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Un acte d’engagement, qui met fin aux conflits armés qui secouent les Kivu depuis plusieurs mois a été signé mercredi 23 janvier 2008 au terme de la Conférence ad hoc qui a siégé durant deux semaines à Goma, avec, à la clé, un compromis trouvé en vue de réussir la mise en place du Comité de suivi chargé de mettre en œuvre cet acte. C’est dans une salle pleine à craquer de l’Université des Grands Lacs à Goma qu’a débuté la cérémonie de la signature de l’acte, d’engagement de la fin des hostilités à l’Est de la République. Le CNDP, mouvement du chef rebelle Laurent Nkunda, acteur clef dans la crise au Kivu, a été le premier à signer cet accord de paix en présence du chef de l’Etat qui est arrivé à Goma depuis le 14 janvier dernier.  Une nombreuse délégation de la communauté internationale, ainsi que de tous les diplomates accrédités à Kinshasa, étaient parmi les principaux témoins de cet événement.

Cet acte d’engagement, assorti de mesures de suivi de la démobilisation et réinsertion des combattants, a été signé après d’intenses négociations sous la houlette de Vital Kamerhe avec un CNDP en position de force. Le camp Nkunda avait un temps bloqué la conférence, en exigeant notamment que cet acte soit passé « entre » groupes armés et gouvernement, et non uniquement « en présence du Gouvernement ». Il souhaitait aussi être associé à la direction du comité technique de suivi et réclamait une amnistie « pour crimes de guerre » afin de protéger Nkunda, visé par un mandat d’arrêt pour crime de guerre en RDC.

Compromis trouvé

Un compromis a été trouvé pour la mise en place du comité de suivi, qui sera co-présidé par les    autorités congolaises et des facilitateurs internationaux. Le texte    prévoit l’instauration d’une commission technique pour superviser le désarmement des rebelles de Nkunda et des Maï-Maï et leur intégration dans l’armée nationale ou leur démobilisation.

Le projet d’amnistie couvrira les « faits de guerre et Insurrectionnel », mais pas les crimes de guerre, contre l’humanité ni de génocide. A ce propos,    le gouvernement a promis aux Maï-Maï et aux rebelles de Nkunda une loi d’amnistie portant sur l’insurrection et les faits de guerre. Pour l’analyste militaire à l’Institut sud-africain des études de sécurité, Henri Boshoff « Nous savons tous que Nkunda ne bénéficiera pas de l’amnistie (. . .) Il faudra qu’ils trouvent un moyen de régler (ce problème) »

Par ailleurs, les conférenciers ont adopté à l’unanimité une résolution exigeant un « cessez -le- feu » le « démantèlement de tous les groupes armés (...) nationaux et étrangers » au Kivu et le « déploiement d’observateurs et de forces » onusiennes pour veiller au respect du cessez-le-feu et « sécuriser le retour des déplacés internes et des réfugiés ».

Après la signature de cet accord, les troupes des Nations Unies vont s’interposer entre les belligérants en occupant notamment 13 positions laissées vacant    par les rebelles. Des émissaires seront dépêchés aux Etats-Unis et en Europe pour finaliser les derniers    détails. Déjà, l’Union Européenne a promis un financement de 150 millions des dollars pour la reconstruction de la région éprouvée par des années de conflits.

L’accord impose un cessez-le-feu immédiat et la création dans un délai de cinq jours d’une zone tampon où patrouilleront des casques bleus.  Le représentant du département d’Etat américain, Tim Shortley, précise que l’accord implique le désengagement de l’ensemble des 25 groupes armés au Nord et au Sud-Kivu.  Il sied de ce point de vue de rappeler que peu avant la signature de la clôture de cette conférence, Nkunda avait donné son feu vert après avoir rencontré mercredi dernier ses négociateurs pour procéder à des mises au point de dernière minute.

De l’applicabilité de cet acte sur le terrain

L’espoir est permis, même si Joseph Kabila n’a pas cédé aux exigences de certaines milices qui recommandaient sa signature pour confirmer l’engagement officiel des autorités nationales.

Pourvu que chacun respecte les engagements pris devant le peuple congolais et l’opinion internationale. La mise en oeuvre de l’accord dépendra  aussi des efforts pour régler la question de la présence dans l’est du Congo de rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), ennemis traditionnels de Nkunda. Ces rebelles hutus rwandais n’ont pas été invités à la conférence de paix de Goma.

(Milor)

Le Phare

Last edited: 24/01/2008 16:33:43

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