Elles étaient seize, toutes vivant avec le virus. Et elles ont, selon leurs propres termes, accepté de se présenter devant le public et de participer à cette élection pour que le monde sache que le sida existe bel et bien, qu’il n’est pas une « invention ».
Une élection, pratiquement insolite, s’est déroulée le dimanche 16 décembre 2007 au Grand Hôtel Kinshasa où des jeunes congolaises se sont exhibées devant un public assez costaud pour se disputer le titre d’ambassadrice pour la lutte contré le VIH/Sida.
Elles étaient seize, toutes vivant avec le virus. Et, elles ont, selon leurs propres termes, accepté de se présenter devant le public et de participer à cette élection pour que le monde sache que le sida existe bel et bien, qu’il n’est pas une « invention » de quiconque voudrait décourager les amoureux mais qu’il réside réellement avec les hommes, à travers les continents.
Ces seize courageuses demoiselles ne se sont pas voilé la face pour accepter leur sort et assumer leur destin. Au contraire, ces braves filles - qui étaient dix-sept au départ - ont fait montre d’un courage extraordinaire pour dire quelles ne pouvaient plus vivre dans la clandestinité en lieu et place de se réinsérer dans la société.
C’est donc à une insertion sociale voulue et acceptée que l’opinion tant nationale qu’internationale a affaire dans cette organisation mijotée par deux « Miss », en l’occurrence mesdemoiselles Christelle et Cathy Lohaka respectivement première dauphine de Miss Kinshasa 2005 et Miss francophone Afrique 2007.
Ces deux ambassadrices de la beauté congolaise se sont fait « apôtres » de la cause des malades incurables, a tel point qu’elles ont imaginé cette trouvaille afin d’aider- d’une façon ou d’une autre- leurs sœurs qui sont soit dans le désespoir, soit dans l’abandon le plus total.
Pour une trouvaille, ça en est vraiment une. Dans la mesure où depuis tout le temps que le sida fait des ravages à travers le monde personne, alors personne, n’a pris l’initiative d’organiser une telle manifestation. Avec des très jolies filles, aux allures de celles qu’exigent les normes de participation à un concours de beauté, les organisatrices de l’élection « Ambassadrice pour la lutte contre le VIH/Sida » ont offert un spectacle inédit à des millions de téléspectateurs des deux rives du fleuve Congo.
En effet, visiblement, les participantes à l’élection ne présentaient aucun signe de maladie, et pourtant! Elles étaient belles dans leur tenue de circonstance, elles brillaient... Elles se sont exhibées comme si elles n’avaient aucun handicap majeur avec elles. Elles ont même innové. Car, contrairement aux traditionnelles élections de ce genre auxquelles l’on assiste, les beautés qui sont montées sur le podium ont dansé... sur des airs de leurs régions d’origine et se sont éloquemment exprime en français et en langues nationales pour disserter un peu sur la maladie dont elles souffrent...
Solange Lokole, l’heureuse élue, fille du Kasaï Oriental, a emballé l’assistance avec un peu de mutuashi...comme Tshiala Muana, la Mamu nationale. Solange et ses quinze amies ont, assurément, ouvert la voie à d’autres sidéennes qui concouront demain pour porter haut l’étendard de la lutte contre le VIH/Sida.
Uhuru
Last edited: 21/12/2007 14:00:09