L’opérateur ferroviaire belge Venturis a décroché le contrat de gestion de la Société nationale des Chemins de fer du Congo (SNCC), une entreprise publique que le gouvernement de Kinshasa tente de réhabiliter avec l’aide de la Banque mondiale, dans la perspective d’une possible privatisation, a annoncé lundi l’administrateur délégué de cette société, Eric Pelffer.

L'opérateur ferroviaire belge Venturis a décroché le contrat de gestion de la Société nationale des Chemins de fer du Congo (SNCC), une entreprise publique que le gouvernement de Kinshasa tente de réhabiliter avec l'aide de la Banque mondiale, dans la perspective d'une possible privatisation, a annoncé lundi l'administrateur - délégué de cette société, Eric Peiffer. Venturis a été retenue vendredi par le gouvernement congolais à l'issue d'une procédure de sélection menée par le Comité de pilotage de la réforme des entreprises publiques (COPIREP), a précisé M. Peiffer à l'agence Belga. Selon le journal « Le Potentiel », le choix s'est fait sur base d'un rapport conjoint des ministres des Transports et voies de communication, et du Portefeuille, respectivement Charles Mwando Simba et Jeannine Mabunda Lioko, qui recommandaient la sélection des soumissionnaires ayant obtenu la meilleure cotation au double plan technique et financier.
Venturis pour la SNCC et la compagnie espagnole Progosa pour l'ONATRA
"Nous avons répondu à l'appel d'offres et nous avons été classés premier tant pour l'offre technique et que pour l'offre financière" face à la société française Systra, filiale de la SNCF, a confirmé l'administrateur de Venturis, sans préciser le montant de ce contrat d'une durée de deux ans prolongeables. "Il s'agit d'assurer le sauvetage de la SNCC, d'améliorer la gouvernance et de procéder aux investissements d'urgence pour préparer une mise en concession" et rendre une privatisation possible, a poursuivi M. Peiffer. Selon lui, de nombreuses inconnues entourent encore la mission précise qui sera confiée à Venturis par le gouvernement de la République.
Démocratique du Congo, comme les priorités fixées par Kinshasa et les moyens (budgétaires) disponibles - dont une bonne part proviendra sans doute de la Banque mondiale, de la Banque africaine de Développement (BAD) ou de la Banque européenne d'Investissements (BEI). La Banque mondiale a d'ailleurs supervisé le processus de sélection du gestionnaire de ces entreprises publiques par le COPIREP. La Fédération des Entreprises du Congo (FEC) a récemment réclamé la privatisation rapide de certains secteurs clés de l'économie nationale - exsangue après des décennies de gabegie et de conflits - comme la SNCC, l'ONATRA, la RVA (Régie des Voies aériennes), la SNEL (Société nationale d'Electricité) et la Régie de distribution d’eau (Regideso).
La SNCC, dont le réseau compte en théorie 3.641 kms de voie, se trouve dans un état déplorable, avec un matériel roulant vétuste. Les pillages, les vols de rails et traverses accentués pendant les guerres de 1996-1997 et 1998-2003, l'absence d'entretien et la mauvaise gestion des entreprises ont entraîné une forte réduction du trafic ferroviaire, réduit au Sud-Ouest et à l'Ouest du pays ainsi que dans les environs de Kinshasa.
Venturis, un opérateur fiable des chemins de fer africains
Très active dans le transport fluvial et routier et l'exploitation de ports, la SNCC est à la recherche de capitaux importants pour la réhabilitation ou le renouvellement des infrastructures, du matériel roulant et de ses divers services. Venturis se présente comme un opérateur de chemins de fer, principalement en Afrique. Elle offre également des services de consultance pour toute opération ferroviaire ainsi que pour des opérations de réhabilitation, réparation et acquisition de matériels roulants et des infrastructures.
La société a été, au cours de ces dix dernières années, sollicitée dans de nombreuses études et opérations principalement en Afrique. Sa présence a été très remarquable au sein de la société d'exploitation ferroviaire Sizarail qui avait succédé en 1995 à la SNCZ, au Cameroun (Camrail), en Tanzanie (Trans Africa Railway Corporation) et à Madagascar (Madarail) et en Côte d'Ivoire et Burkina Faso, dans un projet du groupe français Bolloré.
ACP
Last edited: 27/12/2007 16:42:33