A la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement du Kivu, la plénière de vendredi 11 janvier a été consacrée à l’audition des communautés de base qui ont dénoncé les affres de la guerre dont elles sont victimes depuis des décennies.

Elles ont recommandé par conséquent à la communauté internationale de mettre sur pied tous les mécanismes devant permettre le rapatriement sans délai des rebelles rwandais qui doivent impérativement rentrer au Rwanda. L’audition des déclarations générales à la Conférence sur la Paix, la Sécurité et le Développement du Nord et du Sud Kivu a atteint la vitesse de croisière. Au cours de la plénière de vendredi 11 janvier, les communautés de base sont montées au créneau pour dénoncer les affres de la guerre dont elles sont victimes depuis des décennies.
Elles recommandent par conséquent à la communauté internationale de mettre sur pied tous les mécanismes devant permettre le rapatriement sans délai des forces négatives qui sèment la terreur et la désolation dans cette partie du territoire national. Et plus particulièrement les rebelles rwandais qui doivent impérativement rentrer au Rwanda.
Tout est parti des déclarations des gouverneurs du Maniema et de la Province Orientale. Le premier, au nom de ses administrés, a exigé la fin immédiate des conflits pour que les réfugiés congolais regagnent leurs domiciles aujourd’hui occupés par des rebelles rwandais. Il a fustigé l’impact négatif de la guerre sur le Maniema qui connaît une baisse de la production.
Le gouverneur de la Province Orientale a convié les filles et fils du Nord et du Sud Kivu à mettre fin à l’extrémisme. Car, cela ne paie pas, a-t-il dit tout en souhaitant que cette Conférence soit la dernière.
Pas de marginalisation
Les Hunde, les Hutu, les Kanu de Walikale, les Nkumu de Walikale, les Mbuba, les Mbuti (pygmées), les Nande, les Nyanga et tant d’autres ethnies du Nord et du Sud Kivu ont également accédé à la tribune pour laver les linges sales en famille. La conférence a constitué pour eux une belle opportunité de briser les frustrations et se dire « des vérités » en face, sans tabous. Ce qui permettra de dégager des pistes de solutions afin de lever des options pratiques qui s’imposent à la fin des travaux en cours.
Selon leurs cahiers des charges, les différentes communautés dénoncent la marginalisation dont elles sont victimes les unes vis-à-vis des autres. Reste maintenant à savoir sous quel angle est vue cette marginalisation.
Elles ont ensuite fait savoir que le « phénomène des guerres exportées par le Rwanda au Congo » ne date pas d’aujourd’hui. Elles veulent qu’on saisisse l’occasion qu’offre la Conférence de Goma pour résoudre tous les conflits au profit d’une cohabitation harmonieuse. Partant, que l’option soit levée pour le retour des réfugiés congolais qui sont au Rwanda. Pourvu que ces derniers soient recensés par des services compétents et leurs villages identifiés avant de les ramener au Kivu. L’on éviterait ainsi des « infiltrations ou des transplantations subtiles ». De ce fait, elles exigent que la loi sur la police des étrangers soit respectée, et que des réformes immédiates au sein de la DGM et l’ANR soient opérées pour des raisons d’efficacité. Il va de soi qu’il faudra mettre fin à l’impunité, et que soit à jamais banni dans la mentalité des communautés tutsi du Congo cet esprit de discrimination qu’elles cultivent en elles avec cette tendance à la « victimisation » comme si elles cherchaient un « traitement particulier » alors qu’elles doivent se considérer « intégrées » dans la société congolaise.
Le porte-parole de la communauté Mbuba, pour sa part, a prouvé noir sur blanc que les Tutsi congolais sont bien servis et se retrouvent dans toutes les institutions nationales, voire dans l’armée où ils disposent des officiers supérieurs. Qu’en est-il si le problème ne se trouverait-il pas ailleurs ?…
A chacun ses vaches…
Dans la foulée, les communautés de base tiennent mordicus au retour des FDLR au Rwanda. Elles les considèrent comme source principale de l’insécurité et cette présence imposée à la RDC par la Communauté internationale devient prétexte à une guerre interminable qui continue à prendre en otage les populations du Nord et du Sud Kivu, aujourd’hui sinistrées. Il est temps de restituer toutes les terres des autochtones confisquées par les forces négatives, ont-elles martelé avant d’inviter la classe dirigeante à corriger les erreurs du passé en vue de repartir sur de nouvelles bases qui s’appuient sur des vertus cardinales universelles : respect de l’Etat, de ses institutions, tolérance, respect du droit de l’autre…
Les Hutu congolais, de leur côté, justifient la guerre par la transposition des conflits rwandais sur le territoire congolais avec leurs tares…
(Yes)
Médard Muyaya/Le Potentiel
Last edited: 12/01/2008 15:15:19