Malgré la mise en place d’un gouvernement issu des urnes, la vie des congolais au quotidien semble aller de mal en pis. L’eau, l’électricité et les infrastructures font curieusement partie des cinq chantiers du gouvernement.

L’eau, l’électricité et la voirie urbaine posent toujours problème non seulement à Kinshasa, la capitale de la Rd Congo, mais également dans l’arrière-pays. Malgré la mise en place d’un gouvernement issu des urnes, la vie des Congolais au quotidien semble aller de mal en pis. L’eau, l’électricité et les infrastructures font curieusement partie des cinq chantiers du Chef de l’Etat. Durant toute l’année 2007, les Congolais ont vainement attendu des signaux du début de la fin de leur chemin de la croix dans ces trois secteurs.
Eau : des robinets souvent à sec
Victimes des pluies torrentielles durant quelques mois, certaines personnes ont un pincement au cœur dès que des nuages obscurcissent le ciel de la ville. D’autres, par contre, sont heureuses et prient Dieu pour que les vannes du ciel libèrent abondamment leur contenu. Une fois leur souhait exaucé, tous les récipients nécessaires pour recueillir la moindre goutte d’eau sont utilisés.
L’eau potable que la Régideso devrait en principe fournir au plus grand nombre possible de nos compatriotes est devenue une denrée rare, même à Kinshasa. La plupart des communes et quartiers de Kinshasa sont privés d’eau pour des semaines, voire des mois.
A Kintambo, à Bandalungwa, à Lemba-Salongo, à N’Djili, à Mont-Ngafula, à Kimbanseke, à Kingasani, à Matete, le spectacle des femmes, jeunes-filles et jeunes garçons transportant des récipients sur de longues distances est devenu courant. Les abonnés de la Régideso ayant des véhicules personnels ont pris l’habitude d’entasser de gros bidons destinés à recueillir l’eau loin de leurs domiciles dans les coffres, voire sur les banquettes-arrières.
En provinces, des villes comme Mbuji-Mayi, Kananga, Kikwit, Mbandaka, et maintenant Bandundu/ville, pour ne citer que cet échantillon, connaissent de longs mois sans eau potable. La Régideso explique les pénuries par la vétusté des réseaux de distribution d’eau, la modicité des budgets d’investissements, les difficultés de trésorerie pour le renouvellement des stocks d’intrants destinés au traitement de l’eau, les lotissements anarchiques des agglomérations urbaines, le lourd endettement de la clientèle – l’Etat en tête –, le manque d’électricité pour faire tourner les machines, etc.
Cette entreprise d’Etat a commencé à appliquer un programme de renouvellement de son réseau dans la ville de Kinshasa, mais jusque-là, cette initiative n’a pas encore d’impact sensible sur la desserte en eau potable. Toutefois, la Régideso est en train de monter de petits ouvrages de forage dans les quartiers périphériques de la capitale. Les quartiers Bibwa à N’Sele et Mokali à Kimbanseke en ont déjà bénéficié. D’autres projets sont en cours d’exécution.
La situation n’est guère intéressante pour l’ensemble du pays qui, pourtant, méritait mieux. En effet, l’abondance des ressources en eau tant de surface que souterraine fait que le pays dispose de 53% des réserves d’eau douce d’Afrique. Ce qui est un contraste avec le faible accès à l’eau potable. Seulement 22% de la population nationale sont alimentés en eau potable.
En milieu rural, près de 60% d’ouvrages d’eau existants, notamment les sources, puits et forages, ne sont plus en activité, faute de leur maintenance par les bénéficiaires suite à l’inefficacité de l’approche participative et du réseau de distribution des pièces de rechange.
Le faible taux de desserte des populations rurales en eau potable les pousse à s’approvisionner aux points non aménagés que sont les sources, les lacs, les étangs, les cours d’eau avec tous les risques d’accidents épidémiologiques, de maladies d’origine hydrique telles que le choléra, l’amibiase, la typhoïde.
Electricité : le règne des poches noires
Si la commune de la Gombe à Kinshasa avait jadis un courant électrique stable, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Cette commune qui héberge la majorité des institutions du pays et constitue en même temps un grand centre d’affaires, n’est plus à l’abri des délestages et des coupures intempestives du courant électrique. Et quand la commune de la Gombe est à la peine, on peut imaginer le pire pour le reste de la capitale et du pays.
Dans toutes les communes de Kinshasa, les populations passent des journées entières, des semaines, voire des mois sans courant électrique. La situation est pareille à l’intérieur du pays. C’est le règne des poches noires pourtant décriées dans les discours officiels.
Le calvaire des Kinois devrait prendre fin avec la mise en place d’une nouvelle ligne électrique reliant Kinshasa au barrage d’Inga. Le coût de cette opération est estimé à 50 millions des dollars américains. Avec le temps, c’est devenu un rêve bien caressé.
Pour aménager cette deuxième ligne, le gouvernement est appelé à s’endetter auprès de la Banque mondiale, de l’Union européenne ou d’autres partenaires. C’est peut-être quand le barrage d’Inga, qui a des problèmes techniques, cessera de donner du courant électrique que les autorités politiques prendront la pleine mesure du drame du manque d’énergie électrique.
Rappelons que le taux d’électrification pour toute la république est évalué à 6%. Pour un pays aux dimensions continentales et disposant d’importantes ressources énergétiques, ce faible taux est inacceptable. En RDC, des millions des populations des provinces entières telles que les deux Kasaï, le Maniema, le Bandundu et l’Equateur attendent la venue de l’électricité depuis la proclamation de l’Etat Indépendant du Congo en 1885. Hormis quelques villes, le gros du pays est sans électricité, ce qui constitue un handicap majeur pour son développement, surtout industriel.
Kinshasa sans routes
Aller d’un bout à l’autre des quartiers de Kinshasa est aujourd’hui un véritable parcours de combattant. La voirie à Kinshasa se caractérise par des nids-de-poule aux multiples dimensions sur pratiquement toutes les artères. Sous l’action des pluies et des érosions, des avenues de Kinshasa ne sont plus praticables aujourd’hui.
La conséquence palpable de ce fléau est le phénomène des embouteillages. Les bouchons, jadis caractéristiques des heures de pointe, s’annoncent à présent au lever du jour pour ne disparaître qu’aux heures avancées de la nuit.
Tout se passe comme si les autorités avaient d’autres voies pour circuler alors qu’elles utilisent les mêmes artères que le commun des Kinois. Malgré l’annonce du démarrage de certains chantiers dans la ville, la situation ne change guère.
L’année 2007 se termine avec une voirie urbaine en lambeaux et il est à craindre que, faute de travaux effectifs sur terrain, 2008 soit le prolongement du calvaire des usagers de la route.
(Yes) Jean-René Bompolonga/Le Phare
Last edited: 05/01/2008 11:18:03