Malgré la signature de l’Acte d’engagement intervenue mercredi 23 janvier, les travaux se sont poursuivis le lendemain, dans un climat de tension, parce que certains « signataires » ont menacé de se déjuger, pour une question de « per diem » !

On ne peut minimiser les efforts déployés par les organisateurs, et particulièrement par le Président Kabila, pour un atterrissage en douceur de la Conférence sur la paix, le développement et la sécurité dans le Nord et le Sud-Kivu.
Mais, le faste et l’ambiance « familiale » constatés lors de la clôture officielle intervenue mercredi dernier, n’est en définitive que de la poudre de perlimpinpin. En réalité, des points importants sont restés en suspens et continuent de diviser les conférenciers et particulièrement, les ressortissants des deux Kivu. C’est le cas de l’érection de Minembwe et de quelques autres revendications de Nkunda, qui n’ont pas été clairement traitées dans l’Acte d’engagement.
D’où des coups de gueule quand on évoque ces questions qui fâchent. Hier, en tout cas, dans l’enceinte de l’Université où se tiennent encore ces assises en dépit de la clôture officielle, des éclats de voix ont été au rendez-vous.
A telle enseigne que certains « signataires » de mercredi, comme les Maï-Maï et les « Nkundistes » ont menacé de retirer leurs signatures. Même la question du « per diem » a surchauffé les esprits. Mais, les représentants de la Communauté internationale ont heureusement, Veillé au grain.
Quand le « per diem » divise « On nous prend vraiment comme des imbéciles » ; demain il ne nous parle pas, on verra ce qu’on verra ». Lés délégués à la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans les provinces du Nord et Sud-Kivu sont vraiment en colère. Pour cause: le payement de leur per diem qui se fait toujours attendre... Selon des sources dignes de foi, tout est parti de la décision de l’abbé coordinateur de la conférence, Apollinaire Malu Malu, de retenir, pour 2 à 3 jours, les délégués à Goma pour finaliser les travaux en carrefours ».
Eux qui devaient, après la clôture des travaux mercredi par le Chef de l’Etat, se préparer à faire le voyage de retour vers leurs villes respectives. Tout en espérant, ce même jour, avoir la solution à leurs problèmes de « per diem » irrésolus depuis plusieurs jours.
« On nous prend vraiment comme des imbéciles » se plaignent Solange Lusiku, éditrice du journal le souverain de Bukavu.
Les délégués n’ont été payés que les 9 premiers jours en raison de 135 dollars américains par participant. Ils espéraient avoir la solution à ce problème le jour de la clôture, mais cette rallonge les inquiète davantage.
« Qu’on ne s’inquiète pas, on va arranger tous les cas litigieux d’un moment à l’autre », a essayé de lancer un membre du secrétariat technique.
Cependant, sans convaincre. « Déjà, ils nous ont retenu 7 jours de plus que prévu. « Si demain ils ne nous paient pas, on verra ce qu’on verra », avertissaient les membres de l’association des rastamen du Sud-Kivu, qui mènent des activités d’utilité publique.
En attendant, 7 ordinateurs portables ont disparu de la salle technique prétendument emportés la nuit de mardi par les opérateurs techniques dont plusieurs réclament encore leurs émoluments.
Pressions tous azimucs
La signature mercredi dernier de l’acte d’engagement mettant ainsi fin aux hostilités à l’Es de la République a suscité beaucoup d’interrogations après le refus des partisans de Nkunda de ratifier ledit texte la veille, c’est-à-dire, mardi dernier.
En outre, le fait que le CNDP, le mouvement politico-militaire de NKunda, ait été le premier à procéder à la signature de cet acte, tranche avec la morosité affichée par la délégation dudit mouvement.
La scène a été identique à celle du Dialogue inter congolais à Sun City.
La Communauté internationale a une fois de plus joué son vrai rôle qui était loin d’être celui de simple observateur. La facilitation internationale est venue à la rescousse du bureau quand Nkunda a failli se rebiffer alors que le sort lui réservé n’était pas clairement explicité dans l’Acte d’engagement.
Les trois facilitateurs internationaux à savoir, MM. Roeland van de Geer, envoyé spécial de l’Union européenne, Alan Doss, représentant spécial des Nations Unies et l’Américain Tim Shortley, ont joué le premier rôle pour faire fléchir le leader du CNDP pour lever le dernier blocage, ces trois hommes passèrent mercredi matin encore à quelques heures de la convocation de la cérémonie de clôture, plus de 45 minutes en communication directe avec Laurent Nkunda qui n’est pas apparu à la conférence.
D’ultimes concessions ont été obtenues de part et d’autres : ni le gouvernement ni le CNDP n’ont insisté pour figurer nommément sur l’intitulé de l’Acte d’engagement.
Par ailleurs, un comité technique mixe composé du gouvernement de la facilitation internationale sera chargé de la mise en oeuvre de l’accord.
(Milor)
Le Palmarès
Last edited: 25/01/2008 15:32:09