A deux reprises au cours du mois de janvier 2008, des éléments des FARDC du camp Ebeya, tout à proximité immédiate du centre-ville de Mbanza-Ngungu ont fait subir des violences inouïes aux habitants du village Zamba qui est situé non loin de ce camp.

Aucune réaction du gouvernement de Kinshasa n’a été enregistrée par la population de cette localité, alors que, pour des faits similaires qui se sont passés ailleurs, le gouvernement réagit sans atermoiements !
« Pourquoi le ministre Jean-Claude Muyambo des Affaires sociales et Solidarité nationale et de l’Intérieur, le général Kalume, si prompts à voler au secours des populations en détresse à travers la République, n’ont pas daigné jusqu’ici se déplacer pour Mbanza-Ngungu et voir de visu l’ampleur de notre détresse ? Pourquoi ? Pourquoi ?
Oui pourquoi, pourquoi et encore pourquoi, s’interroge la population du village Zamba, situé à quelques encablures du camp colonel Ebeya, dans le Bas-Congo, district des Cataractes. Ceci quand on sait que cette population avait été, le 11 janvier de cette année, victime d’actes répréhensibles (pillage, destruction des maisons, cases incendiées, cheptel et biens pillés, passage à tabac) de la part des militaires du camp colonel Ebeya. Comme si le pays était en guerre.
Selon des informations concordantes, ces derniers voulaient venger la mort de leurs compagnons d’arme trouvés sans vie le long de la voie ferrée Mbanza-Ngungu–Muala-Kinsende (ex Marchal), et cela sans preuve, sans enquête préalable. Sinon sur base de simples présomptions.
Quelle est la situation sur le terrain ?
Plus de deux semaines après les faits, les villageois victimes ont vu défiler des délégations du gouvernorat du Bas-Congo, des députés Ne-Kongo du coin, le 1er responsable du camp Ebeya, la Caritas et j’en passe. Au final, une maigre consolation jusqu’ici. Dans la mesure ou chaque famille victime s’est vue octroyer de la part du chef de la cité 50.000 francs congolais, une vraie misère vu l’ampleur de leur détresse, intervention de la province du Bas-Congo.
En outre, des tentes militaires ont été érigées dans le village qui ressemble à un camp de réfugiés par le numéro Un du camp Ebeya, pour reloger les villageois victimes. Caritas est passé pour remettre quelques vivres et les T.P. de la province ont procédé à des estimations des dégâts et prélevés des mesures des maisons détruites pour une éventuelle indemnisation-reconstruction. En attendant, c’est la désolation. L’on se pose vraiment la question de savoir si le gouvernorat tiendra parole, vu le nombre impressionnant d’aigrefins qui gravitent autour de tels dossiers.
Gouvernement central, politique de deux poids, deux mesures
Deux semaines et quelques jours après la tragédie de Zamba (Mbanza-Ngungu), le gouvernement du Premier ministre Antoine Gizenga et ses ministres des Affaires humanitaires et de l’Intérieur est aphone. Aucune initiative n’a été prise pour les villageois de Zamba, mis à part l’intervention de la province du Bas-Congo.
Et pourtant dans de nombreux cas, on a vu ce gouvernement et ses ministres des Affaires sociales et Solidarité nationale, de l’Intérieur au four et au moulin. Les cas sont légion et nous ne citerons que le cas des noyés de Boende à l’Equateur, les victimes d’orage et autres maisons ayant perdue des toitures dans le Bandundu à Kikwit, les cas des déplacés du Nord-Kivu à Goma, les conflits de Bolobo entre Batende et Banunu et j’en passe.
Or Mbanza-Ngungu est située à 150 km de la capitale. Ces deux ministres auraient pu effecteur un aller-retour depuis leur retour de Goma. Jusqu’ici, rien.
Que la population de Zamba s’interroge sur le pourquoi de cette politique de deux poids deux mesures est justifiée.
Un autre volet. Alors qu’ailleurs (Mbandaka, Kilwa, et autres) les militaires à la base de certaines exactions avaient été déférés promptement devant une juridiction militaire, à Zamba, on patauge encore dans le flou. Aucune enquête. Les responsabilités des uns et des autres n’ont pas été établies jusqu’ici. D’où la question de savoir, qui voudrait étouffer la grave affaire de Zamba et pourquoi ? Qui protège ces militaires indisciplinés et pour quelle finalité ? Nous y reviendrons.
(Yes)
Philippe Mbayi Wete/L’Observateur
Last edited: 29/01/2008 15:23:42