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Bonjour | 05/12/2008 9:46 | English Make DC Home page | RSS feed

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Malgré la mise en place d’un gouvernement issu des urnes, la vie des congolais au quotidien semble aller de mal en pis. L’eau, l’électricité et les infrastructures font curieusement partie des cinq chantiers du gouvernement. L’eau, l’électricité et la voirie urbaine posent toujours problème non seulement à Kinshasa, la capitale de la Rd Congo, mais également dans l’arrière-pays. Malgré la mise en place d’un gouverne­ment issu des urnes, la vie des Congolais au quotidien semble aller de mal en pis. L’eau, l’électricité et les in­frastructures font curieusement partie des cinq chan­tiers du Chef de l’Etat. Du­rant toute l’année 2007, les Congolais ont vainement at­tendu des signaux du début de la fin de leur chemin de la croix dans ces trois sec­teurs.

Eau : des robinets souvent à sec

Victimes des pluies torrentielles durant quel­ques mois, certaines per­sonnes ont un pincement au cœur dès que des nua­ges obscurcissent le ciel de la ville. D’autres, par contre, sont heureuses et prient Dieu pour que les vannes du ciel libèrent abondam­ment leur contenu. Une fois leur souhait exaucé, tous les récipients nécessaires pour recueillir la moindre goutte d’eau sont utilisés.

L’eau potable que la Régideso devrait en prin­cipe fournir au plus grand nombre possible de nos compatriotes est devenue une denrée rare, même à Kinshasa. La plupart des communes et quartiers de Kinshasa sont privés d’eau pour des semaines, voire des mois.

A Kintambo, à Ban­dalungwa, à Lemba-Salon­go, à N’Djili, à Mont-Ngafula, à Kimbanseke, à Kingasani, à Matete, le spectacle des femmes, jeunes-filles et jeunes garçons transportant des récipients sur de lon­gues distances est devenu courant. Les abonnés de la Régideso ayant des véhicu­les personnels ont pris l’habitude d’entasser de gros bidons destinés à recueillir l’eau loin de leurs domiciles dans les coffres, voire sur les banquettes-arrières.

En provinces, des villes comme Mbuji-Mayi, Kananga, Kikwit, Mbandaka, et maintenant Bandundu/ville, pour ne citer que cet échan­tillon, connaissent de longs mois sans eau potable. La Régideso explique les pé­nuries par la vétusté des ré­seaux de distribution d’eau, la modicité des budgets d’investissements, les diffi­cultés de trésorerie pour le renouvellement des stocks d’intrants destinés au traitement de l’eau, les lotis­sements anarchiques des agglomérations urbaines, le lourd endettement de la clientèle – l’Etat en tête –, le manque d’électricité pour faire tourner les machines, etc.

Cette entreprise d’Etat a commencé à appli­quer un programme de re­nouvellement de son réseau dans la ville de Kinshasa, mais jusque-là, cette initia­tive n’a pas encore d’impact sensible sur la desserte en eau potable. Toutefois, la Régideso est en train de monter de petits ouvrages de forage dans les quartiers périphériques de la capitale. Les quartiers Bibwa à N’Sele et Mokali à Kimbanseke en ont déjà bénéficié. D’autres projets sont en cours d’exé­cution.

La situation n’est guère intéressante pour l’ensemble du pays qui, pourtant, méritait mieux. En effet, l’abondance des res­sources en eau tant de sur­face que souterraine fait que le pays dispose de 53% des réserves d’eau douce d’Afri­que. Ce qui est un contraste avec le faible accès à l’eau potable. Seulement 22% de la population nationale sont alimentés en eau potable.

En milieu rural, près de 60% d’ouvrages d’eau existants, notamment les sources, puits et forages, ne sont plus en activité, faute de leur maintenance par les bénéfi­ciaires suite à l’inefficacité de l’approche participative et du réseau de distribution des pièces de rechange.

Le faible taux de desserte des populations rurales en eau potable les pousse à s’approvisionner aux points non aménagés que sont les sources, les lacs, les étangs, les cours d’eau avec tous les risques d’accidents épidémiologi­ques, de maladies d’origine hydrique telles que le cho­léra, l’amibiase, la typhoïde.

Electricité : le règne des poches noires

Si la commune de la Gombe à Kinshasa avait jadis un courant électrique stable, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Cette commune qui héberge la majorité des institutions du pays et constitue en même temps un grand centre d’affaires, n’est plus à l’abri des délestages et des coupures intempes­tives du courant électrique. Et quand la commune de la Gombe est à la peine, on peut imaginer le pire pour le reste de la capitale et du pays.

Dans toutes les communes de Kinshasa, les populations passent des journées entières, des semaines, voire des mois sans courant électrique. La situation est pareille à l’inté­rieur du pays. C’est le règne des poches noires pourtant décriées dans les discours officiels.

Le calvaire des Kinois de­vrait prendre fin avec la mise en place d’une nou­velle ligne électrique reliant Kinshasa au barrage d’Inga. Le coût de cette opération est estimé à 50 millions des dollars américains. Avec le temps, c’est devenu un rêve bien caressé.

Pour aménager cette deuxième ligne, le gouver­nement est appelé à s’en­detter auprès de la Ban­que mondiale, de l’Union européenne ou d’autres partenaires. C’est peut-être quand le barrage d’Inga, qui a des problèmes techniques, cessera de donner du courant électrique que les autorités politiques prendront la pleine mesure du drame du manque d’énergie électrique.

Rappelons que le taux d’électrification pour toute la république est évalué à 6%. Pour un pays aux dimensions continentales et dis­posant d’importantes ressources énergétiques, ce faible taux est inacceptable. En RDC, des millions des populations des provin­ces entières telles que les deux Kasaï, le Maniema, le Bandundu et l’Equateur at­tendent la venue de l’électricité depuis la proclama­tion de l’Etat Indépendant du Congo en 1885. Hormis quelques villes, le gros du pays est sans électricité, ce qui constitue un handicap majeur pour son développe­ment, surtout industriel.

Kinshasa sans routes

Aller d’un bout à l’autre des quartiers de Kinshasa est aujourd’hui un véritable parcours de com­battant. La voirie à Kins­hasa se caractérise par des nids-de-poule aux multiples dimensions sur pratique­ment toutes les artères. Sous l’action des pluies et des érosions, des avenues de Kinshasa ne sont plus praticables aujourd’hui.

La conséquence pal­pable de ce fléau est le phénomène des embouteilla­ges. Les bouchons, jadis caractéristiques des heu­res de pointe, s’annoncent à présent au lever du jour pour ne disparaître qu’aux heures avancées de la nuit.

Tout se passe com­me si les autorités avaient d’autres voies pour circu­ler alors qu’elles utilisent les mêmes artères que le commun des Kinois. Malgré l’annonce du démarrage de certains chantiers dans la ville, la situation ne change guère.

L’année 2007 se termine avec une voirie ur­baine en lambeaux et il est à craindre que, faute de travaux effectifs sur terrain, 2008 soit le prolongement du calvaire des usagers de la route.

(Yes)

Jean-René Bompolonga/Le Phare

Last edited: 05/01/2008 11:18:03

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