Digitalcongo.net 3.0

Home
Bonjour | 20/07/2008 7:22 | English Make DC Home page | RSS feed

Actualite RDC

International

Services

NEWSLETTER 'Basango'
CONNEXION Nom d'utilisateur Mot de passe Rappellez-moi | Vous avez oublié votre mot de passe? | Déjŕ inscrit?
Les planteurs de l’entreprise Palmeco à l’Equateur au bord de la révolte avec risque d’extension de l’agitation dans d’autres unités agro-industrielles de la province suite au blocage de la relance de leur société par le ministère de l’Agriculture. Une vive tension est signalée actuellement dans les milieux de la paysannerie de la province de l’Equateur, plus précisément parmi la population à majorité de planteurs à Gosuma, territoire de Kungu, dans le district du Sud-Ubangi, à environ 200 km de Gemena. Les paysans concernés crient haut et fort, en effet, leur révolte à cause du sabotage, croient-ils, par le ministère de l’Agriculture et Développement rural, du programme de relance pourtant bel et bien entamée de l’unité agro-industrielle de leur patelin, la Palmerai du Congo, Palmeco en sigle. Cette entreprise compte avec la Cacaoco et la Caben parmi les anciens projets du ministère de l’Agriculture chargés de la vulgarisation et de la production des cultures pérennes, projets que finançaient jadis le Fonds Européen de Développement (Fed) et la Banque Africaine de Développement (Bad).

Depuis la période coloniale, la province de l’Equateur dotée naturellement d’une luxuriante forêt tropicale a toujours offert le meilleur environnement d’implantation d’entreprises agro-industrielles du genre Palmeco et qui florissaient un peu partout au bonheur de la population autochtone. Les palmeraies et huileries disséminées à travers la province ont même longtemps constitué le fleuron de ce secteur agro-industriel au Congo. Hélas, les belles choses n’étant pas éternelles, et par négligence et incurie de mauvaise gestion après le départ des entrepreneurs coloniaux, il y a eu le revers de la médaille avec la débâcle de la plupart de ces palmeraies et huileries. C’est bien plus tard à la moitié de la décennie 1990 que fut remis sur le tapis le programme de leur relance.

La Palmeco a bénéficié dans ce contexte du Programme minimum d’urgence de relance (Pmur) initié par le ministère de l’Agriculture. Il était envisagé de ressusciter les activités de la palmeraie et de l’huilerie en redonnant du travail aux planteurs et coupeurs de noix de Gosuma et ses environs. L’unité agro-industrielle reprit de l’élan et fructifiait déjà bien, n’eût été le frein causé par les événements politico-militaires survenus au pays depuis la fin de la décennie 1990. Plusieurs programmes de relance des activités de Palmeco furent tentés par la suite sous l’impulsion du même ministère, mais une seule avait abouti, sans pour autant apporter les résultats escomptés. C’est dans ce cadre que fut opérée en 2004, en effet, la cession de la gestion de Palmeco à un privé, un homme d’affaires de la province, de surcroît fils de planteur de Gosuma, en l’occurrence M. Gilbert Balia. Cette session n’avait malheureusement pas apporté la relance espérée. La Palmeco fut à nouveau abandonnée à son triste sort, ce qui ne fit qu’exaspérer les planteurs.

Relance consignée dans un judicieux protocole d’accord

Face aux réclamations des paysans, le ministère proposa encore et transféra la gestion de l’entreprise cette fois à une Ong locale, l’Association pour la solidarité et le développement, Asodev en sigle, que dirige le prêtre Abbé Oswald Bagaza Bala dont l’expérience en actions de développement a acquis un prestige incontestable à l’Equateur avec des partenariats réussis auprès des agences du système des Nations Unies notamment. Un protocole d’accord fut signé à cet effet le 5 décembre 2006 entre le ministère de l’Agriculture, Pêche et Elevage représenté par le titulaire d’alors, M. Romain Nimy Tembo, d’une part, et l’Ong Asodev représenté par son administrateur directeur, l’Abbé Oswald Bagaza Bala, d’autre part. Dans le dit accord les deux parties convenaient de « redynamiser les activités de production de la Palmeco en vue d’améliorer qualitativement et quantitativement la production d’huile de palme de cette unité ».

Le ministère s’engageait d’apporter l’appui technique par la mise à la disposition de la Palmeraie d’une expertise qualifiée. Le Groupe devait utiliser les infrastructures immobilières et mobilières existantes. Pour sa part, l’Ong Asodev se devait d’apporter les moyens financiers nécessaires, les matériels agricoles, le charroi automobile et équipements industriels en vue de la production et de l’évacuation d’huile de palme. Il était stipulé dans l’accord que, « pendant la durée du contrat concerné, la gestion de la Palmeraie allait totalement être assurée par l’Asodev ».

C’est fort des clauses de cet accord que l’administrateur directeur de l’Asodev en la personne de l’Abbé Bagaza s’est mis à l’œuvre en relançant les activités de coupe des régimes de noix palmistes et de l’extraction de l’huile de palme tout en assumant la gestion de la Palmeco sur base d’un programme minimum conformément à un budget voté à cet effet et demeuré d’application jusqu’à ce jour. Dès la date du 6 juin 2007, au lendemain de l’avènement à la tête du ministère de l’Agriculture, Pêche et Elevage, du ministre d’Etat Nzanga Mobutu, celui-ci mandatera à Gosuma un émissaire en la personne de l’Ingénieur Mutombo, pour aller procéder à la remise-reprise et accompagner Asodev dans le démarrage de la gestion de Palmeco.

La mission à l’Equateur du mandataire du ministère a été entièrement couverte par l’Asodev qui concrétisait sa prise effective de la gestion de l’entreprise avec engagement sur plusieurs fronts, notamment : la mise en place de l’organigramme de gestion conformément au budget arrêté dès janvier 2007. Pour ce faire, les activités de l’entreprise furent lancées tant au bureau de la direction générale à Kinshasa qu’à celui de liaison à Gemena, chef-lieu du district du Sud-Ubangi, avec engagement des frais de fonctionnement y afférents, envoi des fournitures de bureau et autre matériels et consommables déjà utilisés à Gosuma, le siège d’exploitation de Palmeco, location d’un gros véhicule et d’un tracteur sur premier contrat de six mois pour le transport des régimes de palme, le recrutement, l’engagement et la rémunération du personnel de direction, d’appoint et technique, et cela dès mars 2007.

L’Asodev poursuivit sa campagne de promotion de l’entreprise en entrant en pourparlers aux perspectives alléchantes avec des institutions de financement du pays ainsi qu’auprès des partenaires extérieurs. Au pays les contacts furent engagés avec le Fonds de promotion industrielle (FPI) qui s’est disposé à accéder à la demande jugée éligible d’un crédit de 150.000 dollars U.S. pour financer le démarrage des activités de Palmeco. S’agissant du front extérieur, les contacts furent pris avec des milieux d’affaires chinois qui ont bien marqué leur intérêt pour le dossier jusqu’à inviter le numéro 1 de l’Asodev à effectuer aux mois de juillet et août 2007 une mission en Chine afin d’examiner la faisabilité du financement sollicité.

Les partenaires chinois basés à Macao (ancienne possession portugaise) et dotés de l’expertise industrielle appropriée dans l’exploitation d’huile de palme ont nettement manifesté des dispositions prometteuses à investir dans la relance de Palmeco de gros capitaux de l’ordre de centaine de millions de dollars dépassant de loin le montant proposé. L’Abbé Bagaza sera amené à suppléer des projets connexes du domaine social, tel celui du financement de la construction à Kinshasa de la Cité de la Paix Cardinal Etsou en faveur des sinistrés des catastrophes divers, cela pour un coût estimé à 452.083.770,24 dollars américains !

Malheureuse et scandaleuse volte-face !

Il y a plus que cela : le numéro 1 de l’Asodev a convaincu les partenaires chinois de financer aussi une pêcherie industrielle pour environ 3 millions de dollars, ainsi que la relance du Senasem Bili pour un coût de 2 millions de dollars. La mission en Chine de l’administrateur directeur de l’Asodev a été réciproquée par celle d’une délégation des partenaires chinois. Ceux-ci devaient être reçus par le ministre d’Etat à l’Agriculture pour obtenir la couverture de la garantie du gouvernement congolais dans la finalisation des investissements programmés. Malheureusement le ministre d’Etat Nzanga Mobutu ne recevra jamais cette délégation chinoise repartie dans la déception.

Si la partie gouvernementale avait rempli les prérogatives qui sont les siennes, l’implication qui a suscité tant d’espoirs de l’Ong Asodev dans la relance de l’entreprise Palmeco et autres projets juteux à l’Equateur aurait déjà fait avancer le processus de reprise des activités de la société. Les travailleurs et autres planteurs de Gosuma ont béni l’efficace activisme du n°1 de l’Ong Asodev, en y entrevoyant une chance de sortie de leurs conditions sociales de misère dans lesquelles ils croupissent.

Naturellement la concrétisation de ces initiatives et programmes de relance reste conditionnée par l’appui effectif du gouvernement, suivant son engagement dans le protocole d’accord conclu avec l’Asodev. Or voilà que, contre toute attente, une malheureuse volte-face est venue de l’autorité ministérielle elle-même ! Le ministère d’Etat en charge de l’Agriculture et Développement rural a subitement fait interrompre, en effet, la mission de son émissaire, l’ingénieur Mutombo, qui devait procéder à la remise-reprise entre l’ancien gestionnaire de Palmeco, M. Balia Gilbert et les responsables de l’Asodev.

Aucune explication n’a été donnée à la brusque injonction de suspension de la mission devant faire effectuer la remise-reprise, d’autant que cette suspension a été signifiée par le Secrétaire général du ministère sur simple message phonique. La surprise et l’étonnement étaient au comble pour les responsables de l’Asodev de même que pour les travailleurs de Palmeco et autres planteurs ne comprenant pas qu’une instruction d’un Secrétaire général du ministère contrevienne à un ordre de mission édictée par la tutelle ministérielle.

Toutes les démarches entreprises par l’Abbé Bagaza auprès du ministre d’Etat pour lever l’équivoque et remettre les choses à l’ordre n’ont pas abouti. L’autorité contactée a préféré camper dans un silence incompréhensible, sinon attestant une volonté tacite de compromettre carrément la relance de Palmeco, alors même que les premiers engagements financiers effectués par Asodev peuvent faire encourir à l’Etat des dommages importants dans la situation du retournement déploré des clauses du protocole d’accord liant la partie gouvernementale à l’Ong concernée.

La confusion autour de cette remise en question de tout le programme de relance de Palmeco a provoqué la colère des planteurs qui ont rédigé une fulgurante pétition dénonçant aussi bien l’attitude indécise de l’autorité ministérielle que la tentative de reprise de l’unité agro-industrielle par l’ancien gestionnaire Balia aperçu à Gosuma. Alors même que vient d’être dénoncée la gabegie de la gestion de ce dernier qui aurait plus exploité l’entreprise à son simple profit qu’à celui des travailleurs.

Une sulfureuse pétition rédigée par les concernés vient d’être adressée aux autorités à tous les niveaux, provincial et national pour annoncer la révolte des planteurs de Gosuma face à la situation que l’on voulait créer. Après avoir étalé de lourds griefs sur l’exploitation subie sous l’administration de l’ancien gestionnaire Gilbert Balia, les pétitionnaires ne se sont pas contentés de menacer, ils ont brandi la casse de tout, ce qui a été à la base des arrestations dans leurs rangs. La situation dégénérait en soulèvement social de grande envergure.

Menaces d’imprévisibles explosions

L’agitation apparaît si dangereuse à ce jour encore, selon ce que les voyageurs en provenance du Sud-Ubangi en rapportent, qu’il urge de calmer l’explosion imminente risquant de faire tâche d’huile dans toute la province. Il y a à la base de cette révolte encore sourde la scandaleuse négligence avérée dans le traitement des dossiers de relance d’entreprises sur lesquelles compte pour sa survie une population se considérant abandonnée de l’Equateur. L’opinion générale dans le Sud-Ubangi n’arrive plus à comprendre que le ministre d’Etat sabote l’intérêt et la juste préoccupation de la population de Gosuma de jouir des bienfaits d’une entreprise relancée de son patelin.

Aux dernières nouvelles, on a appris qu’un message phonie – encore – cette fois d’un conseiller administratif du ministre d’Etat, message transmis avec empressement le 13 décembre dernier, instruit diligence les autorités administratives de district, territoire et secteur, de stopper les arrestations opérées pour permettre aux travailleurs la reprise du travail. Il est même précisé que l’ancien gestionnaire Bolia n’avait jamais été envoyé par le ministre d’Etat à l’Agriculture et Développement rural pour reprendre la gestion de la Palmeco. Au lieu d’aller au bout de la logique pour clarifier une fois pour toutes la situation autour de cette gestion controversée, le message phonique s’est limité à indiquer que des instructions définitives allaient suivre incessamment. La situation en est là, équivoque et toujours aussi menaçante d’imprévisibles explosions.

Entre-temps les milieux politiques de la province, notamment le groupe parlementaire de l’Equateur, tout comme les services spéciaux sont alertés. S’ils tardent à trouver l’apaisement qui s’impose, surtout pour satisfaire l’attente de la population, tout peut arriver. D’autant que non seulement les planteurs de Gosuma sont concernés, mais la grande opinion de toute la province qui se montre solidaire. Parce que, se dit-on à l’Equateur à propos de l’affaire qui prend des proportions inquiétantes, ce qui arrive à Palmeco concerne aussi beaucoup d’entreprises du genre laissés dans l’abandon avec conséquences d’avoir accentué la misère de la population paysanne de la province.

Daniel Nzuzi/MMC

Last edited: 18/12/2007 15:50:45

Avenue Kabasele Tshiamala No 21 (Ex. Avenue Flambeau No 4)
Kinshasa/Gombe, RD Congo
E-mail: lettres@digitalcongo.net, relapub@digitalcongo.net
Tel.: +2438941010; Fax.:+1 801 665 1067