Dans une mise en scène de Viminde Segbia, la pièce pose la question de la tradition, c’est-à-dire de la transmission, de l’identité, et par conséquent de la différence.
Le ministre de la Culture et des Arts, M. Esdras Kambale a ouvert, samedi dernier, la 38ème saison artistique de la Compagnie Théâtre national congolais (Ctnc). La cérémonie qu’a abritée la salle Mongita, a été marquée notamment par la représentation de la pièce intitulée: « Voyage sans retour ». Plusieurs invites ont répondu à l’invitation du directeur général de la Ctnc, M. Frédéric Ngandu Tshibutu. Parmi eux, MM. Godefroid Kamanda, Gery Prouvost et Me Mwambayi, respectivement chef de Division de la Culture et des Arts, professeur à la Sorbone - Paris IV et auteur de la pièce et directeur général du Centre culturel congolais le Zoo.
Dans son allocution, le dg de la Ctnc a mis un accent sur la place qui revient à cette structure. Il a évoqué ensuite, quelques difficultés courantes, dont le manque d’infrastructure, qui l’empêchent de remplir pleinement sa mission. « (…) Notre souhait est que le gouvernement corriger cette situation, en acceptant de construire au bénéfice du Théâtre national, un véritable théâtre dote de tout le matériel de scène. Ceci contribuera à améliorer la qualité des productions et permettra entre autre aux différents groupes étrangers de passage en RD.Congo, de se produire dans des conditions professionnelles requises », a-t-il déclaré. Et d’ajouter ce qui suit, en parlant des perspectives: Il est prévu dans les nouvelles créations, le montage de la pièce « Montera » de Emmanuel Robles et un spectacle de danse contemporaine intitulé « Kayiba ». Nous recevrons également la troupe théâtrale Diaspora de Matadi. Quelques reprises parmi les meilleurs spectacles seront au rendez vous, chaque jeudi dans cette salle.
Sur le plan du renforcement des capacités, des ateliers de formation sont prévus dans les domaines de la mise en scène, de l’interprétation et de la diffusion des œuvres artistiques.
Dans cette logique, l’orateur a mis un accent sur: la revalorisation du métier de l’artiste, en le dotant d’un statut particulier; de la réhabilitation de la Ctnc qui, a-t-il précisé, a besoin, après 38 ans d’existence, d’un temps de réflexions sur la vision à lui accorder, et sur la mission a lui confier, par rapport aux enjeux de la mondialisation.
Le ministre a rassuré, quant a lui, que son mandat mettait l’homme au centre de toute préoccupation.
Voyage sans retour ou...la question de l’Identité
Dans une mise en scène de Viminde Segbia, la pièce pose la question de la tradition, c’est-à-dire de la transmission, de l’identité, et par conséquent de la différence. Il ressort d’un dépliant que la pièce est actuelle et se déroule dans un village africain. Elle met en scène trois personnages l’Ancien, son fils Modeste, et son petit-fils Tim le rappeur. L’Ancien qui représente la tradition, à toujours refuse le départ de son fils vers l’Europe. Son attitude contraste avec celle d’autres villageois qui, eux, espéraient en son départ un assouvissement de leurs manques et de leurs désirs matériels. « Son départ rend impossible la transmission du masque: « A qui reviendra la charge de garder et de transmettre notre mémoire ? ». Lorsqu’au moment de rejoindre la terre des ancêtre, il transmet symboliquement son fils (revenu. après deux décennies d’absence un court séjour au village natal), une nouvelle histoire s’ouvre: de façon indissoluble vont s’entremêler continuité et mouvement. Le fils, accueillant le don de la tradition et acceptant ultimement de s’inscrire en elle, annonce qu’il la reçoit comme puissance de transformation et de purification. Tim le rappeur, qui n’a jamais connu l’Afrique, se découvre d’abord étranger à son père et plus encore, qu’il voit pour la première fois. Son monde à lui est de la banlieue parisienne (...) Mais, peu à peu, il découvre par son dialogue avec son grand-père, que l’origine dit aussi l’identité.
Pour la distribution des rôles, la pièce a aligné : Isango Kithoga (l’Ancien), Kazadi Okito (Modeste), Nginamau Rossi (Tim) et les villageois: Makele Mwaka, N’simba Akima, Kwenda Lambi, Sassa Bibiche, Lisumbu Moseka, Asina Ktitwa, Wamina Lifeteke. Monge Lebonsu, Lucie Viminde et Matungulu ont assure la régie générale. Franck Mombosso et Bobette Ngwèy ont été charges de la promotion.
(Ern.)Payne/L’Avenir
Last edited: 05/01/2008 12:42:13