Un taximan agressé et dépouillé de sa recette
Kinshasa, 15/12/2007 / Société
C’était la nuit de dimanche à lundi qu’un taximan se vue dépouiller par trois clients, suite à un mal entendu entre le chauffeur et ses clients. L’un d’eux en a profité pour s’emparer de la recette qui se trouvait dans la poche de son survêtement.
C’était dans la nuit de dimanche à lundi. Le taxi avait pris à son bord trois clients et une jeune femme depuis le Boulevard du 30 juin au croisement de l’avenue de la Démocratie (ex-Huileries) à proximité de la Régideso.
Le point de chute du parcours devait être le rond-point de la même avenue. Arrivé au niveau du marché Lufungula, à la hauteur de la rue Itaga, la jeune femme descendit. Un autre client qui attendait un taxi prit sa place. Il restait à présent de faire le dernier parcours. Il allait bientôt être 5h du matin.
Au niveau de l’église protestante, entre les rues Kigoma et Isangi, un client à l’arrière manifesta le désir de descendre. Le temps que le chauffeur ralentisse, l’autre client qui était assis à l’avant demanda brusquement le coût du parcours. Il lui fut répondu « 200 Fc ». « Pas question », intervint l’autre client. Et celui-ci d’ajouter : « d’ailleurs, moi je n’ai que 150 Fc ». Le ton monta vite et une altercation s’ensuivit. Le chauffeur ne comprenait plus ce qui lui arrivait. Il se lança seul contre trois dans une discussion dont le ton ne cessait de monter. Fatigué d’entendre ses interlocuteurs, il leur intima l’ordre de descendre de sa voiture.
A cela, les faux clients comme un seul homme, lui répliquèrent qu’ils n’avaient aucun ordre à recevoir de lui et surtout qu’ils n’étaient pas sa femme. Des injures achevèrent de mettre le feu aux poudres et très vite ce fut la bagarre. Le chauffeur se défendant à qui mieux mieux contre ces trois gaillards qui ne formaient plus qu’un bloc. Des coups pleuvaient de partout. Le chauffeur se défendait avec l’énergie du désespoir.
Personne dans le voisinage ne vint s’interposer. A un moment donné, un des clients profita du fait qu’un des bandits retenait les bras du chauffeur derrière le dos, pour s’emparer de la recette qui se trouvait dans la poche de son survêtement. Il empocha le tout et déguerpit à toutes jambes.
Le chauffeur cria : « Mon argent ! Mon argent ! Au voleur ! ». Alors qu’il tentait de s’arracher de la prise de son agresseur, ce dernier sortit son couteau et le piqua à la jambe. Du sang gicla et le taximan dans une dernière tentative se mit en boule et faucha la jambe de son bourreau. C’est le moment que les deux autres bandits saisirent pour prendre le large, à la suite du premier qui avait déjà traversé l’Avenue des Huileries et rejoint l’autre rive.
A peine, quelques femmes revenant des boulangeries ameutées par les cris se rapprochèrent du taxi. Le chauffeur saignait légèrement à la jambe, le couteau n’ayant pas fait une entaille profonde. Les vêtements tout barbouillés de boue et de sang, il fit un effort pour reprendre contrôle de la situation. Il mit la clef de contact et redémarra pour se précipiter à son domicile où tout le monde était abasourdi d’entendre son récit. L’infortuné est un natif de la commune de Lingwala. C’est depuis plusieurs années qu’il exerce nuitamment ce métier sans enregistrer la moindre agression sur son parcours.
(Yes)
Bolenge Ngbanzo/L’Avenir
Last edited: 15/12/2007 14:22:25