Le porte-parole de la conférence de Goma sur la paix au Kivu est au four et au moulin dans d’interminables réunions avec les organisateurs du forum dont les membres du bureau comme dans les points de presse quotidiens avec la presse.

Le président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe, président du comité des sages et porte-parole de la conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu qui se tien à Goma depuis dimanche dernier, déploie une intense et remarquable activité dans le cadre de ces assises du chef-lieu de la province Nord du Kivu. Kamerhe s’est investi depuis le mise en marche du programme d’organisation de cette conférence initié par le Chef de l’Etat, le président Joseph Kabila, en se lançant notamment dans la campagne de sensibilisation des forces vives des provinces intéressées et auprès desquelles il a effectué un véritable marathon contre la montre dans leur patelin pour les rallier au forum que les concernés boudaient auparavant.
Maintenant que les travaux proprement dits de la conférence ont démarré, M. Kamerhe s’est donné d’autres tâches toujours accaparantes. D’abord dans le travail d’organisation avec le président de la conférence, l’Abbé Malu Malu, et les membres de son bureau, ensuite dans les charges spécifiques lui dévolues de la présidence du comité des sages et de porte-parole officiel du forum. C’est dans ce dernier cadre que M. Kamerhe déploie son intense activité de communication avec les médias. Les journalistes accrédités à la couverture des travaux de Goma savent que ce ne sont plus eux qui sollicitent le porte-parole, mais c’est ce dernier qui les soumet à l’exercice des points de presse. Aucun de ces rendez-vous quotidien ne rate, et parfois même c’est à deux conférences de presse qu’ils sont convoqués. C’est dire comment et combien le communicateur des travaux de Goma veille à vider les mauvaises informations autour du décisif forum.
Des communications qui ne laissent pas de zones d’ombre
Le lundi 7 janvier déjà, alors que les conférenciers dont nombreux étaient encore confrontés aux formalités de leur accréditation, un malaise régnait parmi eux pour les difficultés qu’ils rencontraient à obtenir le document de ladite accréditation, en l’occurrence le macaron de leur identification. Il y avait en plus des difficultés de logement et même de restauration que beaucoup des délégués conférenciers confrontaient, notamment ceux qui provenaient en nombre de plus en plus imprévu de l’intérieur des territoires des deux provinces du Kivu. Les hôtels affichaient pleins, en effet, situation que les organisateurs se devaient de maîtriser.
Dans ce contexte rien n’est aussi délicat que d’apaiser le malaise par transmission de la bonne information sur tous ces aléas. Le porte-parole très avisé de l’importance de son intervention dans ce sens s’est pratiquement mis à mobiliser la presse pour que celle-ci évite d’alarmer la situation. Le premier point de presse tenu à cet effet par M. Kamerhe le lundi a réuni une véritable meute des journalistes autour de M. Kamerhe. Voici la communication que le porte-parole a donnée aux chasseurs de sons et d’images agglutinés comme des abeilles autour du très médiatique porte-parole.
Mesdames et Messieurs de la presse,
1. Ouverte solennellement ce dimanche 6 janvier 2008, sur le campus de l’Université Libre des Pays des Grands Lacs, (ULPGL en sigle), la Conférence sur la Paix , la Sécurité et le Développement dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu tient sa première plénière ce mardi 8 janvier 2008 à 12 heures, toujours à l’UPLGL.
2. Avant-hier et hier, nous avons noté l’arrivée à Goma de différentes délégations.
3. Aujourd’hui, la journée est consacrée aux accréditations, les trois quarts des participants sont déjà accrédités. Il s’agit des députés nationaux, provinciaux, des ministres nationaux et provinciaux, des Sénateurs, des personnalités politiques, des délégués des forces vives et beaucoup des groupes armés, trois ou quatre au total au moment où nous parlons, la quasi-totalité des délégués du Sud-Kivu sont, par exemple, déjà identifiés et accrédités au moment où nous parlons.
4. L’ordre du jour de la plénière de ce mardi 8 janvier 2008 prévoit l’adoption du règlement intérieur de la Conférence , l’ordre du jour de la conférence elle-même, c’est-à-dire des questions qui seront traités jusqu’au 14 janvier, ainsi que l’audition des intervenants en rapport avec les thèmes du forum, c’est-à-dire : la paix, la sécurité et le développement et les questions sociales et humanitaires.
5. Il y aura aussi des déclarations des communautés sur leur adhésion à la paix, leur vision et les différentes pistes de solution pour ramener la paix dans le Nord et le Sud-Kivu. Ces déclarations sont prévues dans les jours suivants, c’est-à-dire mercredi et jeudi. Au cours de la même occasion il y aura des déclarations de certaines personnalités qui seront choisies par la coordination de la conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.
6. Pour l’heure, je voudrais vous informer qu’il se tient encore la réunion de la coordination pour peaufiner le programme de demain et donner le chronogramme complet de tous les travaux de la conférence jusqu’au 14 janvier. Le calendrier de ce programme vous sera remis demain au cours de notre point de presse qui aura lieu à 10 heures à l’endroit qui vous sera communiqué par M. Amisi et M. Delion.
7. Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je peux vous dire pour le moment en rapport avec la conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans les provinces du Nord et le Sud-Kivu. Vous aurez remarqué que, contrairement à ce qui a été dit, les difficultés que vous avez relevées avec raison ce matin sont inhérentes à toute œuvre du genre et que pour le moment nous sommes en train d’atteindre notre visite de croisière et nous sommes convaincus de l’ambiance et de l’esprit de cohésion qui règnent au sein de la coordination où sont représentées toutes les couches sensibles, nous sommes convaincus, disais-je, que nous sommes en train d’évoluer dans une très bonne direction. Merci.
Les réparties des réponses éludent les questions
Les journalistes ne pouvaient évidemment se contenter des affirmations du porte-parole et ce dernier se prêtait parfaitement à leurs interrogations. Le président de l’Assemblée nationale qui a acquis une maîtrise incontestable d’un auditorium de quelque nature que ce soit était à l’aise à combler les curiosités de la presse sur tous les sujets et problèmes en rapport avec la conférence.
Première question posée : M. le président, comment avez-vous pu aborder le problème des groupes armés qui se sont subitement décidés de se retirer des travaux de la conférence et la société civile du Sud-Kivu qui a suspendu pour 48 heures sa participation ?
Réponse de M. Kamerhe : Vous savez que nous sommes venus à Goma dans la province du Nord-Kivu avec la ferme détermination d’explorer toutes les pistes, grâce à une construction d’une intelligence collective des notables, des enfants du Nord et du Sud-Kivu pour ramener la paix, c’est-à-dire mettre fin à la guerre. Alors, il ne faut pas empêcher à ceux qui pensent que les travaux sont mal organisés au début d’élever de la voix.
Je voudrais vous dire que nous avons trouvé des solutions avec les uns et les autres, puisque les problèmes posés n’étaient pas tant leur adhésion à la conférence, nous savons que c’était la question de l’organisation, parce qu’ils pensaient qu’ils étaient sous-représentés dans les organes, parce qu’ils pensaient que leur représentation était minimisée. En ce qui concerne les groupes armés, nous pensons qu’il y avait des dispositions qu’il fallait prendre et que nous avons prises, et nous évoluons dans la bonne direction comme je l’ai dit tout à l’heure.
Deuxième question : Est-ce que le Rwanda a répondu à l’invitation de la Conférence ?
Réponse : Je ne suis pas porte-parole du Rwanda, donc je crois que c’est au Rwanda de vous répondre s’il a reçu l’invitation et quelle réponse il a réservé à cette invitation. D’autres questions ?
Troisième question : Qu’en est-il de tous les pays invités, ont-ils répondu à cette invitation ?
Réponse : Nous ferons le point avec vous, mais vous allez le remarquer : c’est aussi le rôle de la presse, c’est pourquoi nous vous avons accrédité nombreux pour que vous cherchiez aussi et vous vérifiez les informations par vous-mêmes. Vous pouvez remarquer que nombreux parmi vous n’ont pas de chambre d’hôtel parce que tous les hôtels sont envahis, non seulement par les participants, mais aussi par les délégués de grandes organisations internationales et de grands pays, moi je vois le représentant spécial de l’Union Européenne qui a décidé de camper ici, il ne veut pas rentrer, la présidente de la conférence sur la paix et la sécurité dans la région des Grands Lacs, Mme Mula Mula, est ici. Vous savez très bien que nous avons le délégué de la CEEAC qui est dans nos murs et beaucoup d’autres que vous aurez à découvrir, parce qu’ils ont envoyé aussi des facilitateurs qui feront partie de la facilitation externe à côté de nos modérateurs.
Quatrième question : Il est signalé un surnombre imprévu des participants. Qu’en est-il ?
Réponse : La liste des participants sera rendue publique demain (mardi), parce que l’accréditation que nous sommes en train de faire, c’est pour permettre de savoir finalement qui doit prendre part à cette conférence. Comme vous l’avez remarqué, elle a suscité beaucoup d’engouement. Tous ceux qui ont entendu parler de la conférence à partir de leur territoire sont venus à Goma, certains par leurs propres moyens. Donc nous devons vérifier s’ils ont qualité pour engager leur communauté ou territoire.
Cinquième question : Est-ce que la présence du Chef de l’Etat pourrait être attendue dans les prochains jours ?
Réponse : Je ne sais pas pourquoi vous gardez les clichés de la deuxième République. Pour que tout marche, il faut que le président soit physiquement partout où les hommes responsables discutent. Moi je crois que nous sommes capables, dès lors que le Président de la République nous a tracé le cadre avec l’ordonnance qui convoque la conférence, dès lors qu’il a fixé le nombre des animateurs de cette conférence en qui il fait confiance, qu’il soit présent ou absent, nous pensons qu’il n’a pas fait un mauvais choix et nous allons faire du bon travail.
Moi je croyais que vous allez me demander la question de savoir si nous sommes capables de faire le travail que le Président de la République attend de nous, et l’ensemble du peuple congolais, je vous dis oui : nous sommes capables et nous sommes déterminés à le faire, parce que nous vous l’avons dit : il y a un temps pour tout, un temps pour la guerre et un temps pour la paix. Ecclésiaste, 3 : 8. Merci beaucoup !
Depuis Goma, Daniel Nzuzi/MMC
Last edited: 09/01/2008 17:34:30