Le parquet général près la Cour d’appel du Bas-Congo va enquêter sur les incidents malheureux qui ont endeuillé les localités de Vanga et Kimvuza la semaine dernière, opposant les adeptes du mouvement politico-religieux à des éléments de la Police nationale.

Selon le ministre de la Justice, droits humains, information et presse et porte-parole du gouvernement provincial du Bas-Congo, Dieudonné Pambu Ntima, qui a annoncé cette nouvelle dans son compte- rendu, ces incidents étaient consécutifs à une forte tension observée ces derniers temps dans le territoire de Seke-Banza, plus précisément dans le secteur d’Isangila, où les adeptes de Bundu dia Kongo s’étaient substitués à l’autorité de l’Etat, se permettant d’arrêter, de juger, de condamner voire de torturer des infortunés dans leur « Zikua » (Ndlr: permanence).
Pour étayer ses assertions, le ministre Pambu a fait état, dans son compte-rendu, de l’arrestation par des éléments de la PNC dépêchés sur les lieux pour rétablir l’autorité bafouée de l’Etat, des activistes de Bundu dia Kongo, après avoir « libéré de leurs griffes » le chef du secteur d’Isangila qu’ils avaient auparavant arrêté, ligoté et flagellé avant d’infliger un traitement dégradant au commandant du sous-commissariat de la PNC de Kinkuma, groupement d’Isangila, secteur du même nom.
Bien plus, a poursuivi le ministre, d’autres membres de BDK ont érigé des barricades partout dans l’intention d’empêcher le retour du cortège du commandant adjoint de la Police nationale du Bas-Congo, l’inspecteur Odimba, qui a été pris en otage pendant plus de quatre heures par des éléments de BDK, à la mission catholique de Vanga, dans le diocèse de Matadi.
Des négociations engagées entre les deux parties n’ayant abouti à aucun résultat positif, le véhicule transportant des éléments de la PNC a, devant une menace grandissante, démarré en trombe, fauchant trois adeptes de BDK qui ont trouvé la mort sur place et causant des blessés graves.
Faisant le bilan des échauffourées ayant opposé le week-end les éléments des forces de l’ordre et de sécurité aux adeptes de BDK, le ministre Pambu a fait état de six morts, dont quatre adeptes de Bundu dia Kongo, un agent de l’ANR (Agence nationale de renseignements) et une personne non autrement identifiée ainsi que des blessés dans les deux camps.
Le conseil des ministres qui a levé l’option de prendre en charge les frais funéraires ainsi que les soins médicaux des victimes de ces affrontements, a décidé de dépêcher incessamment une mission d’évaluation et de sensibilisation composée des ministres provinciaux de l’Intérieur et des Droits humains à Seke-Banza, Luozi, Songololo et Muanda, agglomérations réputées, selon le porte-parole du gouvernement, sanctuaires des adeptes de BDK, en vue du rétablissement de l’autorité de l’Etat dans cette partie de la province.
(Yes)Acp
Last edited: 14/01/2008 15:20:57