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Bonjour | 21/08/2008 22:19 | English Make DC Home page | RSS feed

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Alors qu’on attendait de la part du leader du RCD/GOMA des indications claires et lumineuses en vue d’aider à trouver des solutions palliatives aux crises qui secouent le Kivu, celui-ci s’est borné à faire des vœux pieux, et à faire le procès du Gouvernement. Une intervention pour la galerie, en somme ! La plénière de jeudi à la conférence sur la paix, la sécurité et le développement des deux Kivu avait connu deux exposés importants. Si Vital Kamerhe, un des intervenants, a été plus dans sa casquette des communautés autres que rwandophone, Azarias Ruberwa est le défenseur, mieux l’Inspirateur de la politique de défense des intérêts de la communauté tutsi.

A ce titre, on s’attendait à ce que son intervention soit la plus concrète et la moins théorique possible. On s’attendait par exemple que Azarias Ruberwa démontre comment toute la politique d’organisation du pays, notamment la décentralisation, pourra donner des résultats partout sauf à l’Est du pays.

Azarias Ruberwa a plutôt basé son exposé sur une théorie oiseuse sur la « La problématique de la sécurité au Nord et au Sud Kivu, les causes et le plaidoyer en faveur de la paix ». C’est du déjà entendu. Les Congolais ne se sont pas rendus à Goma pour une telle rhétorique. L’orateur a d’abord souligné le fait que les deux Kivu étaient « le berceau de différentes guerres qui ont eu lieu en RDC » sans relever le fait que les banyamulenge sont chaque fois aux premières loges des faiseurs de guerre dans cette partie du pays.

Il n’a pas osé dire qu’à chaque guerre, a suivi une solution, véritable hara-kiri pour le Congolais. Ainsi par exemple, hier, la cause de la guerre était la nationalité congolaise que la communauté de Ruberwa réclamait. Cette nationalité a été accordée par la Constitution massivement approuvée par référendum.

Ruberwa n’a pas également eu l’honnêteté de dire qu’après la nationalité, toute autre revendication jusqu’à déclarer une guerre devient une manœuvre dilatoire, un arbre qui cache la forêt. Personne ne nie les tensions entre communautés dans cette partie du pays.

On avait connu pire ailleurs au Kasaï où on avait enregistré mort d’hommes. Au Bandundu, la tension était également vive entre les Banunu et les Batende, mais il avait suffi d’une intervention du ministre de l’Intérieur pour que tout rentre dans l’ordre. Avant même de faire une analyse tranchant avec les jérémiades d’autrefois, Ruberwa a demandé aux délégués à ces assises de capitaliser cette rencontre pour mettre fin à l’insécurité dans ces deux provinces. Il feint d’ignorer qu’il y avait eu Dialogue inter congolais, une transition avec des institutions particulières, volonté du peuple congolais d’en finir avec la guerre. Ruberwa reconnaît que l’insécurité engendre la pauvreté et la pauvreté entraîne à son tour l’insécurité. Mais, on l’a toujours trouvé dans la suspicion qui engendre la méfiance et retarde la réconciliation.

On se souvient de Ruberwa d’après les incidents de Gatumba. Il avait accusé l’armée nationale et le gouvernement dont il faisait partie d’avoir planifié ces massacres. Son parti, le Rcd, a insisté pour que le général Félix Mbudja Mabe soit condamné pour ces massacres. Il est connu aujourd’hui que ce sont les rebelles burundais du Fnl qui avaient commis ces massacres. Le pasteur Ruberwa n’a jamais présenté ses excuses pour avoir calomnié tout un pays à travers son armée et son gouvernement. Ironiquement, Ruberwa s’est interrogé également sur les raisons qui font qu’après les élections organisées en RDC, l’insécurité ait augmenté dans ces deux provinces. Il sait pourtant pourquoi.

Ce qu’on attendait de lui, c’est qu’il dénonce ces raisons qui empêchent la paix au Kivu. Une de ces raisons, c’est justement la tendance chez les leaders tutsi de penser que s’ils sont Congolais, ils ne peuvent vivre qu’au Kivu où ils doivent avoir une armée à eux. C’est ainsi que le Rcd s’est battu pour avoir obligatoirement l’administration du Nord-Kivu et la 8ème région militaire basée à Goma. Comme solution à ce problème d’insécurité, Me Azarias Ruberwa a suggéré la prévention et la réconciliation. Comment peut-on se réconcilier dans ces conditions ?

Au lieu de demander le pardon de tous les délégués à la conférence, Ruberwa devrait prêcher par l’exemple en demandant lui-même pardon pour lui et pour le mouvement politique qu’il avait dirigé et qui a beaucoup de sang congolais sur les mains.

C’était tout différent avec Vital Kamerhe qui a collé à la réalité en proposant des solutions concrètes à travers une méthodologie précise. Vital Kamerhe a même proposé des acteurs comme le Professeur Ntumba Luaba dont l’expertise est reconnue pour aider à la pacification. Après avoir fait un aperçu historique sur les guerres qui se sont succédé récemment en RDC, Vital Kamerhe en a, pour sa part, donné les causes et proposé quelques pistes de solution.

Il faut d’abord écouter sans peur ceux qui sont impliqués dans l’insécurité dans la région, notamment les groupes armés afin qu’ils donnent les raisons qui les poussent à recourir aux armes, a-t-il suggéré. Le président de l’Assemblée nationale a par ailleurs demandé aux groupes armés de présenter un plan de désengagement de leurs troupes, de décréter un cessez-le-feu et de s’impliquer dans le programme de désarmement, démobilisation et réinsertion.

Car en effet, dès le moment où tout le monde est convaincu des vertus de la paix, on ne peut comprendre que même si on ne trouvait pas satisfaction à l’issue de la conférence, on puisse reprendre les armes. Une chose est de mettre le pouvoir sur le banc des accusés comme l’avait fait Azarias Ruberwa, une autre est de se montrer véritablement artisan de la paix. Car, c’est seulement dans la paix que l’on pourra résoudre les problèmes qui se posent, quels qu’ils soient.

Il nous revient que pendant que Kamerhe et Ruberwa parlaient, les délégués du mouvement de Nkundabatware étaient en dehors de la salle. Que cela présage-t-il ? Ces scènes qui ressemblent aux malheureuses scènes de ménage ne peuvent davantage qu’énerver l’opinion congolaise.

(Yes)

JDG/L’Avenir

Last edited: 11/01/2008 15:07:25

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