On ne peut que saluer ce nouvel effort louable du gouvernement et de nos partenaires étrangers engagés dans la restructuration et l’équipement de notre police. On est de plus en plus convaincu du souci confirmé qu’a le gouvernement de la République d’assurer, du mieux qu’il le peut, la sécurité des personnes et de leurs biens.

Mégapole gigantesque qui connaît un accroissement démographique effrénée, Kinshasa accuse une population qui avoisine les 10 000 000 d’habitants, pour tout dire : la capitale congolaise est devenue une grande mégapole où clos une criminalité rampante et crapuleuse, entretenue ou non, mais opérant froidement à la faveur de l’obscurité, mais aussi par le mauvais état des routes qui relient les unes aux autres ses 24 communes, et même, quelquefois, entre eux, les différents quartiers d’une commune.

Si bien que l’on peut affirmer que l’absence, sinon l’insuffisance de l’éclairage public et l’interconnexion routière des communes sont les deux principaux handicaps qui empêchent le Haut commandement de la Police nationale de donner le change aux malfrats qui apportent nuitamment la mort dans les maisons des paisibles citoyens. Il n’y a aucun doute sur la volonté de la hiérarchie à traquer vaillamment les démons de la criminalité jusque dans leurs derniers retranchements.

On peut dire, sans peur de se tromper que, jusqu’ici, les spécialistes de la criminalité savent que la police n’a à faire encore aujourd’hui qu’à des malfrats de bas étage, qui ne sont enhardis dans la commission de leurs nombreux forfaits, que parce qu’ils opèrent à la faveur de l’obscurité, et qui s’évanouissent dans la nature aussi vite qu’ils le peuvent parce que l’intervention, souvent tardive, mais explicable de la force publique, se bute à l’état des routes, toutes  quasi impraticables, entre autres. Il importe donc couper l’herbe sous leurs pieds, et démonter de ce fait les ressorts qui facilitent leurs ébats nocturnes.

Combler rapidement le déficit de l’éclairage public et doter la police de moyens d’intervention par la voie des airs !

Les deux facteurs sus évoqués qui relativisent l’action de la police dans la lutte contre la criminalité nocturne à Kinshasa ne sont cependant pas insurmontables.

En effet, on est en droit de penser que, à très court terme, le gouvernement, qui met déjà en pratique la volonté du Président de la République à repousser les frontières de l’obscurité au-delà de Kinshasa dans le cadre des cinq chantiers, est en passe de contourner le premier facteur et de prendre à rebours les anges du crime. En effet, l’entreprise Malt et Forrest qui a gagné ce marché du rétablissement de l’éclairage public dans la capitale remplit avec beaucoup de célérité et d’expertise son contrat.

Ainsi par exemple, sur le tronçon de la Nationale n° 1 compris entre le Rond-Point Ngaba et la Cité Verte, les travailleurs de cette entreprise ont remis cette semaine l’éclairage public sur le tronçon qui va du triangle de la Cité Verte jusqu’à l’entrée de la commune de Mont-Ngafula. Et quand on sait que cette route, rendue à l’insécurité depuis les malheureux pillages de 1991 qui l’ont dépouillées de son câble d’alimentation vient de retrouver par là sa parure nocturne, au grand soulagement de la population, on peut se mettre à espérer
que la grande criminalité va connaître un ralentissement manifeste.

Mais, il est à craindre que, acculés désormais à ne plus bénéficier de la complicité de l’obscurité comme naguère, que ces bandits choisissent de recentrer leurs actions en direction des endroits bien moins exposés. C’est pour cela que nous sommes fondés à croire que l’électrification des grandes artères risque de pousser les bandits à confiner d’ici peu leurs actions criminelles à l’intérieur des quartiers non pourvus de l’éclairage public.

Aussi, pensons-nous que si dans l’immédiat le gouvernement ne peut entrevoir l’électrification des artères de ces quartiers éloignés, il peut à tout le moins songer à doter certains quartiers de poteaux électriques à quatre ou cinq branches, du genre de ceux que l’on avait mis en son temps à certains carrefours, dont les ronds-points Ezo et Lemba Terminus. Ce genre de poteaux dotés de lampes halogènes puissantes ont l’avantage de porter au loin la lueur de leurs ampoules ; illuminant avec satisfaction les endroits jusque-là enveloppés par les ténèbres. On pourrait par exemple envisager cette solution pour éclairer provisoirement les quartiers Mombele, de Makala, de Kimwenza, de Kisenso, de Lemba Imbu, de Bumbu, de Selembao, Mont-Ngafula, Jamaïque, Ngaliema  et que savons-nous encore !

Nous restons d’avis que cette solution momentanée a l’avantage de résoudre, en partie, le problème de l’éradication de l’obscurité dans la capitale. En attendant que le gouvernement dispose de moyens autrement plus significatifs pour éclairer convenablement les grandes et autres petites artères de la capitale. Mais, malgré ce palliatif, l’impraticabilité des rues et avenues de la capitale restera un casse-tête pour la Police dans ses missions régaliennes de maintien de l’ordre public et la prévention de la criminalité.

Aussi longtemps que cette situation ne connaîtra d’évolution significative, il va falloir que le gouvernement songe à doter cette police d’un ou de deux hélicoptères. Les séries policières qui passent sur le petit écran démontrent à suffisance l’efficacité de ces engins volants dans les missions d’interventions nocturnes dans les grandes villes d’Amérique ou d’Europe. Ils comblent avec bonheur la lacune que présente l’impraticabilité des voies d’accès aux endroits où se commettent des crimes, de même qu’ils réduisent le temps d’intervention des éléments de la police.

Qu’en pense la haute hiérarchie de la PNC ?

Cl. Vidibio/MMC