Les promesses de Gascons que ne cessent de faire les employeurs indo-pakistanais à leurs travailleurs sont à la base de la grève que ces derniers observent depuis le 14janvier. Ils ont décidé de ne reprendre le travail que s’ils obtiennent une augmentation de salaire.

Payés en monnaie de singe, les employés qui oeuvrent dans les magasins des Indo-Pakistanais situés au centre-ville observent depuis le lundi 14 janvier un mot d’ordre de grève. Une grève décrétée par leur syndicat, à la suite de nombreuses promesses non tenues par les employeurs qui ne veulent pas de l’augmentation de leurs salaires.
En effet, depuis l’année dernière, ces travailleurs avaient organisé plusieurs mouvements de protestation marqués par des grèves et des sit-in devant le bâtiment abritant le cabinet du ministère du Travail en passant par la marche pacifique pour dénoncer les conditions inhumaines dans lesquelles ils évoluent (sous paiement, pas d’avantages sociaux, manque d’installations sanitaires, etc.).
A ce jour, les employeurs n’accordent aucune attention aux revendications des travailleurs. Certains se sont permis, sous la protection de la police, d’ouvrir leurs magasins et d’utiliser des journaliers pour la vente.
Un travailleur de la société SARTJ note : « Nous étions au ministère du Travail le samedi 12 janvier dernier pour des négociations avec les employeurs. Etonnant est le fait que certains employeurs s’étaient absentés à cette rencontre qui avait accouché d’une souris. Le ministère du Travail nous a demandé de revenir lundi prochain. Quant à nous, nous avons une seule revendication pour le moment : l’augmentation de salaire. Sans cela, il n’y aura pas de reprise de travail », a-t-il martelé.
Mme Caro, caissière dans une société appartenant à un Asiatique, fait remarquer que les employeurs sont animés d’une mauvaise foi.
C’est depuis une année qu’on va de report en report au moment où nous générons d’importantes recettes de l’ordre de 8.000 dollars Usd par jour. « Avec un salaire mensuel de 22.000 Fc (environ 40 dollars Usd) pour les uns et de 26.000 Fc (environ 48 dollars Usd) pour les autres, sans avantages sociaux, il est difficile de faire face aux réalités de la vie ».
Devant certains magasins ouverts, des policiers montent la garde. Interrogés, les grévistes déplorent le comportement des agents de l’ordre. « La grève est légale. Nos revendications sont fondées. La police qui monte la garde répond à la demande de ces employeurs inciviques qui refusent de négocier avec nous. Sous la garde de la police ils ouvrent les magasins et utilisent des journaliers pour vendre. Ca, c’est un sabotage pur et simple », déplorent-ils.
Cette situation affecte les autres revendeurs qui voient leur stock se vider faute de ravitaillement. Ils souhaitent qu’un compromis soit vite trouvé. Mais jusqu’à quand va durer le bras de fer entre les travailleurs et ces employeurs incriminés qui foulent aux pieds le droit de leurs employés ?
(Yes)David Tshiala/Le Potentiel
Last edited: 19/01/2008 16:43:50