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Bonjour | 20/11/2008 13:55 | English Make DC Home page | RSS feed

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Le projet d’organisation de la conférence sur la paix au Kivu est devenu une réalité avec le lancement jeudi à Goma par le président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe des travaux préparatoires de ce forum initié par le président Joseph Kabila. La ville de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, a vécu jeudi une journée pas comme les autres avec l’événement du coup d’envoi donné à la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement du Grand Kivu, à l’occasion du lancement des travaux préparatoires de ce forum initié par le chef de l’Etat, le président Joseph Kabila.

La cérémonie haute en couleurs de lancement de ces travaux a été présidée dans la grande salle Ihuji de Goma par M. Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale et émissaire personnel du président de la République.

Il y a avait à la tribune, outre le premier député national, le ministre d’Etat en charge de l’Intérieur et de la Décentralisation, M. Denis Kalume, le président de la commission électorale indépendante (Cei), l’abbé Apollinaire Malu Malu qui assume la coordination du secrétariat technique du comité préparatoire du forum, les gouverneurs de province du Nord et du Sud-Kivu, ainsi que les deux présidents des Assemblées provinciales de ces entités.

L’assistance comprenait des députés tant nationaux que provinciaux ainsi que des sénateurs originaires du Kivu, de même que de nombreuses notabilités des deux provinces concernées, tous des horizons politiques différents, partisans de la majorité comme de l’opposition et même sans doute des proches de celui qui est considéré comme le déstabilisateur impénitent de la région, le ci-devant général dissident Laurent Nkunda.

Kamerhe justifie l’initiative prise par le Chef de l’Etat

Le temps fort de la cérémonie aura été celui des discours prononcés à cette circonstance. Notamment celui du président de l’Assemblée nationale qui, seul, citera le nom de l’homme qui hante les esprits, toujours le dissident Nkunda, pour indiquer que la conférence n’est pas convoquée, comme d’aucuns pouvaient le croire, pour faire pendant au déstabilisateur dans une sorte de contexte de peur bleu qu’il inspirerait du fait de ses affronts à l’autorité établie.

M. Kamerhe indiquera que ce sont des considérations de responsabilité et de réalisme politique qui commandent, comme il est signalé dans les écritures saintes qu’il y a un temps pour faire la guerre et un temps pour faire la paix. Il justifiera cette option de paix que le Chef de l’Etat avait résolument prise dès son avènement à la tête du pays, au lendemain la disparition brutale de Mzee Laurent-Désiré Kabila qui avait, du reste, entamé déjà de son vivant le long processus du dialogue appelé à mettre un terme à la guerre imposée par l’extérieur. Un survol de ce processus a été présenté par M. Kamerhe qui a magistralement démontré sa maîtrise du dossier.

  Le président de l’Assemblée nationale en viendra à dire que la démarche actuelle de la recherche de réconciliation entre frères ennemis du Kivu procédait de la même logique de paix qui a toujours guidé le président Joseph Kabila. Celui-ci, en initiant le projet de conférence sur la paix au Kivu n’entrevoit rien d’autre que le retour de la paix à l’Est de la RDC.

Dans le cas de la crise qui perdure dans cette partie du pays, M. Kamerhe considère que le président Joseph Kabila croit dur comme fer que les filles et les fils du Kivu, surtout les notabilités et leaders politiques cherchant à assumer la responsabilité de la conduite du peuple sont les premiers concernés par la situation et devaient s’investir dans la logique du dialogue inclusif entre toutes les composantes sociales pour parvenir à la concorde et à la paix recherchée.

S’agissant de la conférence à l’ordre du jour, le président de l’Assemblée nationale s’est longuement attardé à expliquer que pour permettre à chacun de s’approprier du débat de fond à engager pour vider les acrimonies qui vicient les relations intercommunautaires et que l’on tait souvent, rien n’est imposé, mais les contributions positives des personnes intéressées sont vivement attendues.

La désignation même des participants à la conférence est laissée au libre choix de la population qui sera sensibilisée à cet effet à la faveur des travaux préparatoires devant courir jusqu’au 4 janvier. C’est au lendemain de cette campagne de sensibilisation de la population que pourront être connus les participants aux travaux proprement dits du dialogue dont les assises seront ouvertes solennellement le 6 janvier 2008 pour se clôturer neuf jours plus tard, le 15 du même mois.

Tous animés de la volonté d’aller de l’avant, sauf la fausse note…

Avant l’adresse du président de l’Assemblée nationale, il y a eu les interventions respectivement du ministre Kalume, de l’abbé Malu Malu, ainsi que des deux gouverneurs de province respectivement du Nord et du Sud-Kivu. Le ministre Kalume a présenté l’implication du gouvernement dans l’organisation du décisif forum avec l’apport de financement consenti de l’ordre de 2 millions de dollars, ce qui manifeste, selon le numéro 1 de la territoriale la volonté politique et la détermination de l’exécutif national à réussir le pari du retour de la paix à tout prix au Kivu. Le ministre Kalume révélera qu’il a été prévu l’intervention de quinze ministères pour apporter en appui l’expertise nécessaire à la bonne orientation des débats.

  L’abbé Malu Malu qui a précédé le ministre Kalume à la tribune a, pour sa part, donné les grands axes de l’organisation de la conférence, sa motivation et la méthodologie qui allait être suivie aux travaux, notamment les thèmes des débats de la conférence éclatée en colloques et ateliers qui allaient les structurer. Le président de la Cei s’est longuement étendu à expliquer la nécessité des prédispositions adéquates des participants pour qu’ils évitent de se perdre dans des stériles querelles avec des creux argumentaires.

Pour l’abbé Malu Malu, la guerre se secrétant d’abord dans les esprits, c’est dans ces esprits qu’il importe en premier lieu d’en extirper les racines, d’où la nécessité d’échanges francs et sans agenda caché comme ceux qui s’ opposent à l’organisation de la conférence se complaisent à le supputer sans preuve.

L’abbé Malu Malu s’est défendu d’être coordinateur de la conférence proprement dite, parce que, selon lui, il revient à l’autorité qui a convoqué le forum, en l’occurrence le président de la République, de porter le choix sur la personne qu’il jugera digne d’assumer cette lourde responsabilité. Il a également mis les points sur les i à propos, a-t-il dit, des rumeurs fantaisistes sur les prétentions budgétaires de l’organisation des assises, en annonçant le montant de 2 millions de dollars disponibilisé par le gouvernement, comme l’a du reste confirmé le ministre Kalume.

Selon l’abbé Malu Malu, il s’agit d’un apport que les habitués de l’organisation du genre d’assises à l’ordre du jour ne peuvent estimer à la hauteur voulu. D’où l’impératif d’apports de contributions supplémentaires que les organisateurs espèrent attendre des partenaires extérieurs et des donateurs de bonne volonté de l’intérieur.

A ce propos, il y a à signaler la campagne de collecte de fonds de soutien de la conférence sur la paix au Kivu que les autorités de la ville de Kinshasa ont organisée à cette journée même de lancement des travaux du forum avec déclaration dans la capitale de journée mobilisation pour la solidarité avec les populations frères du Kivu. Des échos de fructueuse sensibilisation viennent de cette action.

Y a-t-il de fausses jovialités ?

  Les deux chefs des administrations provinciales du Nord et du Sud-Kivu ont planché, pour leur part, sur l’espoir que ces entités mettent dans les prometteurs résultats attendus de la conférence.

Le gouverneur du Sud-Kivu, particulièrement, M. Julien Paluku, a ému l’assistance dans la présentation de la tragédie que vivent ses administrés pourtant comblés par la nature d’une terre paradisiaque rendue un enfer de par la méchanceté des groupes rebelles et les forces négatives qui y déploient une férocité et un barbarisme à tel point inhumain que cela a fini par faire la réputation du Nord-Kivu à ce jour continuellement propulsé au-devant de l’actualité mondiale.

C’est, pour M. Julien Paluku, une scandaleuse situation que les ressortissants de cette partie de la Rdc se doivent de révoquer à jamais à l’occasion de la conférence sur la paix en instance d’organisation.

Goma qui va abriter les décisives assises est la ville frontalière avec le Rwanda, encastrée entre l’imposant mont du Volcan de Nyirangongo et le Lac Kivu ressentait la vibration de l’événement du lancement des travaux préparatoires avec l’affluence remarquée depuis quelques jours de plusieurs notabilités, députés nationaux et provinciaux ainsi que des sénateurs ressortissants des deux provinces du Kivu, ceux venus de Kinshasa comme ceux partis des localités du pays profond.

  Il y avait parmi ces hôtes de Goma des figures qu’on ne pouvait imaginer il y a peu se dévisager face à face avec sourires aux lèvres. Qu’on se le dise : qui, en effet, pouvait croire que le sénateur Rwakabuba dans la vénérable allure du poids de son âge s’afficherait gaiment comme on l’a vu à Goma aux côtés des compatriotes frissonnant à la seule évocation de présence d’un sujet tutsi ?

Pourtant c’était la réalité. Non seulement Rwakabuba, mais son pair Bizima Karaha et le devenu très affable député Nyarugabo pour ne citer que ceux-là plaisantaient gaiment aux côtés et du président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe, et de l’abbé président de la Commission électorale indépendante Malu Malu, de même que des invétérés députés du Pprd (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie). De quoi se dire pour qui a mesuré la gravité des antagonismes ethniques à la base des tiraillements du Kivu qu’un miracle a dû se produire.

Si, en effet, la convivialité s’est instaurée entre frères ennemis telle que l’ont démontré à Goma les têtes en vue de la crise de l’Est, quel est alors le problème qui affole le sinistre Nkunda dont le fantôme crispait tous les esprits, même si on feignait de l’ignorer ? Les jovialités affichées pouvaient-elles être fausses, alors que l’accueil du président de l’Assemblée nationale et sa suite de députés et ministres était très chaleureux à partir de l’aéroport jusqu’au lieu de la rencontre du jour ?

Le dernier des Mohicans

Le président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe qui a procédé au lancement solennel desdits travaux a déclaré qu’ils constituaient une chance pour les populations du Kivu victimes de la guerre interminable lui imposée par les forces négatives. Personne ne doute que cette chance n’était plus à perdre, alors qu’à quelque quarante kilomètres de là, le sinistre Nkunda menace toujours de tout faire voler en éclats.

Il y a d’ailleurs de quoi considérer que les délégués venus participer aux conciliabules de Goma tiennent avec leur courageux rapprochement à ce front militaire à signifier ç celui qui persiste à narguer la communauté nationale que son aventure avait perdu de sens, puisque plusieurs alliés qui le soutenaient fument le calumet de la paix avec les autres compatriotes.

C’est, foi de Vital Kamerhe, un message fort qui vaut son pesant d’or, plus même sans doute que l’affolante frénésie guerrière vouée fin des fins à l’échec. Il y a assurément beaucoup de tractations à entreprendre encore pour faire triompher la voie de la raison, mais on ne peut croire que tous ceux qui ont décidé d’aller se concerter à Goma ou même ceux qui gardent leurs yeux rivés sur ces concertations faisaient fausse route et que le dernier des Mohicans qui se pavane dans les montagnes surplombant Sake ou Minembwe a seul raison !

Daniel Nzuzi/MMC

Last edited: 02/01/2008 12:12:58

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