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Né le 27 novembre 1939 à Moba, ex-Baudouibille, dans le Nord Katanga, Laurent-Désiré Kabila aura mené plus de 30 années de vie cachée dans les maquis. La lutte politique de Lau­rent-Désiré Kabila remonte au début des années soixante. Le maquis de Kabila parvient à se maintenir pendant une trentaine d’années. Il ne dépasse pas les limites d’un territoire exigu et est relativement toléré par le régime mobutiste.

Du maquis des années 1960...

Lorsque la Belgique accorde l’indépendance au Congo belge en 1960, Kabila se rallie au Premier ministre du pays, Patrice Lumumba. Après l’arrestation puis l’assassinat de celui-ci, le 17 jan­vier 1961, Kabila prend part à la conquête de Stanleyville (l’actuelle Kisangani) et poursuit la révolu­tion lumumbiste dans le maquis d’Hewa-Bora au Sud-Kivu.

D’avril à mai 1965, son maquis accueille Che Guevara qui est déçu par son manque de charisme et son matérialisme. A la fin des années soixante, Kabila se rend à Dar Es-Salaam, en Tanzanie où il rencontre Yoweri Museveni, l’ac­tuel président ougandais, qui de­vient son ami et un soutien fidèle. En 1967, Kabila fonde le Parti ré­volutionnaire du peuple (PRP), qui établit un petit « Etat rebelle », dans les montagnes situées à l’est du lac Tanganyika. En 1975, le PRP kidnappe quatre chercheurs et réclame une rançon. Après la chute de son maquis en 1985, Kabila s’établit en Tanzanie et brasse des affaires (or, pêche).

A la tête de la rébellion de 1996

En octobre 1996, dans l’est du Zaïre, les membres de la mino­rité tutsi du Congo, connus sous le nom de Banyamulenge, se rebellent contre les projets d’extension des cultures aux dépens de leurs pâturages. Kabila réalise l’union entre ces rebelles et des opposants au régime du maréchal Mobutu, au pouvoir depuis 1965, et devient le leader de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL). Il bénéfi­cie du soutien de l’Ouganda, du Rwanda, de l’Angola, du Burundi et de la Zambie. La confiance que Kabila peut avoir dans le président ougandais Museveni et le dirigeant rwandais Paul Kagamé est alors déterminante.

Après la capture de Kisan­gani grâce aux troupes angolaises. la marche de Kabila sur Kinshasa, la capitale, et l’éviction de Mobutu en mai 1997, sont saluées par des explosions de joie. L’AFDL prend le pouvoir le 17 mai 1997. Aussitôt autoproclamé président de la Ré­publique, Kabila renomme le pays « République démocratique du Congo », il change le drapeau, puis, plus tard, frappe une nouvelle monnaie, le franc congolais.

Mais la popularité de Kabila s’évanouit rapidement. Les oppo­sants, menés par Etienne Tshisekedi, qui a longtemps lutté contre Mobutu, l’accusent de n’être qu’un « pantin » dirigé par le Rwanda et l’Ouganda. Kabila refuse de nommer Tshisekedi Pre­mier ministre et promet la tenue d’un référendum constitutionnel au plus tard en décembre 1998 et celle d’élections en avril 1999. En août 1998, Kabila de­mande à ses alliés rwandais et ougandais de repartir. Ces derniers refusent et s’allient avec des op­posants à Kabila et d’anciens al­liés de Mobutu, puis s’emparent de la province du Kivu avec l’aide des Rwandais et des Ougandais. Kabila fait alors jouer ses amitiés auprès des chefs d’Etat d’Angola, de Namibie et du Zimbabwe, trois pays qui ont des intérêts politiques et économiques dans la région.

Une mort obscure

Le 16 janvier 2001, LD Kabila est assassiné à Kinshasa, par son garde du corps Rashidi Kasereka, dans des circonstances non encore élucidées jusqu’à ce jour. Au lendemain de ses obsè­ques, son fils, Joseph Kabila est investi président de la République par le « Parlement provisoire » réuni en session extraordinaire.

Le 7 janvier 2003, au terme d’un procès de neuf mois, la dé­funte Cour d’ordre militaire (COM) avait prononcé à Kinshasa 30 condamnations à mort à l’en­contre de personnes impliquées dans l’assassinat de Kabila, dont le colonel Eddy Kapend, tout en annonçant que des enquêtes se poursuivaient. Ce procès, qui s’est déroulé en partie à huis clos, a vu comparaître 135 « assassins présumés ». Depuis ce verdict, plusieurs voix se sont élevées pour solliciter l’amnistie. De son côté, la Cour suprême de justice, en interpréta­tion de la loi, avait indiqué que « l’assassinat d’un chef de l’Etat est un crime de droit com­mun et non une infraction politique » et, par conséquent, « ses assassins ne bénéficient pas d’amnistie ».

A l’occasion de cette com­mémoration du septième anniver­saire de sa mort, plusieurs ONG de défense des droits de l’homme plaident pour la révision du procès sur l’assassinat de l’ex-président Laurent-Désiré Kabila pour que toute la lumière soit faite afin que les vrais commanditaires soient punis. Car, la mort de Laurent-Dé­sire Kabila - abattu le 16 janvier 2001 dans sa résidence officielle au Palais de Marbre à Kinshasa, « continue à susciter de multiples interrogations quant aux vrais mobiles et à l’identité des assas­sins et commanditaires ».

(Th)

Rich Ngapi/Le Potentiel

Last edited: 16/01/2008 18:10:13

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