Plus que jamais, le syndicat national des médecins (Synamed) oeuvrant dans les institutions hospitalières de l’Etat n’entendent pas se départir de leur décision de radicaliser leur mouvement de grève. A preuve : dans la capitale, aucun hôpital public n’a ouvert ses portes lundi 14 janvier !

La radicalisation de la grève des médecins annoncés pour ce lundi sur l’ensemble de la République a récolté un grand succès à Kinshasa, la capitale, tandis que les provinces en sont au service minimum, a déclaré au Phare le secrétaire général national adjoint du syndicat national des médecins (Synamed), Dr. Senga Lwamba.
Il a précisé que les hôpitaux publics des provinces entreront dans le mouvement ce vendredi.
C’est ce qui ressort d’une réunion d’évaluation à mi-parcours tenue hier lundi au siège de l’Ordre national des médecins, dans la commune de Kasavubu. « Nous avons demandé aux provinces d’assurer un service minimum et de nous rejoindre dans la radicalisation ce vendredi », a souligné Senga qui a dit qu’à Kinshasa, un service minimum a été assuré jusque dimanche à minuit.
Comme thermomètre du succès de la grève, il a cité la clinique Ngaliema. Ici, les chambres étaient fermées et aucun malade dans les salles d’attente ni dans les couloirs. Les patients y ont été évacués, à l’exception des malades se trouvant dans un état critique.
Le Secrétaire général du Synamed interpellé à l’ANR
C’est dans la foulé des informations parvenues au Phare qu’il a été donné d’apprendre que le secrétaire général national du Synamed, Dr. Mankoy Badjoky a été interpellé dans la matinée à l’Agence nationale des renseignements (Anr) avant d’être relâché dans l’après-midi.
Joint au téléphone, le médecin n’a pas fait de déclaration, mais d’aucuns lient son interpellation à l’actuelle situation des revendications des blouses blanches.
On rappelle que les grévistes réclament l’application d’un statut spécifique déjà promulgué par le Chef de l’Etat en octobre 2006, l’octroi d’un salaire décent; l’alignement de la prime de risque leur allouée à la l’auteur de celle accordée aux professeurs d’université, base de référence telle que décidé par le gouvernement l’apurement des arriérés des salaires et de prime de risque et, enfin, la mécanisation de nouvelles unités. Dans un communiqué de presse daté de mercredi dernier, le Synamed faisait savoir qu’en dépit des pourparlers engagés avec la partie gouvernementale, rien de concret n’avait pu le rassurer de la volonté du gouvernement de répondre à son cahier des charges.
Aussi, les malades internés dans les établissements hospitaliers publics ont été, dès le jeudi, sensibilisés à leur évacuation.
500 millions de Fc : simple gratification
Une rumeur a fait, lundi, la ronde de la ville haute, faisant état de la levée de la greve au motif que les revendications des médecins ont été rencontrées. « Faux », a rétorqué le Secrétaire général national adjoint qui a souligné que la somme de 500 millions de Fc du gouvernement concerne plutôt la gratification allouée à toute la structure à la fin de chaque année.
« Ce n’est pas la réponse à notre cahier des charges », a tenu à préciser Dr. Senga, qui a souligné qu’aucune revendication portée à la connaissance du gouvernement n’a pu trouver une suite favorable.
De la même manière, il a tordu le cou à une rumeur relative à un montant de 5 milliards sorti du Trésor au profit de ses pairs. Il a aussi noté que le montant est plutôt destiné aux paramédicaux et non aux médecins. « Nos revendications restent entières », a conclu l’interlocuteur du Phare.
(Milor)D-L.K./Le Phare
Last edited: 15/01/2008 15:23:09