Le discours de remerciements des conférenciers au forum de Goma sur la paix dans le Kivu que le Sénateur Henri-Thoma Lokondo Yoka avait eu le privilège et l’honneur de prononcer à la cérémonie de clôture des assises au nom de tous les participants fut un précieux message d’espoir pour le retour de cette paix à l’Est de la RDC.

La paix des braves signée il y a une semaine à Goma par les protagonistes de la guerre au Kivu comme résultat de la conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans les provinces du Nord et Sud-Kivu, ne doit pas être fragilisée par de nouveaux soubresauts de confrontations entre les frères ennemis d’hier. Ce processus de paix qui doit consacrer la fin des hostilités est plutôt à sauvegarder coûte que coûte. Tel est le vibrant souhait de toutes les parties prenantes dans cette dynamique de la paix. Tous les responsables tant du côté des autorités nationales que des représentants de la communauté nationale ont proclamé la volonté unanime d’œuvrer à la matérialisation de l’Acte d’engagement pour la paix ainsi que des résolutions et recommandations auxquels ont solennellement souscrit les protagonistes à l’issue du décisif forum de Goma. Mais il y a une autre vibrante proclamation de la paix qui a risqué de passer inaperçue, celle des conférenciers eux-mêmes et dont la déclaration a été lue à leur nom par l’un des leurs, en la personne du Sénateur Henri-Thomas Lokondo.
Le Sénateur Lokondo avait, en effet, prononcé du haut de la tribune de la conférence un édifiant appel à la paix dans le style d’un éloquent hymne de culture de la paix. Voici ci-après cette remarquable adresse du représentant de tous les conférenciers en sa double qualité de Sénateur et de délégué des provinces autres que celles des deux Kivu, tout en étant en plus l’un des connaisseurs des réalités kivutiennes pour y avoir exercé des fonctions de sécurité au temps du régime Mobutu dont M. Lokondo est, du reste, un co-régionnaire de la province de l’Equateur. Le Sénateur Lokondo a profité de l’occasion qui lui fut donnée de prononcer du haut de la tribune de la conférence, devant le Chef de l’Etat en personne, pour stigmatiser l’enjeu même des conflits de l’Est nourris, selon l’orateur, de très aigus ressentiments intercommunautaires.
Discours de remerciements des conférenciers
Monsieur le Président de la République,Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,Monsieur l’Abbé Président de la Conférence, Messieurs les membres du Bureau de la Conférence, Messieurs les membres du Panel des modérateurs,Messieurs les membres du Comité des sages,Distingués membres du Corps Diplomatique et Représentants des organismes internationaux,Chers amis conférenciers,Distingués invités,
Conformément au programme qui a été arrêté depuis le début de nos travaux, il nous a été demandé par le Bureau (de la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement du Nord-Kivu et du Sud-Kivu) de dire le mot de remerciement de la conférence. Cet exercice protocolaire et de convivialité, nous le faisons avec joie et espérance pour le retour de la paix et de la tranquillité dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.
Monsieur le Président de la République,

Une fois de plus, tous les conférenciers qui sont venus de l’intérieur des deux provinces ainsi que ceux qui sont venus des autres provinces vous rendent un hommage mérité pour avoir convoqué cette conférence de tous les espoirs qui, pour nous, est le plus grand et le plus beau cadeau que vous avez donné à la RDC et particulièrement aux populations du Kivu pour l’année qui vient de commencer.
Un cadeau immense et inqualifiable qui permettra enfin, nous l’espérons, au peuple congolais de se consacrer aux problèmes les plus vitaux pour son existence et son développement intégral. Nous remercions évidemment les organisateurs de la conférence ainsi que toutes ses structures pour avoir méthodiquement dirigé les travaux de la conférence et ce, à la grande satisfaction de l’opinion nationale et internationale.
Nous pensons d’abord au Président de la Conférence (M. l’Abbé Apollinaire Malu Malu) pour sa capacité d’écoute et de travail, ainsi que pour son humilité qui ont été d’une grande utilité pour l’aboutissement heureux de nos assises. Tous les autres membres du bureau qui l’ont soutenu dans l’action ont été à la hauteur de leurs tâches pour la concrétisation des objectifs de la conférence. Nos pensées vont spécialement aussi au panel des modérateurs qui ont fait preuve de leurs statuts de catalyseurs et d’hommes d’Etat dans cette conférence qui se voulait un exorcisme collectif, une catharsis pour laquelle chaque plénière était un moment redoutable et redouté. Qu’ils trouvent ici notre admiration.
Le Comité des sages piloté par le Président de l’Assemblée nationale qui a déployé toute son énergie et son expérience, a fait un travail merveilleux tant sur le plan formel qu’informel. Il a su à chaque instant ramener les choses à leur juste dimension pour l’harmonie et la concorde entre les communautés sociopolitiques du Nord et du Sud-Kivu. Les membres de ce comité doivent être fiers du travail accompli.
A toutes les provinces qui, de loin étaient de cœur avec la conférence en organisant les prières, les marches et même les récoltes d’argent et des vivres pour soutenir nos assises, doivent trouver ici l’expression de notre reconnaissance, surtout celle de toutes les populations du Kivu qui garderont un souvenir attendri de cette solidarité patriotique exceptionnelle.

Nous remercions et félicitons sincèrement les deux grands Ateliers de la Conférence où il y a eu des débats fraternels de vérité, de haute facture intellectuelle, morale et politique, pour le triomphe de la quiétude, de la paix des cœurs et des esprits dans le Kivu et, partant, dans l’ensemble de toutes les autres provinces de la République démocratique du Congo qui ont toujours subi, comme vous le savez, les ondes de choc qui viennent d’ici. Nous apprécions à sa juste valeur la forte implication de nos partenaires bilatéraux et multilatéraux, ainsi que d’autres observateurs étrangers pour la réussite de nos travaux.
Une mention spéciale est adressée à leurs délégués respectifs qui étaient tous les jours présents dans la salle lors des déclarations des communautés et des groupes armés, témoins directs donc, de la psychothérapie des enfants du Nord et du Sud-Kivu qui ont voulu renaître de nouveau pour la paix non seulement de la RDC, mais aussi de l’humanité toute entière. Qu’ils soient tous fidèles ambassadeurs des conclusions de la conférence pour diverses actions qu’ils mèneront dans le cadre de la coopération au renforcement de la sécurité et de la lutte contre la pauvreté dans ces deux provinces pivot de la région des Grands Lacs.
Monsieur le Président de la République,
Distingués invités ;
Nous serions incomplets si nous ne jetons pas des fleurs aux autorités de la province du Nord-Kivu pour l’hospitalité dont nous avions été l’objet ainsi que pour la sécurité qu’elles nous ont assurée en partenariat remarquable avec les éléments de la MONUC auxquels nous transmettons aussi notre gratitude. Aussi nous remercions déjà le gouvernement et tous ceux qui vont soutenir nos recommandations, afin de faire passer le Kivu, considérée par l’opinion nationale et internationale comme le ventre mou de la RDC, du statut combien déshonorant de foyer de tension et de guerre à une zone de paix et de stabilité favorable au développement de notre pays ainsi que de toute la région des Grands Lacs.
Nous ne sommes ni sourds ni aveugles. Nous sommes conscients de la délicatesse des résultats que nous avons obtenus. Mais l’essentiel pour nous conférenciers est d’avoir remarqué que l’optimisme de la volonté a déjà pris le pas sur le pessimisme de la raison. Tout ce que nous avons entendu sans désemparer pendant deux semaines se disait déjà depuis plusieurs années, depuis plusieurs mois avant notre conférence. Mais cela se disait de façon séparée.
Place à la culture de la paix !

Le grand mérite de la conférence est celui d’avoir rassemblé tous les enfants du Kivu pour une introspection et leur faire voir que la parole malveillante, insinuante, intrigante, mensongère et extrémiste a provoqué des guerres qui ont entraîné des tueries, des pillages, des viols des femmes et enfants, ainsi que d’autres violations massives des droits de l’homme comme il nous a été rapporté ici. Toutes ces guerres qui se nourrissent de la misère des populations et la misère elle-même qui se nourrit aussi des guerres. Véritable cercle vicieux infernal, criminel et immoral.
Nous pouvons donc nous féliciter d’avoir participé à une œuvre humaine qui marquera indubitablement aussi les annales de l’histoire de notre pays. Car, malgré les divergences, malgré la méfiance du départ, force est de constater qu’il a régné parmi nous un climat d’entente cordiale et nationaliste. Le plus remarquable est l’affirmation de la volonté commune de vivre ensemble, de continuer à vivre dans un seul et même pays uni : la République démocratique du Congo.
Monsieur le Président de la République,
Distingués invités,
Au-delà de toutes les recommandations que nous avons faites, nous disons comme remerciement général pour l’avenir envers tous ceux qui vont consolider l’élan déclenché par la conférence ce que l’Acte constitutif de l’UNESCO dit : « C’est dans l’esprit des hommes que naissent les guerres et autres violations massives des droits de l’homme, c’est dans l’esprit des hommes également que doit être élevée la culture de la paix » C’est le travail de toute la Nation Congolaise.
Pour tout ce qui reste, seul Dieu Tout-Puissant nous aidera, ainsi que nos ancêtres qui restent pour nous tous l’expression de l’optimisme et de l’espoir devant la vie et devant l’histoire. Je vous remercie ».
Henri-Thomas Lokondo Yoka,
Sénateur.
Goma, le 23 janvier 2008.
Daniel Nzuzi/MMC
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