A l’instar de Zaïre-monnaie à l’époque, la mise en circulation des grosses coupures de la monnaie nationale par la Banque centrale s’accompagnait toujours de la disparition des billets à valeur faciale faible. Une voix que veut suivre le Franc congolais.

Après plusieurs années d’hésitation, la Banque centrale du Congo (Bcc) est enfin résolue à mettre en circulation des coupures du Franc congolais à valeur faciale élevée. Préalablement à cela, la Banque centrale devait procéder au retrait de la circulation des coupures à valeur faciale faible. Dans la perspective de l’émission des billets à valeur faciale élevée, la Banque Centrale du Congo a entamé le processus du remplacement des coupures de 20, 50 et 100 FC et compte lancer la campagne de sensibilisation à compter de janvier sur l’émission des billets à valeur faciale élevée, indique l’Institut d’émission dans son numéro de janvier 2008, consacré à l’évolution économique de la République Démocratique du Congo en 2007 et perspectives pour 2008.
Que la banque ait déjà entamé le retrait des petites coupures, cela prouve qu’elle procèdera au lancement des grosses coupures. A l’époque de Mobutu, à l’ère de Zaïre-monnaie, l’on a toujours observé cela. Mais c’est autre époque. Pourquoi doit-on retirer de la circulation de petites coupures avant d’y injecter les grosses ? Pourquoi cette politique du tiers exclu ? Ce sont là autant de question que la population ne manquerait pas de se poser.
Pour autant que l’on n’ignore pas la mise en circulation des grosses coupures. A l’époque de Mobutu, la démonétisation du billet de 5.000.000 Zaïres avait été très saluée par la population, et a renforcé la popularité de Etienne Tshisekedi. La mise en circulation des grosses coupures a été annoncée en 2005, mais les perturbations au niveau du cadre macro-économique ne légitimaient pas une telle opération. Aussi, forte de la bonne tenue des comptes en 2007, la Banque centrale pense avoir trouvé le moment de mettre en circulation la masse de Francs congolais, entreposée dans ses coffres-forts.
Mais, comme les années précédentes, la reprise de tensions en ce mois de janvier 2008 risque de retarder une telle opération. D’ailleurs, le gouverneur de la Banque centrale ne s’en cache pas en indiquant que l’instabilité récurrente du cadre macroéconomique congolais impose une certaine prudence, pour cette opération. Selon Jean-Claude Masangu, les grosses coupures ne devaient être injectées que dans un contexte économique assaini.
(Th)
Papy Mumputu/Le palmarès
Last edited: 29/01/2008 14:41:49