Suite et fin de l’interview accordée au journal Le Potentiel par l’ambassadeur de Chine en République démocratique du Congo. Le diplomate chinois coupe court aux rumeurs se rapportant à l’arrivée massive de la main-d’œuvre chinoise en République démocratique du Congo dans le cadre du démarrage prochain des chantiers chinois.
A. Wu Zexian : Je n’ai pas de chiffre exact. Mais je sais qu’il y a plusieurs grosses entreprises chinoises. Il y a par exemple l’entreprise des télécommunications ZTE. C’est justement le patron de ZTE qui a eu l’idée d’investir dans les palmeraies. Il y a aussi la société Wang WI qui est là depuis longtemps.
Et puis, plusieurs sociétés sont dans les travaux publics, la construction des routes : la Sinohydro par exemple. Une autre oeuvre dans le secteur des ponts et chaussée. Nous citerons d’autres entreprises importantes dans le secteur minier. Pas mal de petites entreprises travaillent également dans le secteur des mines. Mais comme elles ne sont pas venues se faire enregistrer à l’ambassade, je n’ai pas l’idée de leur nombre.
En tout cas, j’espère qu’il y a de plus en plus d’investisseurs qui viennent et qui ne travaillent pas uniquement dans le secteur minier, mais aussi dans d’autres secteurs, y compris celui de l’immobilier. C’est un pays qui a grandement besoin d’immeubles, aussi bien pour les logements, les bureaux que pour d’autres installations comme les super-marchés, etc.
Le Potentiel : Peut-on connaître le nombre des Chinois vivant au Congo ?
A. Wu Zexian : C’est un véritable casse-tête, parce que ceux qui viennent ne se manifestent forcément pas à l’ambassade. Ils reviennent, repartent sans qu’on le sache. C’est très difficile de faire un recensement. Il n’y a pas d’obligation pour les ressortissants chinois de se manifester à l’ambassade. Certaines grosses entreprises ont eu l’idée de s’informer auprès de l’ambassade pour examiner la situation d’investissements. Mais les petits entrepreneurs, très souvent, viennent et repartent, reviennent sans que l’ambassade sache. C’est très difficile d’avoir une idée exacte.
Le Potentiel : Combien de Chinois viendront pour les travaux « d’infrastructures en RDC, car l’on avance déjà le chiffre de 20 à 40 mille?
A. Wu Zexian : Il faut d’abord enlever cette image qui est très vieille, cette image qui rappelle l’ancien temps où la main-d’oeuvre chinoise bon marché était utilisée massivement dans la réalisation des travaux de base dans d’autres régions du monde. C’est une image qui est déjà dépassée. Et maintenant, ce qu’on constate en Afrique ou dans d’autres régions du monde, lorsqu’il y a des chantiers à réaliser, il y aura pas mal de chinois qui vont venir, par contre, la main d’œuvre congolaise sera très nombreuse.
La raison est très simple. La main-d’œuvre locale est bon marché. C’est bien plus intéressant d’utiliser la main-d’oeuvre locale que de faire venir des ouvriers chinois qui ne sont plus bon marché et coûte très cher. Donc, il est nettement plus intéressant d’utiliser la main-d’oeuvre locale que de faire venir beaucoup de main-d’oeuvre chinoise. Hormis des ingénieurs, les techniciens et certains ouvriers qualifiés pour que les travaux aillent vite. On n’a pas encore envisagé de calculer le chiffre exact des Chinois qui vont arriver. C’est un détail. Ce n’est pas important, puisque l’important c’est de réaliser des travaux, les études de faisabilité.
Le Potentiel : On dit que la Chine pourra développer des attitudes impérialistes comme le monde occidental. Etes-vous de cet avis ?
A. Wu Zexian : Evidemment, on ne peut pas être d’accord avec cette vision que la Chine deviendrait un pays impérialiste. La Chine n’a jamais été un pays impérialiste. Au contraire, la Chine s’est toujours montrée très amicale vis-à-vis des autres pays en voie de développement. Parce que, nous-même nous sommes sur la phase de développement.
La Chine est le plus grand pays en voie de développement. Nous connaissons les difficultés des autres pays en voie de développement. Nous avons une sympathie, en fait, une compréhension des autres pays en développement et nous pensons que, seuls on ne peut pas se développer à fond. Il faut que tous les pays en voie de développement se développent ensemble. C’est cela qui permettrait au monde de se développer réellement.
L’exemple peut être très simple. Si la RDC arrive à se développer rapidement dans les secteurs économique, industriel, agricole... jaillirait un grand marché pour les produits chinois. Et les échanges entre la Chine et la RDC pourraient se multiplier par dix, vingt, cent. Donc, c’est quelque chose de bénéfique. Le développement des autres pays en voie de développement serait quelque chose de fondamentalement bénéfique pour la Chine aussi. Nous disons toujours, il faut que les pays en voie de développement s’entraident, sur une base bénéfique, d’avantages réciproques.
Il n’y a jamais eu d’idées impérialistes dans la diplomatie chinoise. Le fait est là. Nous avons apporté beaucoup d’aides aux pays en voie de développement, y compris la RDC sans La moindre arrière-pensée. Nous n’avons jamais essayé de dominer ou contrôler ou influencer tel ou tel pays. Au contraire, lorsque nous apportons quelque chose, c’est très sincère. Nous pensons que le mieux serait que nous travaillions ensemble sur la base des intérêts réciproques. C’est toujours notre message.
RC-Chine : signature le 26 janvier prochain d’un accord de prêt
A cette même occasion, les deux parties signeront également une convention de collaboration entre le ministère des Travaux publics et Infrastructures (TPI) de la RDC et trois entreprises chinoises. Annonce faite samedi à radiookapi.net par l’ancien directeur de cabinet adjoint du ministre des TPI, nommé ADG de l’Office des Voiries et Drainage. Toujours selon la source, cette signature intervient après une étude de prospection de la délégation chinoise des routes, chemins de fer et autres infrastructures à reconstruire. Pour Roger Busima, cette convention de collaboration entre les deux pays permettra la formation des ouvriers et techniciens congolais.
En plus, sur le plan économique, ces différents chantiers réduiront le chômage, ajoute-t-il. Il faut dire la signature de ce nouvel accord intervient au lendemain du passage en République démocratique du Congo du ministre chinois des Affaires étrangères. C’est donc le début de la concrétisation des accords signés en septembre 2007, portant sur les grands travaux des infrastructures à construire en RDC par la Chine contre les minerais congolais. Accords d’une valeur d’environ 8 milliards de dollars américains.
(Th)
Le Potentiel/Radiookapi.Net
Last edited: 21/01/2008 15:57:33