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Bonjour | 20/11/2008 14:35 | English Make DC Home page | RSS feed

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Les familles kinoises sont sans le sous ou presque face aux charges contraignantes, en termes de nourriture et de vêtement, que leur impose la fête de Noël. Les chansonniers qui, à leurs heures perdues, répètent à tue-tête « Kinshasa moto... moto » (Kinshasa, ça chauffe), un air bien de chez nous, tra­duisent en fait deux images l’ambiance chaude de la capitale congolaise mais aussi la difficile survie au quotidien. C’est la seconde image, pensons-nous, qui prévaut à la veille de la Noël 2007. Les parents kinois de tous les âges présentent pour la plupart des visages creusés par des soucis.

Or, en pareille cir­constance, ils auraient dû répandre la bonne humeur en famille, sur le lieu de tra­vail, dans la rue et à bord des véhicules assurant le trans­port en commun. Le mobile de la grise mine des uns et des autres n’est pas à cher­cher loin: l’emballement in­contrôlé des prix des biens et services. La traditionnelle rengaine de la fête dans la méditation est de nouveau au rendez-vous. Face aux interrogations angoissantes des enfants qui ont peur de vivre le cauchemar de la di­sette et des haillons le jour même de la naissance de l’enfant Jésus, même si ce dernier était né dans une étable à moutons et dans le dénuement, ils sont sans réponse.

Comme s’ils n’at­tendaient que la fête de la nativité, les opérateurs éco­nomiques ont cyniquement revu à la hausse les prix de vente de ce qui intéresse le plus les gens à l’occa­sion d’un tel moment de ré­jouissances: les habits, les denrées alimentaires et les boissons. Un contraste sai­sissant se vit dans la capi­tale où des tas de familles, démunies pour la plupart, sont appelées à affronter des pics de surenchère qui les disqualifient avant la ronde des marchés ou des magasins.

Le marche de la Fikin : de la provocation

En d’autres temps, c’est sur le gouvernement central que se focalisait toute l’attention des consommateurs pour réclamer des mesures d’encadrement des fêtes de fin d’année à deux niveaux celui des approvisionne­ment d’abord et du contrôle des prix ensuite. A l’heure du vent de la décentralisa­tion, la tâche de protection du pouvoir d’achat des Ki­noises et Kinois à l’occasion de la Noël 2007 incombe à l’exécutif provincial. Hélas, de ce côté-ci, le sentiment du moment est que la popu­lation kinoise est laissée à la merci des spéculateurs; Qui a inspiré à André Kim­buta l’idée de la création d’un marché spécial à la Fikin, bomme lieu attitré de vente des produits de pre­mière nécessité en rapport avec les fêtes de fin d’année? Il s’agit là, ni plus ni moins de la provocation. En effet, il n’est pas possi­ble que dans une mégamé­tropole où les difficultés et coûts du transport en com­mun sont ceux qu’ils sont, l’on oblige tout Kinshasa à aller sa ravitailler à Lemba/Foire.

L’autorité urbaine a­-t-elle à la gymnastique à laquelle devraient se livrer des résidents de Maluku, Kinkole, Selembao, Kinde­le, Malueka, Matadi Kibala et autres Cité de l’Espoir pour se rendre à la Fikin. Et même si tout Kinshasa s’y présentait, la ville y a-t-elle prévue des stocks suffisants d’habits et de vivres pour satisfaire la forte demande du moment? S’il y avait dans le chef du gouverneur de la vil­le un réel souci de soulager les Kinois, il aurait été plus juste d’ériger un marché spécial « Noel et Bonana » dans chaque commune.

Une fête au goût amer

Les familles kinoises sont sans le sou ou presque face aux charges contrai­gnantes, en termes de nour­riture et de vêtement, que leur impose la fête de Noël. Pourtant, il y a une année presque, lors de l’investiture du gouvernement Kimbuta , des promesses d’un avenir meilleur leur avaient été faites en matière d’emploi, de santé, de transport en commun, de l’agriculture, de l’artisanat, de la voirie ur­baine, de scolarité, de loisirs sains, de l’environnement, de la sécurité, etc.

A ce jour, des indicateurs visibles du changement qualitatif du ni­veau de vie sont absents. Au lieu d’une Noël devant marquer une nou­velle ère de rupture avec la pauvreté ne serait-ce que dans les domaines de l’ali­mentation et du transport en commun, c’est la descente continue aux enfers. La fête de la nativité est déjà con­juguée au passé par des millions de Kinoises et Ki­nois convaincus d’avoir été, une fois de plus, escroqués par ceux qui devaient gérer leur vécu quotidien. A ceux et  celles qui n’ont rien pour fêter l’enfant Jésus, il ne leur reste qu’une alternative tromper leur cafard avec la musique que diffusent gra­tuitement TV, radios, terras­ses et églises.

(Th)

Kimp./Le Phare

Last edited: 24/12/2007 15:48:17

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