Le Département d’Etat américain a rendu publique mercredi 9 janvier une déclaration dans laquelle il félicite le gouvernement congolais pour l’ouverture réussie de la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans le Nord et le Sud-Kivu.

Nous nous attendons à ce que cette conférence serve de catalyseur pour la paix et la réconciliation, mettant ainsi fin au conflit, au déplacement involontaires des populations et aux abus massifs des droits humains, y compris les violences horribles faites aux femmes, a déclaré à Washington, DC, le porte-parole du Département d’Etat, Sean Mc Cormack.
Il a poursuivi en soulignant que les Etats-Unis louent la décision du gouvernement de la RDC d’avoir cessé les opérations militaires pendant la période de la conférence. « La cessation des opérations militaires est une étape importante vers l’instauration d’une confiance rendant la paix à la portée de toutes parties et de toutes les communautés », a-t-il conclu.
Le ballet diplomatique
Lors de la rencontre entre les présidents George Walker Bush et Joseph Kabila à Washington, DC, le 26 octobre 2007, le président américain a réaffirmé l’engagement des Etats-Unis de soutenir la dynamique de paix et de dialogue ainsi que la consolidation de la démocratie en République démocratique du Congo.
Et c’est d’ailleurs à la Maison Blanche que Joseph Kabila et George W. Bush ont, pour la première fois, évoqué la nécessité d’organiser une conférence sur la paix, la sécurité et la stabilité dans le Kivu. Les Etats-Unis ont toujours suivi de près l’évolution de la situation politique en République démocratique du Congo.
Sur le plan régional, Washington est le parrain duTripartite Plus qui regroupe le Burundi la RDC, le Rwanda et l’Ouganda, et dont l’objectif est de multiplier le dialogue et l’échange d’informations pour que la paix et la sécurité soient garanties dans la région des Grands Lacs. « La paix et la stabilité en République démocratique du Congo sont un gage de sécurité et de développement dans la région des Grands Lacs », a estimé un haut responsable du Département d’Etat.
Une bagatelle de 140 millions de dollars
Il convient de souligner que la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu qui rassemble aujourd’hui près de 1200 personnes a bénéficié du soutien financier des partenaires traditionnels de la RDC. En effet, 140 millions de dollars américains ont déjà été mobilisés par les bailleurs de fonds traditionnels du Congo, notamment les Etats-Unis d’Amérique et l’Union européenne.
De leur côté, le Premier ministre Antoine Gizenga et plusieurs de ses ministres ont versé, le lundi 7janvier 2008, une partie de leur salaire en faveur de l’opération Paix « en RDC », en solidarité avec les populations de deux Kivu.
Antoine Gizenga a contribué à cette collecte à hauteur de la moitié de son salaire. Les ministres d’Etat, ministres et leurs vice-ministres ont annoncé qu’ils vont céder le tiers de leur salaire. Soit 1000. dollars pour les ministres et 800 pour les vice-ministres », a déclaré un membre du gouvernement.
Le ministre des Finances, Athanase Matenda Kyelu a, quant à lui, indiqué qu’au même moment, le président de la République Joseph Kabila a posé le même geste depuis Lubumbashi, en consacrant la moitié de son salaire à cette opération.
Des sources gouvernementales affirment qu’une commission nationale de collecte des fonds (CNCF) a été mise sur pied pour la perception des contributions des Congolais.
Elle est composée d’experts de la primature, des ministères de l’Intérieur, du Budget et des finances.
Il importe de souligner que la conférence de Goma n’est placée sous l’égide d’aucune instance internationale.
Selon plusieurs observateurs, sa réussite, serait donc tout à l’honneur des Congolais qui auront ainsi démontré à la face du monde qu’ils sont en mesure de prendre leur destin en mains.
Aussi, la paix tant recherchée dans l’Est du pays est entre les mains des centaines de délégués présents à Goma.
Mais, bien plus, cette paix indispensable demeure largement tributaire des pays voisins de la RDC, notamment le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi qui également doivent collaborer à la nouvelle dynamique de paix, de dialogue et de développement dans la région des Grands Lacs en général et en République démocratique du Congo en particulier.
(Milor)
Luc-Roger Mbata Bemba/L’observation
Last edited: 10/01/2008 14:28:01