Les coupures de 20 Fc et 10 Fc sont catégoriquement refusés par les vendeuses de pain et d’arachides dans la commune de Limete. Précisément au niveau de la 13ème rue/résidentiel, le jeudi dernier, une voisine est allée acheter du pain et des cacahuètes au coin de l’avenue, à sa grande surprise, ses petites coupures furent refusées par la vendeuse.

La voisine tenta la même expérience auprès d’une autre vendeuse qui lui dira sans pince rire : « Ne sais-tu pas qu’on n’utilise plus les billets de 20 et 10 Fc ? ». Restée pantoise, la voisine rentrera chez elle, se demandant comment dans un même pays on pouvait trouver deux camps, celui de ceux qui utilisent une monnaie et un autre qui ne l’utilise pas. Par ailleurs, il y a une version des faits qui circule auprès de la population kinoise selon laquelle la banque centrale aurait émis de nouvelles unités monétaires. C’est-à-dire de nouvelles coupures de 1.000 Fc. C’est ainsi que la population se dit à quoi bon utiliser encore les petites coupures puisque de nouvelles grosses coupures vont être larguées sur le marché.
Qu’adviendrait-il si toute la population kinoise suivait l’exemple de ces vendeuses qui sont pourtant parmi celles qui ont le plus besoin de petites monnaies. Que les autorités se penchent sur ce cas qui est devenu récurent en notre pays. Beaucoup d’unités faciales émises pourtant par la banque centrale, depuis la deuxième république ont disparu sans susciter la moindre réaction des institutions émettrices. Dans la plupart des cas tout commencé par le manque de petites coupures dans le commerce.
La dernière hausse du prix du carburant a été fixée à 510 Fc/litre d’essence à la pompe, or 4 litres sont livrés à 2.500 Fc à la pompe, faute de monnaie s’entend. Et c’est pire auprès des « Kadhafi » ou vendeurs ambulants qui revendent le litre à 550 voire 600 ou 700 Fc selon les urgences. Il est évident que le silence de l’autorité bancaire est responsable de ce désordre qui encourage la hausse des prix à travers le pays.
L’on a remarqué que l’on donne souvent comme raison la mauvaise conservation des billets de banque par ceux qui exercent le petit commerce ; notamment les marchands du marché. Mais, l’on ne doit pas ignorer que si la plupart des Congolais n’ont pas de portefeuille, c’est plus par commodité, fatigués qu’ils sont par les nombreux cas de vols de portefeuille. Ajoutez -y, cette autre cause qu’est le transport difficile en ville et le fait que peu sont ceux qui circulent avec de fortes sommes d’argent par pauvreté.
(Yes)Augustine Sesebe/L’Avenir
Last edited: 12/01/2008 12:17:47