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Bonjour | 08/09/2008 8:40 | English Make DC Home page | RSS feed

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Des créances faramineuses de l’ordre de 11.500.000 Usd ont été découvertes dans les placards de la Régie des Voies Aériennes au 31 décembre 2007. Les débiteurs insolvables se recrutent, dans leur majorité, dans la sphère des compagnies aériennes privées opérant en RDC. La Régie des Voies Aé­riennes (RVA) se trou­ve sous haute tension à l’orée de la nouvelle. Le personnel les syndicalis­tes en tête ne décolèrent plus depuis qu’une mission de contrôle interne a ré­vélé l’immobilisation, dans le pipeline des créances, d’un important fond évalué, au 31 décembre 2007, à 11.500.000 Usd (onze mil­lions cinq cents mille dollars américains). Les débiteurs insolvables se recrutent, dans leur majorité, dans la sphère des compagnies aé­riennes privées opérant en République Démocratique du Congo.

Au vu de l’accumulation des taxes d’atter­rissage, de décollage, de parking et autres impayées voici des années, cadres et agents de la RVA redoutent la mort programmée de leur société. Les tentatives de recouvrement de ces det­tes, laisse-t-on entendre, ont toujours buté contre les obstructions des parrains politiques, militaires et éco­nomiques des débiteurs. Aussi, soupçonne-t-on nom­bre de décideurs congolais de privilégier, à travers leurs malheureux parapluies pro­tecteurs, des intérêts égoïs­tes qu’ils ont dans plusieurs compagnies aériennes pri­vées, au détriment de ceux de la République.

Hewa Bora : un triste record

Le hit parade des débiteurs de la RVA aligne, en tête de liste, la firme Hewa Bora Airways. A en croire la dernière mission d’audit interne, elle doit, à elle seule, 6.194.650 Usd à la régie précitée, soit plus de la moitié des créances. On signale aussi la présence, à ce tableau du déshonneur, de la société Bravo Air Con­go, celle-là même qui, sous couvert de capitaux espa­gnols à la visibilité problé­matique, s’était présentée en RDC en 2006 pour un partenariat sans lendemain avec les Lignes Aériennes Congolaises (Lac).

L’on nourrit, du côté de la RVA, la crainte de voir Hewa Bora, comme par le passé, se soustraire à ses obligations financières en changeant de peau. On se souvient, à ce propos, des mutations suspectes et à répétition de cette société, créée au départ sous la dé­nomination de Shabair. Par la suite, comme dans un conte de fées, elle s’était successivement transfor­mée en Zaïre Express, puis Express City, puis Alliance Airlines, Congo Airlines (Cal) et enfin Hewa Bora. Alors qu’un lourd conten­tieux financier l’oppose à la RVA, des informations en circulation font état d’un nouveau projet concernant sa mutation.

De Hewa Bora à « airDC »

En effet, le site In­ternet de la compagnie aé­rienne belge Brussels Airli­nes affiche depuis un temps un message annonçant la création imminente, grâce à un partenariat entre sa filiale mauricienne Pan Afri­can Airlines et Hewa Bora Airways, d’une nouvelle so­ciété aérienne sous le label de  « airDC ». Les parts so­ciales sont éclatées à raison de 51% pour Hewa Bora et 49% pour Brussels Airlines. On ne sait pour quelle rai­son, les trois premières let­tres sont expressément im­primées en bas de casse.

Comme dans un tour de passe-passe, Hewa Bora Airways va disparaître dans trois ou quatre mois pour laisser la place à un nou­vel exploitant aérien en RDC, lequel aurait la latitu­de d’assurer non seulement des vols domestiques mais aussi internationaux, sur le réseau déjà acquis par son « ancêtre ». Concrètement, Brussels Airlines gagne, au delà de ses fréquences en­tre Kinshasa et Bruxelles toutes celles dévolues à Hewa Bora sous le ciel afri­cain et européen mais sur­tout grande nouveauté à travers la RDC.

A en croire le monta­ge en gestation, messieurs Philippe de Moeroose pour le compte de Hewa Bora, et Michel Meyfroidt pour celui de Brussels Airlines, assu­meront conjointement les fonctions de Co-Présidents du Conseil d’Administration de « airDC ». Johan Maer­tens, qui prestait jusque-là comme Directeur des Projets africains au sein de Brussels Airlines, en sera le Directeur Général. Quant à Stavros Papaioanou, le pa­tron actuel de Hewa Bora, il est placé au poste d’Administrateur-Gérant.

Il est précisé qu’« airDC » va exploiter une flotte composée d’avions Boeing 737 et BAE 146. La nouvelle société affiche l’ambition de s’occuper elle­-même des services au sol et de la manutention dans tous les aéroports qu’elle aura à fréquenter en RDC.

Aéroport congolais : look de parent pauvre

Avec ses 11.500.000 Usd qui dorment dans les placards de ses débiteurs, la RVA se désole de ne pou­voir exécuter correctement son programme de moder­nisation des aéroports et aé­rogares à travers le territoire national. Faute de moyens pour cette régie technique du secteur du transport aé­rien, la RDC va continuer à présenter, pour longtemps encore, des aéroports et aérogares d’une autre épo­que, qui font sa honte au regard des infrastructures aéroportuaires qui se ren­contrent sur le continent et en dehors de celui-ci. Des galeries marchandes, des hôtels dignes de ce nom et un service structuré de transport routier (taxi, auto-cars) sont absents autour des aéroports congolais.

De l’avis de nom­breux voyageurs, notre pays patauge au bas de l’échelle pour ce qui est de la qualité des pistes et des bâtiments aéroportuaires. Au lieu d’être d’attrayantes vitrines,  les aéroports congolais, même internatio­naux tels que Ndjili, Lubum­bashi, Kisangani et Goma énervent les passagers. A Goma, les pilotes sont toujours astreints à jongler avec le  « demi-terrain » à l’atterrissage comme au dé­collage, la moitié de la piste étant impraticable depuis la coulée des laves de janvier 2002. A Mbuji-Mayi, les érosions font continuellement le pied de nez aux pilotes à l’aéroport de Bipemba.

(Ern.)

Le Phare


Last edited: 10/01/2008 14:08:01

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