« Cette nomination des mandatai­res actifs des entreprises publiques par voie de concours s’inscrit dans la droite ligne de la volonté politique et de l’enga­gement irréversible du Chef de l’Etat,  Joseph Kabila et du Premier Ministre Antoine Gizenga, en faveur de la pro­motion de la culture de la bonne gouvernance », a indiqué Jeannine Mabunda, ministre du Portefeuille, sur le plateau de la télévision nationale peu avant la lecture de l’ordonnance prési­dentielle. L’enjeu de taille, en ce qui con­cerne le secteur du portefeuille, était de réorganiser le fonctionnement et l’enca­drement des entreprises de l’Etat par la mise en place d’un cadre de gestion et d’un cadre juridique de nature à favoriser l’expansion de leurs activités.

C’est au cours de la réunion heb­domadaire du Gouvernement, tenue le vendredi 11 janvier 2008, que la ministre du Portefeuille a présenté au Conseil des Ministres les résultats et les statuts du dossier relatif à la désignation des man­dataires par voie sélective, sous forme de concours, et soumis à la sanction du Président de la République et du Pre­mier ministre le projet de mise en place des mandataires dans les entreprises publiques concernées.

Il sied de souligner que le con­cours a été organisé au niveau du minis­tère en test écrit, suivi d’une interview par le Copirep qui a bénéficié, à ce pro­pos, de l’appui de deux cabinets d’audits internationaux, à savoir Price Waterhouse Coopers et Deloitte, et d’un cabinet d’audit national, le Bctc. Le con­trôle de conformité effectué sur les 6.690 dossiers enregistrés au regard des ter­mes de référence et des critères définis a dégagé 1.492 candidats éligibles dont 130 femmes, tous ressortissants de la Rdc et provenant aussi bien de Kins­hasa, de l’intérieur ou de l’extérieur du pays.

Au terme de l’ordonnance pré­sidentielle sus-évoquée, les fonctions des mandataires pour trois postes opération­nels,  dits des fonctions de décision, à savoir le Directeur Général, l’Administra­teur directeur financier et l’Administra­teur Directeur technique sont désormais occupés à 100% par des personnes dont les talents, l’expertise et l’expérience seront d’un apport considérable pour gagner le pan de l’instauration de la bonne gouvernance et de la transparence dans les entreprises publiques,  gages indispensables du redressement du sec­teur du portefeuille de l’Etat.

Quant aux autres postes des mandataires passés, des présidents des Conseils d’administration et des administrateurs délégués généraux adjoints, il sied d’indiquer qu’ils ont été pourvus de façon discrétionnaire. Le Gouverne­ment, pour ces cas, a fait appel à des compatriotes jouissant d’une solide ex­périence ou d’une expertise avérée dans, les domaines spécifiques de leurs com­pétences.

Quelques innovations

En termes d’innovations obser­vées, la nouvelle mise en place opérée matérialise l’option du partenariat public­ privé sous forme de contrat de gestion telle que préconisée par le Gouverne­ment en ses réunions du 11  mai et 13 juillet 2007, avec une démarche priori­taire pour les entreprises de transport. Aussi, les postes dits « à pour­voir » au terme de cette ordonnance, no­tamment pour le Directeur général et l’Administrateur directeur financier, se­ront assumés par des mandataires étrangers, particulièrement pour 3 entre­prises du secteur de transport (Onatra, Sncc et Rva). L’ordonnance a permis également au Gouvernement de mettre fin aux règles de gestion provisoire au niveau des certaines entreprises.

Il faut aussi noter que l’ordon­nance a procédé à des nominations pour des postes opérationnels dans cinq en­treprises qui n’avaient pas été astrein­tes au régime de recrutement par voie de concours pour des raisons de leurs spécificités et de leurs charges socia­les (Lac, Inss, Rtnc, Opec et Sosider).

Réaliser les performances attendues

Les personnalités appelées à prendre les commandes de la gestion des entreprises publiques ont un défi à relever, celui de rendre les entreprises aptes à affronter les nouveaux défis et particulièrement leur offrir la possibilité de réaliser les performances attendues d’elles par le gouvernement et par l’en­semble du peuple congolais.

Le profil des nouveaux mandatai­res actifs est à ce point de vue un atout important et rassurant. A côté des en­fants-maisons, jeunes, hommes et fem­mes, traînant après eux une expertise affinée, on y retrouve des technocrates expérimentés ainsi que des compatrio­tes de la diaspora congolaise ayant une expérience étrangère éprouvée et qui peuvent apporter de méthodes nouvelles de management public. Il est à souligner que la sélection après concours n’a été motivée et gui­dée que par la logique de la recherche de l’efficacité et de la compétence. Ainsi, figurent au nombre des mandataires actifs des compatriotes provenant des courants politiques divers, cela en considé­ration de la vision du Chef de l’Etat de faire participer tous les fils et toutes les filles du pays à la reconstruction de la Nation congolaise. Avant l’entrée en fonc­tion des nouveaux mandataires, il sera organisé à leur intention un séminaire ­atelier et une feuille de route sera mise à leur disposition en vue du monitoring et de l’évaluation des indicateurs des performances assignées aux entreprises publiques.

Pour la postérité, l’histoire retien­dra que l’honneur de finaliser le dossier de nomination des premiers mandatai­res de la 3ème République revient à une compatriote autour de qui l’unanimité est totale quant à sa technicité et son enga­gement. Il s’agit de la ministre du Porte­feuille Jeanine Mabunda.

(Th)

Jean-Marie Nkambua/L’Avenir