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Elle chante aussi la joie de vivre, l’ivresse que donnent « les matins roses du monde » dans la quotidienneté de nos actes. Elle célèbre l’amour vécu in­tensément, passionnément jusqu’au don, à l’abandon total du je à l’autre. Les écrivains féminins congolais ne paraissent pas au palmarès de la littérature de leur pays à ses dé­buts. Même de nos jours, elles figurent en très petit nombre. Nous publions la deuxième et der­nière partie de cette réflexion. La première ayant été publiée le samedi 24 novembre.

Mweya Tol’Ande

Elle est née le 7 juillet 1948 à Kinshasa. Après ses humanités litté­raires à 1’Institut Kambambare, elle obtient une licence en journalisme. Elle a travaillé pendant sept ans à l’ex-Institut des sciences et Techniques de l’information (Isti), l’ancê­tre de l’actuel Institut facultaire de l’information et de la communication (IFASIC).Elle abandonne l’enseignement du journa­lisme pour travailler à l’Inades-Formation-Zaïre (CEPAS), où elle a été responsable du service audiovisuel.

Comme écrivain, elle a remporté de nom­breux prix littéraires : le prix de poésie Sébastien Ngonso en 1968, Lauréate du Tournoi d’éloquence du Lion’s Club en 1969 et pre­mier prix de poésie du con­cours Joseph Désiré Mo­butu en 1972.

« Remous de feuilles », poèmes. Kins­hasa, Editions du Mont Noir, collection 80, 1972. Composé de trente neuf poèmes écrits entre 1966-1970, ce recueil de poèmes contient des tex­tes d’inégale longueur et de valeur différente où se brassent les thèmes les plus traditionnels de la littérature universelle et les poncifs créés par les tenants de la négritude.

Dès la dédicace à « Symphorien Mwamba, mon ami disparu » (Symphorien Mwamba, étudiant en 2ème candidature de philologie romane, a été l’une des victimes de la répression sanglante de la soldatesque mobutienne lors de la marche pacifique des étudiants de l’Univer­sité Lovanium du 4 juin 1969), l’on sent frémir chez la poétesse une passion de vivre, un besoin de se sai­sir au-delà de signes, au-delà des morts :

« Nous nous taisons, « On nous croit morts et vaincus, « Cessé de vivre (p. 4).

Ce recueil de Mweya n’est pas fait que de chansons tristes et dé­sespérés, – quoi qu’elles en constituent la majeure partie ou rappelant tour à tour le Musset des Nuits, le Chénier de La jeune cap­tive, le Verlaine des Ro­mances sans paroles, etc. – la poétesse n’y crie pas seulement son amer­tume devant la vie, son déchirement intérieur, sa solitude. Au contraire, elle chante aussi la joie de vivre, l’ivresse que donnent « les matins roses du monde » dans la quotidienneté de nos actes. Au total, elle célèbre l’amour vécu in­tensément, passionnément jusqu’au don, jusque à l’abandon total du je à l’autre. « Ahata » suivi du « Récit de la damnée », nouvelles. Kinshasa, Edi­tions Les Presses africai­nes, 1977.

La première nou­velle intitulée « Ahata » porte le titre de l’héroïne. Ahata, jeune infirmière a été pro­mise dès son plus jeune âge à Shallay, un ami d’en­fance. Shallay et Ahata s’aiment tendrement. Parti depuis cinq ans en France achever ses études supé­rieures, Shallay ne donne que rarement de ses nou­velles ; ce qui finit par inquiéter Ahata. Par l’entre­mise de son ami, Polio, Shallay informe ses pa­rents et sa fiancée de son mariage avec une Française et de la naissance de leur prochain enfant.

Dé­primée, Ahata perd goût à la vie. Les parents de Shallay considèrent le ma­riage de leur fils avec une étrangère comme un af­front personnel et continue de voir en Ahata la digne épouse de Shallay. Polio, par son tact et sa gentillesse parvient à conquérir le cœur d’Ahata.

Ainsi naît une profonde affection en­tre Pollo et Ahata qui finis­sent par se manier. Quel­ques mois plus tard, Shallay revient au pays accompa­gné de sa femme, Jennie. Polio et Ahata leur facili­tent les débuts au pays. Jennie se lie d’amitié avec Ahata.

A suivre…

(Yes)

Le Potentiel

Last edited: 03/01/2008 11:43:26

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