Après près de quatre mois d’une longue attente, l’opinion a été enfin éclairée dimanche 13 janvier sur les noms des personnalités qui sont appelées à diriger les entreprises publiques, engagées dès à présent dans une procédure de la réforme. Le Président de la République a signé à cette fin l’ordonnance portant nomination des animateurs de ces entreprises.

« Cette nomination des mandataires actifs des entreprises publiques par voie de concours s’inscrit dans la droite ligne de la volonté politique et de l’engagement irréversible du Chef de l’Etat, Joseph Kabila et du Premier Ministre Antoine Gizenga, en faveur de la promotion de la culture de la bonne gouvernance », a indiqué Jeannine Mabunda, ministre du Portefeuille, sur le plateau de la télévision nationale peu avant la lecture de l’ordonnance présidentielle. L’enjeu de taille, en ce qui concerne le secteur du portefeuille, était de réorganiser le fonctionnement et l’encadrement des entreprises de l’Etat par la mise en place d’un cadre de gestion et d’un cadre juridique de nature à favoriser l’expansion de leurs activités.
C’est au cours de la réunion hebdomadaire du Gouvernement, tenue le vendredi 11 janvier 2008, que la ministre du Portefeuille a présenté au Conseil des Ministres les résultats et les statuts du dossier relatif à la désignation des mandataires par voie sélective, sous forme de concours, et soumis à la sanction du Président de la République et du Premier ministre le projet de mise en place des mandataires dans les entreprises publiques concernées.
Il sied de souligner que le concours a été organisé au niveau du ministère en test écrit, suivi d’une interview par le Copirep qui a bénéficié, à ce propos, de l’appui de deux cabinets d’audits internationaux, à savoir Price Waterhouse Coopers et Deloitte, et d’un cabinet d’audit national, le Bctc. Le contrôle de conformité effectué sur les 6.690 dossiers enregistrés au regard des termes de référence et des critères définis a dégagé 1.492 candidats éligibles dont 130 femmes, tous ressortissants de la Rdc et provenant aussi bien de Kinshasa, de l’intérieur ou de l’extérieur du pays.
Au terme de l’ordonnance présidentielle sus-évoquée, les fonctions des mandataires pour trois postes opérationnels, dits des fonctions de décision, à savoir le Directeur Général, l’Administrateur directeur financier et l’Administrateur Directeur technique sont désormais occupés à 100% par des personnes dont les talents, l’expertise et l’expérience seront d’un apport considérable pour gagner le pan de l’instauration de la bonne gouvernance et de la transparence dans les entreprises publiques, gages indispensables du redressement du secteur du portefeuille de l’Etat.
Quant aux autres postes des mandataires passés, des présidents des Conseils d’administration et des administrateurs délégués généraux adjoints, il sied d’indiquer qu’ils ont été pourvus de façon discrétionnaire. Le Gouvernement, pour ces cas, a fait appel à des compatriotes jouissant d’une solide expérience ou d’une expertise avérée dans, les domaines spécifiques de leurs compétences.
Quelques innovations
En termes d’innovations observées, la nouvelle mise en place opérée matérialise l’option du partenariat public privé sous forme de contrat de gestion telle que préconisée par le Gouvernement en ses réunions du 11 mai et 13 juillet 2007, avec une démarche prioritaire pour les entreprises de transport. Aussi, les postes dits « à pourvoir » au terme de cette ordonnance, notamment pour le Directeur général et l’Administrateur directeur financier, seront assumés par des mandataires étrangers, particulièrement pour 3 entreprises du secteur de transport (Onatra, Sncc et Rva). L’ordonnance a permis également au Gouvernement de mettre fin aux règles de gestion provisoire au niveau des certaines entreprises.
Il faut aussi noter que l’ordonnance a procédé à des nominations pour des postes opérationnels dans cinq entreprises qui n’avaient pas été astreintes au régime de recrutement par voie de concours pour des raisons de leurs spécificités et de leurs charges sociales (Lac, Inss, Rtnc, Opec et Sosider).
Réaliser les performances attendues
Les personnalités appelées à prendre les commandes de la gestion des entreprises publiques ont un défi à relever, celui de rendre les entreprises aptes à affronter les nouveaux défis et particulièrement leur offrir la possibilité de réaliser les performances attendues d’elles par le gouvernement et par l’ensemble du peuple congolais.
Le profil des nouveaux mandataires actifs est à ce point de vue un atout important et rassurant. A côté des enfants-maisons, jeunes, hommes et femmes, traînant après eux une expertise affinée, on y retrouve des technocrates expérimentés ainsi que des compatriotes de la diaspora congolaise ayant une expérience étrangère éprouvée et qui peuvent apporter de méthodes nouvelles de management public. Il est à souligner que la sélection après concours n’a été motivée et guidée que par la logique de la recherche de l’efficacité et de la compétence. Ainsi, figurent au nombre des mandataires actifs des compatriotes provenant des courants politiques divers, cela en considération de la vision du Chef de l’Etat de faire participer tous les fils et toutes les filles du pays à la reconstruction de la Nation congolaise. Avant l’entrée en fonction des nouveaux mandataires, il sera organisé à leur intention un séminaire atelier et une feuille de route sera mise à leur disposition en vue du monitoring et de l’évaluation des indicateurs des performances assignées aux entreprises publiques.
Pour la postérité, l’histoire retiendra que l’honneur de finaliser le dossier de nomination des premiers mandataires de la 3ème République revient à une compatriote autour de qui l’unanimité est totale quant à sa technicité et son engagement. Il s’agit de la ministre du Portefeuille Jeanine Mabunda.
(Th)Jean-Marie Nkambua/L’Avenir