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Bonjour | 07/10/2008 1:29 | English Make DC Home page | RSS feed

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Depuis le début de cette année, les activités sont en baisse au marché central de Kinshasa. A l’origine, le manque de pouvoir d’achat des Congolais. Allées dégagées, étals et stands vides, désertion de la majorité des commerçants et vendeurs. C’est le tableau offert par le marché central de Kinshasa - le plus im­portant lieu de négoce dans la capitale - quatre jours d’affilée après la Saint Sylvestre.

Contrairement à ce que d’aucuns pourraient croire, la dé­sertion de la majorité des com­merçants et vendeurs n’était pas le fait de la fatigue due aux ré­jouissances festives. A I’origine se trouve la rareté du franc con­golais, la monnaie nationale sur le marché. Et comme ils sont pauvres, la majorité des Congo­lais n’ont pas d’argent pour se procurer ce dont ils ont besoin.

De l’avis de plusieurs ven­deurs qui exercent leurs activi­tés sur ce lieu de négoce, le mois de janvier est généralement con­sidéré comme celui de crise. Laquelle peut aller jusqu’en fé­vrier. Selon eux, l’origine de cette crise demeure les dépen­ses quelque peu exagérées et souvent extravagantes effec­tuées par certaines personnes pour les réjouissances de fin d’année.

L’avenue Kato bordée de nombreux magasins dans son tronçon compris entre I’avenue Kasa-Vubu et l’avenue Luambo Makiadi (ex-Bokassa), n’a pas connu l‘engouement habituel à l’arrivée des reporters du jour­nal Le Potentiel. Contactés, quel­ques commerçants ont laissé en­tendre que l’après-Bonana a tou­jours été la période où beaucoup de petits commerçants et ven­deurs voient leur capital entamé à la suite de ces dépenses exa­gérées et extravagantes.

L’argent se faisant rare, ils préfèrent suspendre leurs activi­tés et rester chez eux. Raison invoquée : éviter le paiement de la taxe journalière alors que les recettes sont en baisse. «La fête de Nouvel an a occasionné beaucoup de dépenses dans des familles, si bien que s‘offrir un repas régulier devient rare après ces moments festifs», raconte un commerçant sous le sceau de l’anonymat. II ajoute que cette situation a des répercutions négatives sur les activités commerciales. Une ven­deuse de tissus imprimés wax té­moigne : «Depuis quelque temps, j‘enregistre - comme la plupart de mes collègues - une mévente sur mes marchandises. Je m ‘acquitte de la taxe jour­nalière et paie des frais néces­sités par le transport de mes marchandises du dépôt au lieu de vente et vice-versa, alors que nous ne gagnons en retour pratiquement rien à la fin de la journée. Chose grave, j‘ai des obligations qui me parais­sent difficile à honorer notam­ment le loyer de ma maison d’habitation et la ristourne. Après la Saint Sylvestre, la Si­tuation a tendance à s’aggra­ver. Je cours le risque de ces­ser mes activités commerciales avec tout ce que cela va entraîner de négatif ».

Pour sa part, un autre ven­deur commentent : « A 1‘excep­tion des vendeurs de produits vivriers qui écoulent non sans peine leurs marchandises, les autres gémissent et, par crainte de perdre le capital, ont décidé de ne pas écouler leurs mar­chandises ». Et d’ajouter : «quand il y a peu de vendeurs au marché, les clients s ‘intéressent aux marchandises. trou­vées sur le lieu et finissent par en acheter grâce à la persua­sion de leurs vendeurs. Ce qui permet à ces derniers de réali­ser de bonnes recettes à la fin de la journée».

Les « Shayeurs » - appel­lation collée aux jeunes gens chargés de servir d’intermédiai­res entre vendeurs et acheteurs et qui bénéficient, en revanche d’une certaine somme pour le service rendu - et les vendeurs à la criée traversent depuis le dé­but de cette année une période de vaches maigres du fait que les activités au marché central de Kinshasa sont quelque peu au ralenti. Makiadi M., vendeur à la criée, regrette : «Je vends du poulet grillé depuis de longues années, mais depuis le début de cette année, j‘enregistre une mévente car les acheteurs qui se recrutent surtout parmi les vendeuses et vendeurs qui exercent leurs activités au marché logent le diable dans leurs proches, ils ne savent donc pas acheter ma marchandise ».

Toutefois, il pense que cette situation est passagère et que les choses pourront s’amé­liorer dès cette semaine.
Un autre vendeur à la criée n’est pas de cet avis. Pes­simiste, il a décidé de tronquer son métier contre un autre plus rémunérateur et qui échappe à certaines situations imprévisibles du marché congolais.

Le Potentiel

Last edited: 07/01/2008 18:54:02

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