Le week-end dernier, Li Shangjin, PDG de « China Railways Enginering Corporation » et gouverneur de « Exim Bank of China » est l’hôte de marque de la République démocratique du Congo. Il est venu pour la concrétisation du protocole d’accord signé le 17 septembre 2007 entre la RDC et la Chine d’un montant de 6,5 milliards de dollars pour la première tranche, pouvant aller jusqu’à 11 milliards USD.
A travers ce protocole d’accord à hauteur de 6,5 milliards de dollars pour la première tranche, pouvant dans une deuxième tranche aller jusqu’à 11 milliards USD, “ Exim Bank of China “ est disposée à financer la réalisation d’une série de projets d’infrastructure en RDC. Selon les informations disponibles, le gouverneur de cette banque chinoise est à Kinshasa pour concrétiser la convention de collaboration et les prêts préférentiels accordés à la RDC par la Chine.
Appuyer l’accord de septembre 2007
Au fait, il va s’agir, dit-on, d’appuyer l’accord signé en septembre 2007 en donnant un coup d’envoi à la création d’une plate-forme entre un groupe d’entreprises chinoises et la Gécamines. Ce partenariat entre cette entreprise publique congolaise et un consortium d’entreprises chinoises (Exim Bank, Sino Hydro et Crec) sera basé sur l’exploitation des ressources minières et la réalisation des projets d’infrastructures de base. Selon les informations antérieures, l’accord porte sur le financement des travaux d’infrastructures par Exim Bank à travers l’exploitation minière. La partie chinoise avait donné son accord pour débuter le pré-financement des infrastructures.
L’accord signé le 17 septembre 2007 avec Exim Bank était guidé par six principes directeurs. Entre autres, il est question de la prise en compte des intérêts réciproques de deux parties (gagnant gagnant), de la formation intensive et transfert des technologies, du respect de normes environnementales, de la création des emplois, de la sous-traitance des travaux en faveur des entreprises congolaises, de la prise en compte du social des populations dans les zones des projets. Cet accord est un protocole conçu sur un modèle de type “ infrastructures, Développement ressources Backed Finance” (IDRF).
Celui-ci tient compte des besoins de la RDC de se doter des infrastructures de base susceptibles d’impulser son développement et ceux des entreprises de Chine de garantir leur approvisionnement en métaux de base. Dans un contexte marqué par un taux de croissance économique de plus en plus croissant, l’économie chinoise est une grande consommatrice des minerais. La demande des matières premières étant en hausse en Chine, les entreprises de ce pays émergent sont en quête des marchés où s’approvisionner en minerais. Et ce pour ne pas hypothéquer la bonne marche de ce pays qui ne cesse d’étonner au plan économique.
Par ailleurs, disposant des réserves de change importantes, la Chine est un pays qui peut apporter des financements au pays du Sud, notamment à la RDC. Les fonds souverains chinois sont estimés à plusieurs centaines de milliards de dollars US. Et la Chine cherche où placer ces réserves importantes, en surplus par rapport à ses propres besoins en devises. Du reste après ”Exim Bank“, une délégation d’une autre banque chinoise de développement CBB avait séjourné à Kinshasa. Conduite par son vice-gouverneur, Gao Jan, cette délégation était venue pour une autre suite de projets susceptibles d’intéresser les provinces et les domaines non pris en compte dans le premier accord avec ”Exim Bank of China”.
Accord mal perçu par l’Occident
Au lendemain de la signature du premier protocole avec la partie chinoise, il y a eu beaucoup de commentaires faisant état de la colère des pays occidentaux qui considèrent la RDC comme étant leur chasse-gardée. Pour une certaine opinion, une campagne était mise en route pour décourager les partenaires chinois de la RDC. Dans un contexte marqué par la percée commerciale de la Chine en Afrique, il est évident que les intérêts de l’Occident sont en danger au regard du dynamisme affiché par la Chine au plan de la recherche de matières premières.
Dans ce dossier, le FMI et la Banque mondiale ont été accusés par certains Congolais de s’opposer au partenariat RDC-Chine. A ce propos, le chef de la dernière mission du FMI à Kinshasa, Ames Brian s’est expliqué. Selon lui, c’est le président Joseph Kabila en visite au siège du FMI en octobre 2007 qui a demandé des conseils au FMI sur ce dossier.
Dans le cadre du processus de l’initiative PPTE et du cadre de viabilité de la dette, il était question de voir si les engagements déjà pris par la RDC vis-à-vis de ses partenaires internationaux étaient garanties. Aux dernières nouvelles, il ressort que le premier accord signé entre la RDC et la Chine a déjà été transmis auprès de ces deux institutions de Bretton Woods pour examen en vue de mieux conseiller la RDC.
(Th)Didier Munsala Buakasa/L’Observateur
Last edited: 28/01/2008 18:46:04