En une semaine, le dollar passe de 5,15 à 5,40 ! Devant ce déséquilibre du taux de change, la Banque centrale du Congo (BCC) demande de ne pas paniquer, et de prendre patience pour voir les effets que vont produire les mesures prises le 7 janvier dernier par les experts de la BCC.

Comme un signe de mauvais augure, le taux de change est en pleine ébullition. Le Franc congolais plonge et le dollar devient fou.
Ce sont là des signes évidents d’un déséquilibre monétaire qui surprend tous les analystes, après une longue période de stabilité de la monnaie nationale par rapport au dollar, la devise américaine de référence.
Une stabilité saluée avec sourire aux lèvres en décembre dernier, par le gouverneur de la Banque centrale du Congo et qu’il a voulu partager avec le personnel de l’institut d’émission lors des échanges de vœux entre la haute direction et les agents.
Une stabilité dont les prévisions les plus pessimistes n’entrevoyaient une probable perturbation que vers la fin du premier trimestre 2008 avec l’injection de grosses coupures.
Mais voilà qu’en moins d’une semaine, dans l’attente de ces coupures à valeur faciale élevée qui font déjà peur, un dollar américain passe de 5,15 FC à 5,40 FC, hier jeudi. Que nous réserve alors ce week-end et les prochaines semaines.
La question est sur toutes les lèvres. Les opérateurs économiques qui savent exécuter quelques acrobaties dans cette conjoncture, par le réajustement des prix de leurs produits et services par rapport au taux de change, ne s’inquiètent qu’à l’idée de ne plus vendre suffisamment assez pour rentrer dans les frais.
Les analystes qui voient se profiler un effet d’entraînement sur tous les biens de consommation courante et les divers services tel que le transport, pour ne se limiter qu’à ce dernier, éprouvent déjà des inquiétudes certaines.
Les consommateurs dont le pouvoir d’achat s’est dangereusement effiloché, s’arrachent les cheveux en envisageant un scénario catastrophe, après avoir épuisé toutes les formules de délestages de restauration à domicile, sans résoudre ce problème fondamental.
Que leur reste t-il encore à faire ? Pleurer n’étant pas la solution, prier entraînerait quelques offrandes au pasteur, seule la contestation est l’ultime recours.
On peut néanmoins se consoler à l’idée que l’institut d’émission qui a suivi pas à pas l’évolution du déséquilibre consécutif à l’apparition d’un excès de la demande des devises, n’a pas manqué de relever.
La dépréciation par paliers du taux de change, ni la hausse du niveau général des prix qui procède, selon ses experts, à l’excès des moyens de paiement en circulation.
Remèdes envisagés, la Banque centrale du Congo va certainement éponger, s’il ne le fait déjà, les sur liquidités sur le marché monétaire, le relèvement du coefficient de réserve obligatoire de 4 à 5% ,le réajustement de la grille des taux d’intérêt tant débiteur que créditeur.
Ainsi dans le cadre de dernières mesures prises, les taux d’intérêt sur les prêts à court terme passent de 22.5 % l’an à 24 % tandis que les taux d’intérêt sur les facilités permanentes passe de 25 % l’an à 27,5 % l’an.
Enfin, les taux d’intérêt créditeur sont révisés. Les billets de trésorerie à 7 jours 17 % l’an contre 15,5%. Les BTR à l4jours 19 % l’an contre 17,5 %. Les BTR à 28 jours 21 .% l’an contre 19,5 %.
Au niveau de l’institut d’émission, la confiance pour la maîtrise de la situation persiste, les experts restent vigilants et le gouverneur Jean-Claude Masangu très attentif.
Devant ce déséquilibre du taux de change, la BCC ne formule qu’une seule recommandation, pas de panique, mais un peu de patience pour voir les mesures prises le 7 janvier dernier, produire leurs effets dans les jours et semaines à venir.
(Milor)
J.RT./Le Phare
Last edited: 14/01/2008 18:15:17