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Bonjour | 20/11/2008 19:33 | English Make DC Home page | RSS feed

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Il s’observe depuis quelques semaines une tension dans les établissements d’enseignement supérieur et universitaire, tension relative à la répartition de l’enveloppe salariale par le nouveau ministre de l’ESU. Il s’observe depuis quelques semaines des tensions dans les établissements d’enseignement supérieur et Universitaire à la suite de la répartition de l’enveloppe salariale par le nouveau ministre de ce secteur. L’examen des montants alloués aux différentes catégories du personnel fait apparaître des écarts énormes notamment entre les personnels académique et scientifique alors qu’ils font tous partie du même cadre selon le statut qui les régit.

Appelés à travailler en harmonie pour la bonne marche de leurs institutions respectives, il est concevable en effet, une université sans professeurs ni assistants. Ces derniers sont appelés à prendre la relève. Il s’agit pour les professeurs de les préparer à entrer dans leur corps de métier afin d’assurer le développement et la continuité de leurs spécialités. Pour ce faire, un bon climat de travail est nécessaire, climat caractérisé entre autres, par la confiance, le respect mutuel, la considération de chacun selon sa fonction et le rôle qu’il joue au sein du système.

Eviter les frustrations !

Les stress et les frustrations doivent donc être évités autant que possible. Tout en accordant aux professeurs les salaires et les avantages auxquels ils ont droit, on doit placer les assistants dans des conditions qui les motivent et leur donnent le goût du métier. Si jadis, et particulièrement à l’époque de l’UNAZA, l’autorité n’avait pas appliqué cette politique, l’université congolaise ne serait pas dotée du corps professoral national dont tout le monde est fier aujourd’hui. Il convient de noter qu’à part les salaires raisonnables qui leur étaient octroyés, beaucoup d’assistants de l’époque devenus de nos jours professeurs, avaient bénéficié de plusieurs faveurs telles que des voitures et des maisons à crédit. A cela, s’ajoutent de nombreuses facilités mises à leur disposition pour leurs recherches doctorales dont des bourses d’études consistantes.

Ce sont là des facteurs réels de motivation qui poussent à aller de l’avant dans la voie que l’on a choisie. Au contraire, la privation, le salaire de misère, le manque d’égards ne motivent pas, mais plutôt amènent bon nombre d’assistants et de chefs des travaux à chercher d’autres volis pour se réaliser. Continuer à croire que c’est en creusant des écarts au niveau des salaires que l’on pourra les motiver à préparer des thèses, c’est manquer de réalisme et compromettre dangereusement l’avenir de l’université en RDC. Toutes les fausses doctrines coûtent cher et le pays en paye maintenant les conséquences. En effet, pour avoir abandonné le personnel scientifique à son triste sort et mis fin à la formation systématique des assistants, la RDC court le risque d’importer d’ici peu des professeurs pour l’enseignement supérieur. Dieu seul sait à quel prix !

C’est une erreur d’assimiler l’assistant inscrit au troisième cycle à un étudiant car, la formation de chercheur et de savant qu’il y reçoit n’est pas de même nature que celle des étudiants. Comme l’a souligné un professeur américain, « le candidat à la carrière d’universitaire est un intellectuel qui fait son noviciat. Il est intéressé par les connaissances, fasciné par les idées, impatient de découvrir des solutions. Il veut contribuer avec éclat au développement des connaissances dans le domaine qu’il a choisi ; il est obstiné, ambitieux, enthousiaste ».

L’argent doit être pour lui un moyen d’atteindre un but et non la finalité. Si tel est le cas, les jeunes qui s’engagent dans la carrière scientifique comme assistants n’hésiteront pas dès la première occasion à l’abandonner pour des emplois mieux rémunérés.

Partout dans le monde, l’université est bien une organisation d’humanistes et d’hommes de science qui se consacrent à la recherche et à la transmission du savoir dont toute la société tire profit. Au moment où elle vient de fêter son jubilé d’or, l’université congolaise doit redécouvrir son objectif et cesser de ressembler à un marché dominé par des intérêts mercantilistes et machiavéliques. Elle ne peut être performante que si tous ceux qui y travaillent sont traités de manière équitable.

(Yes)

H.M./La Référence Plus

Last edited: 05/01/2008 13:59:20

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