Aussitôt après son show devant les délégués à la Conférence au cours de la seconde plénière, le leader du RCD/GOMA s’est confié à un journaliste de L’Avenir auquel il a dit son intention de proposer à cette table ronde une résolution demandant l’amnistie au profit des groupes armés.

L’ancien vice-président de la République et président national du Rassemblement congolais pour la démocratie (Rcd) Azarias Ruberwa est intervenu hier à la tribune de la conférence pour la paix, la sécurité et le développement des provinces du Nord et du Sud Kivu. Pour lui, « le pouvoir public devra prendre des décisions courageuses, amorcer la réconciliation et accepter de pardonner pour épargner les populations civiles des souffrances causées par la guerre » indique la radio Rtg@ captée hier dans la soirée à Kinshasa. Le président national du Rcd qui s’est confié à notre source aussitôt après son intervention devant les délégués à cette conférence réunis lors de la 2ème plénière de ces assises, a notamment « préconisé l’amnistie au profit des groupes armés si la conférence veut réellement débaucher sur la pacification de ces provinces (...) ».
Ce schéma de Ruberwa pour la pacification des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu a aussitôt provoqué un tollé de réactions de la part des personnes qui ont une vision objective des assises de Goma et contactées par la Rtgc. Si le porte-parole du chef de l’Etat congolais, Kudura Kasongo s’est limité a indiquer qu’il appartient aux institutions saisies de décider, et qu’ « il serait prématuré d’aborder cette question à Goma », le professeur de droit constitutionnel à l’Université de Liège, M.Bob Kabamba est catégorique. Pour ce dernier, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles, et qu’ « il ne suffit pas de se réconcilier sans l’accord et l’indemnisation des victimes », ajoute-t-il.
Pour quiconque ne maîtrise pas suffisamment la situation dont les Kivutiens sont victimes aujourd’hui, force est de signaler que le Rcd en porte une lourde responsabilité. De près ou de loin, ce mouvement naguère politico-militaire aura semé les germes des conflits et autres guerres récurrentes qui sévissent dans cette partie du pays qualifiée non sans raison par Ruberwa de « berceau de différentes guerres qui ont eu lieu en RDC ». Et es personnes accusées d’alimenter cette insécurité ont toujours des liens avec le Rcd. Que ce soit Jules Mutebusi, Laurent Nkundabatware... tous sont des produits du Rcd qu’on ne s’empêche pas de soupçonner maintenir des bonnes relations avec dans leur dissidence.
Comme pour donner raison à cette thèse, ce parti politique avec son président national en tête na jamais rate une seule occasion pour prendre fait et cause pour Nkundabatware en s’inscrivant en faux face à la communauté nationale. De tous les Congolais épris de paix, il n’y a que quelques membres de ce parti qui défendent la guerre de Nkundabatware. Et l’amnistie qu’il réclame pour les groupes armés, il le fait pour Laurent Nkundabatware poursuivi par la justice de son pays suite aux actes répréhensibles que ses hommes et lui-même ne cessent de poser à l’endroit des populations. Le comble est que la plupart des crimes qu’on reproche à ceux qui roulent aujourd’hui sous le label Cndp, sont des crimes imprescriptibles. La Cour pénale internationale va s’en saisir tôt ou tard et nombre de ces gens devront suivre Thomas Lubanga et Germain Katanga à la Haye. Sinon ce sera une justice internationale a deux vitesses.
(Ern.)
PM/L’Avenir
Last edited: 12/01/2008 16:02:01