Au-delà du thème de l’amour, Fwala sort de sa tour d’ivoire et observe en profondeur le monde qui l’environne, à savoir son pays - La République démocratique du Congo-, l’Afrique et le monde en général.
Henri Fwala Yenga Muby Wenu est né le 9 juillet 1968, lit-on au dos de la couverture de son recueil de poèmes. Il a commencé son humanité littéraire au petit séminaire Saint Charles Lwanga/Katende de Kenge, dans la province de Bandundu, qu’il terminera au lycée Ntinu-Ngemba toujours dans le Bandundu. Bachelier en philosophie de l’université pontificale de Rome, il prépare actuellement une thèse de doctorat en philosophie politique à l’université Paris X, à Bezons.
Qu’en est-il de l’écrivain ?
C’est d’abord, en 2000, qu’il se fait découvrir du public comme poète avec Prémices des réminiscences, recueil de poèmes publié aux éditions franciscaines Afrique à Kinshasa. Ensuite, en 2006, on le découvre cette fois-ci comme un prosateur avec un récit qui s’intitule « Les illusions perdues ».
Que nous donnent à lire ces deux œuvres de Fwala ?
Prémices des réminiscences, avec ses 54 pièces, sont un joyau littéraire. La poésie, on le sait, est avant tout une fête des mots, mieux encore une célébration des mots pour reprendre deux heureuses expressions du professeur Mukala Kadima-Nzuji. Autrement dit, la poésie est d’abord chant et, à ce titre, die est aussi rythme. C’est traduire par là le fait que le comment Dire l’emporte sur le Dire, la forme prime sur le fond ou le message. Pour l’intelligence de cette somme poétique l’unique à ce jour de Fwala, commençons par ce qu’on appelle généralement la thématique, mieux encore l’ensemble des thèmes ou des problèmes abordés. Comme pour la plupart de nos poètes débutants, pour qui la poésie est avant tout le lieu du dévoilement, de leurs passions intimes et individuelles, mieux encore une tour d’ivoire où l’on se mire, l’incipit du recueil de Fwala s’ouvre sur le thème d’amour, comme l’illustre ce passage: « Tu entraînes mes pensées en lutte ».
Dans les méandres des eaux en chute où les pieds fragiles caressent les pierres
Comme une religieuse en prière
L’eau dans sa robe de brouillard
Que se pavane dans mes idées o princesse (…)
L’un de tes baisers
N’hésites pas à me l’envoyer
Je l’attendrai avant d’aller
Ce soir je suis triste comme un kyste
Au-delà du thème de l’amour, Fwala sort de sa tour d’ivoire et observe en profondeur le monde qui l’environne, à savoir son pays - La République démocratique du Congo-, l’Afrique et le monde en général. Sensible à la situation de guerre qui sévit dans son pays, il s’exclame: « Pourquoi ces pleurs à l’Est du Congo ». Il s’insurge aussi contre la misère généralisée de son peuple. Aussi déclare-t-il: « Mon peuple est plongé
Dans la coupe d’épines
Son meurtri s’enivre
De souffrance et de rage ».
Mais, au-delà de son peuple, Fwala s’insurge en plus contre doutes les misères de par le monde. Il est ainsi ouvert sur l’universel : « Je tam-tame les pleurs sur Pristina
Je tam-tame la souffrance au Kosovo
Je tam-tame cette injustice sur Bagdad
Je tam-tame contre la mort de Belgrade
.Je tam-tam pour l’humanité ».
Fwala, enfin, s’en prend et interpelle l’homme politique qui est, souvent, sanguinaire de façon gratuite et est le bourreau de ses frères pour des intérêts égoïstes
« Toi mon frère
Défends ton pouvoir laisse ma vie
Vole ton or laisse ma vie j’ai horreur
De bâtir sur le silence des morts
Un ordre stable
De mes aspirations ».
Si telle est la profondeur du message de Fwala, qu’en est-il de celle de la forme ? En effet, à la lumière ci-dessus de quelques extraits pris à titre illustratifs, le lecteur s’apercevra que la beauté des poèmes de Fwala réside surtout dans les images, le choix judicieux des mots et dans la symbolisation des mots et des images trois éléments: mots, images et symboles qui sont la source d’harmonie en poésie. (A suivre)
(Ern.)Professeur Alphonse Mbuyamba Konkolongo/ Le Potentiel
Last edited: 24/01/2008 14:07:13