Choléra, Ebola, Malnutrition, Mst etc. font désormais partie des maladies au travers desquelles on veut identifier le Kivu, cette terre qui passe pourtant pour la « Suisse d’Afrique » avec ses collines et vallées verdoyantes, ses parcs naturels magnifiques, ses lacs splendides, bref toute une naturelle accueillante résultant non seulement de son climat tempéré, mais surtout de sa population hospitalière.

C’est ce Kivu-là qui est devenu, par la volonté d’un leadership malveillant, le champ le plus prospère des Ong humanitaires une sorte de laboratoire grandeur nature pour ceux qui croient améliorer les conditions de vie dans le Tiers-monde en se substituant aux Etats rendus délibérément déficitaires. Cas du Congo-Zaïre, singulièrement à partir des années Mobutu.

Pour réaliser la descente aux affaires, prenons cette dépêche de l’Afp du mercredi 19 décembre 2007 mise en ligne à 16 h 56. On apprend que l’Ong française Msf (Médecins Sans Frontières) a lancé un cri d’alarme pour les populations du Nord-Kivu frappées par le choléra et la malnutrition ». Dans son communiqué de la veille, cette organisation relève que « les déplacements  de populations sont incessants et se sont accrus avec l’intensification du conflit armé dans cette province de l’est de la RDC. Signe de l’aggravation de la situation humanitaire, la malnutrition se développe et le choléra se propage dans différentes régions du Nord-Kivu ». L’Ong signale que «  Les personnes déplacées ont souvent dû fuir à plusieurs reprises, depuis plusieurs années, et sont aujourd’hui à bout de force ».

A l’origine de cette tragédie, on s’en doute les affrontements entre groupes armés certes, mais aussi entre les insurgés de Laurent Nkunda que l’on passe pour le défenseur de la communauté tutsi congolaise et les Fardc.

Toutes les dépêches de cette agence finissent par rappeler que le Nord-Kivu compte 800.000 déplacés de guerre.

Dans celle du 19 décembre dernier, elle souligne : « A Rutshuru, MSF fait face, pour la première fois depuis 2005, à une épidémie de choléra, maladie mortelle dans 50% des cas si elle n’est pas traitée. Depuis la mi-­novembre, plus de 1.200 malades ont été traités par MSF dans la région et de nombreux    patients continuent d’arriver. MSF a par ailleurs traité plus de 1.600 malades du choléra depuis le mois de septembre dans la région do Goma. L’ONG souligne que dans les camps de déplacés situés à 15 km à l’ouest de Goma qui abritent plus de 45.000 personnes, les déplacés se plaignent du man- que de nourriture. L’aide humanitaire reste en effet insuffisante dans ces camps, qui sont pourtant aisément accessibles ».

Pour sa part, l’agence onusienne de presse, Irin, livre le même jour une dépêche sous le titre « OUGANDA-RDC : Ebola maîtrisée, craintes de réapparition de l’épidémie en RDC ». On peut y lire cette déclaration d’Emmanuel Otaala, ministre ougandais des soins de santé primaires: « Nous avons demandé à nos agents en poste à Bundibugyo épidémie en Ouganda d’inciter la population à vernir se faire soigner parce que ces maladies se jouent des frontières. « Nous sommes en contact avec les autorités de Kinshasa (la capitale de la RDC) par le biais de l’OMS, et nous avons également contacté notre ministère des Affaires étrangères pour suivre cette affaire par les canaux diplomatiques ».

C’est à croire finalement que rien de bon ne sort du Congo

On soigne et on tue...

Sur ces entrefaites, en dépit des appels au cessez­-le-feu émanant de nombreux partenaires bilatéraux et multilatéraux dont le dernier émane du Département d’Etat et remonte au 20 décembre    2007, les Nkundistes poursuivent leurs offensives, probablement pour faire pression sur le Gouvernement dans la perspective de la Conférence de Goma.

Dans une dépêche Afp du 20 décembre mise en ligne à 17 ; 34 ; 47, il est fait état des combats qui se sont déroulés au Nord-Kivu. « Selon les sources locales, les éléments de Laurent Nkunda auraient attaqué la 6ème brigade des FARDC basée à Bunyari et Ntamugenga ». La dépêche ajoute: « La mission des Nations Unies en RDC précise que les tirs ont cessé avec l’envoi dune force de réaction et que  le calme serait revenu dans ce secteur ».

Toujours de l’Apf, il ressort que l’issue des affrontements entre Fardc/ Nkundistes. Laurent Nkunda a perdu 13 de ses hommes.

Les éléments FARDC ont tué 13 soldats insurgés qui ont attaqué ce matin nos positions à Ntamugenda. Nous les avons repoussés très loin, vers les collines de Bukima », a déclaré le colonel Antoine Mushimba. La Monuc a reconnu que Des combats ont effectivement eu lieu entre 9h00 et 9h30. Informée par les FARDC, la Monuc a immédiatement envoyé une force de réaction rapide qui est sur place ».

Entre-temps, à Minova, il a été enregistré 34 cas de viol. Parmi les victimes un bébé de 7 mois (lire encadré).

Un crime contre l’humanité

Au regard de ce qui précède, on se retrouve devant quelque chose à la fois de choquant et d’ahurissant: pendant que la Communauté internationale alertée par les Ong humanitaires déplore la tragédie humaine qui se déroule au Kivu où les actes des violences sexuelles en rajoutent aux maladies comme le choléra, Ebola, la malnutrition et probablement le paludisme, la typhoïde, la tuberculose etc. Un général démissionnaire, qui s’affiche défenseur de sa communauté tribale, s’enfonce dans la dérive belliqueuse.

Il fonde sa conviction sur la seule logique de ce calcul avalisé par la Communauté internationale « une    majorité pluriethnique qui écrase une minorité ethnotribale égal à génocide ». A terme, il en escompte tout naturellement en « tutsiland ».

Un personnage comme celui-là ne peut pas sortir indemne de la Conférence de Goma, même au nom de la réconciliation provinciale. Car, en empêchant finalement les humanitaires, congolais comme étrangers, de voter au secours des malades du Kivu, il signe-là un crime contre l’Humanité.

Cet homme, on ne cessera de le dire, doit être absolument être neutralisé.

Omer Nsongo die Lema/L’Avenir