JC Tchatcho qui n’est pas un musicien professionnel invite les mélomanes à écouter cette œuvre sans lui tenir trop de rigueur parce qu’il renferme certaines lacunes. (JC Tchatcho : lendurci@hotmail.com, à Kinshasa, 0990355943, à Bruxelles : +32475298550).

Il est « Congolais pur sang » mais vit à Bruxelles en Belgique où il travaille pour le compte d’un organisme international comme comptable. Il est un passionné de la musique à laquelle il consacre ses heures perdues, allant jusqu’à réaliser « L’endurci », un single de deux chansons avec une animation instrumentale, sorti depuis le 2 janvier dans cette ville. JC Tchatcho qui considère la musique comme un hobby mérite l’attention des mélomanes à cause de cette œuvre qui n’a pas connu la participation des musiciens professionnels mais qui doit tout de même être dégusté. Koffi Olomide reste son idole mais « je compte lui remettre un exemplaire du cd de mon single il est devenu inaccessible », dit-il.
Humble, il demande aux mélomanes un peu d’indulgence parce, conscient des failles qu’ils découvriront dans son œuvre à cause surtout du fait qu’il n’est pas un professionnel de l’art d’Orphée, qu’il jure, dans cette interview, de ne jamais exercer en tant que tel, oubliant que l’appétit vient en mangeant. Cet opus qui est disponible à Bruxelles à la Place Matonge chez tous les distributeurs afro antillais, plus précisément chez Hermann Kaba, chez les Amis de Wetshi, chez Musica Nova en est une preuve. JC Tchatcho est en séjour à Kinshasa où il a accordé cette interview à Digitalcongo.net avant son retour à Bruxelles qui intervient le mardi 15 janvier.
Multi média Congo : Vous venez de larguer sur le marché le single « L’endurci » votre premier opus. Sur sa pochette, vous vous présentez sous le pseudonyme de JC Tchatcho. Peut-on connaître votre vrai nom ou tout simplement voulez – vous vous présenter auprès de nos fidèles lecteurs.
JC Tchatcho : Je suis Congolais d’origine et de nationalité. Je suis comptable dans un organisme international à Bruxelles en Belgique. Mais je fais de la musique à mes heures perdues. Je ne suis pas musicien professionnel.
Est-ce que les mélomanes vous reconnaîtront avec cette dénomination ? J’ai un autre nom mais dans le cadre de l’art, j’ai adopté le nom de Jc Tchatcho. Ceux qui e connaissent m’appellent par ce nom. Pourquoi alors ce nom, comment et pourquoi l’avez –vous adopté. Vous avez des liens avec Koffi Olomide qui a lancé le concept de Tchatcho ? J’ai eu à fréquenter Koffi Olomide. Il venait à notre domicile à la demande d’une de mes belles tantes qui était sa connaissance et qui lui a parlé de moi, en l’informant qu’il était mon idole. C’est dès lors que les amis du quartier m’ont surnommé JC Tchatcho. C’est donc Koffi Olomide qui m’a donné le goût de réaliser ce single. Le premier disque que j’ai acheté dans ma vie, à l’âge de 14 ans est celui de Koffi Olomide. C’était dans les années 1986-1987. Est-ce qu’il vous arrive de le fréquenter actuellement ou encore lui avez vos réservé une copie de votre single ? Koffi est devenu inaccessible. Il n’est pas toujours facilement de le voir. Je le ferai si l’occasion se présente. Pourquoi alors le nom Tchatcho au quel on ajoute aussi parfois le « Majeur » de tous les « Mineurs » La nature est harmonieuse. Il y a le Nord et le sud, les vieux et les jeunes, les Noirs et les Blancs. Puisqu’on parle des Mineurs, il doit aussi y avoir des « Majeurs ». Il faut toujours faire la contre partie. Parlons un peu de votre opus, apparemment il porte deux titres phare alors que d’habitude d’autres musiciens attribuent un seul titre à leurs oeuvres. S’agit-il d’une innovation ? C’est un single à 2 titres mais étant donné que c’est une auto production, je me suis dis que je devais faire un travail de qualité car, un album c’est très coûteux. Surtout que dans mon cas, il s’agit d’une première tentative. Un album c’est aussi un risque énorme sur le plan financier. Ainsi, j’ai préféré privilégier les deux titres au lieu de le faire pour l’un ou l’autre en ce qui concerne la présentation sur la pochette. JC Tchatcho , en outre votre vrai nom qui n’apparaît pas sur la pochette, il y a un autre problème, celui de votre visage qu’on ne retrouve pas sur ce que l’on peut considérer comme étant la vitrine de votre œuvre. Mon frère, étant donné que mon vieux Koffi Olomide réalise un album ezanga kombo (un album anonyme) moi j’ai dit je fais un album « ezanga photo » ou encore « bord ezanga photo » (album sans photo). Mais l’absence de la photo peut aussi être préjudiciable pour la promotion de votre album... Pas tout à fait mon cher Boni. Je me souviens de ma tendre enfance où certains 45 tours (disques) étaient enveloppés dans des sachets en plastique sans photos mais qui ont fait tabac. Je ne voudrais pas en citer des exemples ici. Je veux tout simplement dire qu’il faut apprécier l’œuvre en lieu et place de la personne qui la produit. Moi je suis de ceux qui pensent que le disque doit défendre seul son image. C’est un défi que je me suis lancé à moi- même. Si un disque s’impose c’est qu’il est bon produit. Mais de même que vous n’avez pas voulu apparaître sur la pochette, cela signifie que vous n’allez pas aussi vouloir figurer dans les clips de ce single que vous allez éventuellement ou certainement réaliser ? Les clips viendront. Si les chansons elles –mêmes réussissent à se défendre, je vais me faire découvrir. Sinon je resterai dans l’anonymat. Dans ce cas auriez-vous à démissionner puisque vous avez parlé de l’incompatibilité entre votre profession de comptable et celle de musicien. Pour moi la musique c’est un hobby. Je n’en vis pas C’est vrai c’est un hobby. Mais il se pourrait que les portes du succès puissent s’ouvrir à vous. Le succès il est à très très bref terme. Pour la survie de ma famille, je préfère faire de la musique un hobby que de ne vivre que de cela. En parcourant cette pochette, on constate que la plupart des noms de musiciens qui vous ont accompagné sont des illustres inconnus. Mais pourquoi n’avez-vous pas recouru aux professionnels à cause de leur renommée qui aurait pu contribué à vous faire vendre ? Mon frère, c’était voulu et souhaité. En procédant ainsi, j’ai voulu mettre fin à ce préjugé selon lequel un artiste peu connu puisse faire appel à des professionnels pour émerger. Nous sommes très nombreux en Belgique qui faisons la musique. Si je l’ai fait c’est aussi pour prouver que je suis capable de faire e du bon travail avec les non professionnels. Parmi les voix des musiciens qui vous accompagnent, on retrouve celle qui ressemble curieusement à celle de feu Dindo Yogo ou de son fils Lola Muana. D’ailleurs après un vocal exécuté par ce musicien vous dites « Asekwi te » (Ne croyez pas que Dindo Yogo est ressuscité) . Ce musicien aussi n’est pas un professionnel ? Non. Il s’appelle Byblos Lokombe. Il est choriste. Il chante dans une chorale. Je l’ai connu il y a 10 ans. JC Tchatcho dans « L’Endurci » on parle de « Etula », est-ce une expérience que vous avez faite vous-même dans la vie ? C’est une chanson autobiographique. Un de mes parents était diplomate. On a fait plusieurs voyages ensemble dans le cadre de ses missions. C’était l’occasion des rencontres avec les autres, de créer des relations entre filles et garçons. Mais les choses sont différentes dans la mesure où en Occident le partage est réciproque entre les copines et copains. Mais dans notre société souvent c’est le sens unique. C’est seulement le jeune homme qui doit donner. « Pesa ngai, Sombela ngai , kabela ngai » ( Donnes- moi, Achètes-moi, offres-moi). Cela m’a troublé, déstabilisé et m’a contraint dans la solitude. D’où le terme ou le titre « Endurci ». Il semble que vous voulez apporter des innovations dans la musique congolaise. Mais dans vos chansons il n’est pas exclus quelques « mabanga », les dédicaces l’un des phénomènes caractéristiques de cette musique. Mon souci permanent reste celui de permettre à la musique congolaise de retrouver ses lettres de noblesse, que nos artistes puissent développer des thèmes . Comme le célibat comme moi je l’ai fait dans mon album. Mais je pense qu’il ne faut pas faire une cassure brutale avec ce qui se fait déjà. Cette cassure doit s’opérer progressivement. D’où les quelques dédicaces que l’on retrouver dans mes oeuvres. Mais s’il vous bien observer ces dédicaces entrent dans le thème de la chanson. Vous remarquerez en outre que je n’ai pas personnalisé mes chansons pour que les mélomanes s’en approprient. Dans la deuxième chanson, on exploite du « ndombolo », du « Cotazo » Oui c’est vrai. L’artiste s’exprime librement. Le jeune animateur à qui j’ai appel a préféré ces danses. A l’introduction de la deuxième chanson de votre single, vous dites « boseka ngai te » (ne vous moquez pas de moi s’il vous plaît). Est-ce un aveu de votre amateurisme ? Certainement que oui. Je reconnais mes faiblesses. Je présente mes excuses aux mélomanes qui certainement pourront déceler certaines failles dans ce que je leur propose. A la fin de la même chanson, vous dites «Coup direct deux fois te ou ça passe ou ça casse ». Pourquoi cela ? C’est une conclusion pour dire que « L’Endurci » est là. ça pas ou ça casse. Mais le souhait est que ça passe et que ça soit accepté par les mélomanes. Mais quels sont les objectifs que vous visiez en réalisant cet opus ? Par exemple, si je peux rentrer dans mes droits, ça serait un plus sur le plan financier. Et si un producteur vous proposait d’animer des concerts accepterez vous ? Bien sûr que oui. Surtout s’il met à ma disposition des instruments et acceptait de payer les droits des artistes qui doivent m’accompagner. Même à Kinshasa ? Je n’ai aucun complexe. Question tout simplement de trouver un producteur sérieux. C’est depuis quand que votre single est-il sorti ? Mon souhait était qu’il soit sur le marché avant les fêtes de Noël et de Nouvel an. Mais j’ai connu quelques problèmes de pressage. D’où l’œuvre est sortie à Bruxelles le mercredi 2 janvier 2008, c’est-à- dire il y a seulement une semaine. A Kinshasa, le lot des Cd m’est arrivé le 7 du même mois. Mais étant donné que je n’ai pas encore trouvé un distributeur, l’échantillon de Kinshasa est très limité. Est-ce qu’on connaître le nombre d’exemplaires de ce Cd qui ont été gravés et avoir les premiers rapports de vente de Bruxelles ? On n’a pas encore les rapports mais étant financièrement limité puisqu’on est soit même producteur, on a gravé seulement au total 2000 cd, 200 étant destinés à la promotion. Donc 1800 Cd de « L’Endurci » sont destinés à la vente. Les producteurs ne prennent pas des risques, préférant les artistes déjà confirmés. A quel endroit en Belgique, à Bruxelles notamment peut- on se procurer de « L’Endurci » A Matonge dans la commune d’Ixelles chez tous les distributeurs afro antillais, plus précisément chez Hermann Kaba, chez les Amis de Wetshi, chez Musica Nova. En ce qui concerne la France, on verra à mon retour. Avez -vous rencontré des difficultés dans le cadre de la réalisation de cet album ? Si oui lesquelles. C’est surtout l’indisponibilité des artistes. En auditionnant votre single, on constate que vous avez négligé le générique pourtant à la mode dans la musique congolaise. C’est vrai. Beaucoup d’artistes musiciens mettent tout leur savoir sur le générique. C’est une façon de tromper les consommateurs. C’est de la tricherie. Il faut qu’on revienne à la thématique en prenant comme exemple Jean Goubald. Que ceux qui se disent grands ou meilleurs arrêtent alors avec le générique car pour preuve, tout le monde fait le générique. C’est donc un conseil que je donne aux musiciens congolais. Le mot de la fin Tchatcho à perpétuité ?
Propos recueillis par Boni Tsala / MMC
Last edited: 12/01/2008 13:32:31