ensemble de ressources composées des fonds propres et d’assistance technique.
En souscrivant un montant de 1,1 million $Us en qualité d’actionnaire, la Banque détiendra environ 17 % des parts sociales initiales, ce qui lui donnera le droit de siéger au conseil d’administration. De plus, les fonds de l’assistance technique seront utilisés pour renforcer la capacité d’ABC et les systèmes intégrés de gestion.
Rappelons que cette assistance financière de la Bad à l’ABC est bien alignée avec les politiques et stratégies de la Banque Africaine. Comme on devrait s’y attendre, ABC sera un précieux instrument dans la mise en œuvre des politiques de microfinance. Car, partout au monde, l’assistance aux Etats fragiles passe par la microfinance. La création de Advans Bank Congo s’inscrit également dans le droit fil de deux des piliers de la stratégie de la Banque Africaine de Développement pour le développement du secteur privé. L’Abc permettra de renforcer le secteur financier et d’appuyer les entreprises privées. Enfin, la création de Advans Bank Congo concorde avec les stratégies opérationnelles de la Banque Africaine de Développement pour le secteur privé en vue de l’accroissement de l’appui aux intermédiaires financiers commercialement viables et pour la collaboration avec d’autres partenaires au développement.
La Rdc n’est pas la première bénéficiaire de cette initiative. L’expérience, apprend-on de source de la Bad, a déjà été tentée avec succès ailleurs. Actuellement, signale-t-on, la BAD gère dans le secteur de la microfinance deux investissements en actions, à savoir : un million de dollars dans la KREP Bank au Kenya et, plus récemment, l’investissement de 0,84 million approuvé en 2007 dans Access Bank en Tanzanie.
Il nous revient que KREP est la première banque de microfinance d’Afrique et la première ONG à se convertir en une banque commerciale à part entière qui fournit des services financiers aux populations à faibles revenus du Kenya.
S’instruire de l’expérience des autres
La Rdc sera la troisième expérience. On espère qu’elle sera la meilleure dans la mesure où elle sera instruite des expériences des autres. Car, dans ce domaine, autant qu’il est important de s’adapter aux réalités du milieu, il est superflu de vouloir inventer la roue. Il s’avère malheureusement qu’en Rdc, chaque fois qu’il est tenté une expérience en faveur de petites fortunes, les grosses fortunes s’y abattent comme des vautours afin de bénéficier, au détriment des économies faibles, des conditions particulièrement avantageuses qu’offrent les microfinances. C’est ainsi qu’on a souvent assisté à des expériences mort-nées.
Il en est ainsi de la Banque de crédit agricole dont les fonds ont servi à autre chose qu’au développement de l’Agriculture. Il a été également ainsi des autres initiatives qui avaient pour but de combattre la pauvreté en mettant des moyens à la disposition des économies faibles. Les nantis politiquement s’en saisissaient pour se faire des nantis économiques.
Le changement des mentalités, cheval de bataille du gouvernement Gizenga, est à ce prix. Il faut lutter contre la politique de « favoriser les favorisés » et de « donner à ceux qui ont ». Cette lutte passe par l’élimination de l’opacité dans les conditions d’attribution des logements sociaux à construire et à l’octroi des crédits dans le cadre de la microfinance.
(Yes)J. Diana G./L’Avenir
Last edited: 31/01/2008 14:18:09