La guerre du Nord-Kivu se poursuit, mais la situation est toujours sous contrôle, selon l’Etat-major des FARDC.

De nouveaux affrontements ont été signalés mercredi soir entre l’armée régulière et les insurgés fidèles au général déchu Laurent Nkunda à Katale, à 12 km de Masisi-Centre. Une vive panique a été observée dans la matinée du jeudi dans cette localité après l’arrivée à Masisi-Centre d’un nombre important des militaires FARDC en provenance de Katale, où des échanges des tirs ont eu lieu la nuit avec les insurgés.
Le porte-parole militaire de la Mission de Nations Unies au Congo (Monuc), le major Prem Tiwari, a confirmé que les soldats loyalistes ont quitté leurs positions de Katale et se sont dirigés vers Masisi (à 60 km de Goma). « A ma connaissance, je ne sais pas si Katale est occupé par les troupes fidèles à Nkunda », a-t-il fait observer, ajoutant que dans la nuit du mercredi à jeudi, de fortes explosions ont été entendues à Katale. Les habitants de Masisi ont confié à l’AFP que les soldats FARDC ont fait sauter plusieurs munitions et l’armement lourd qu’ils ne pouvaient pas transporter lors du repli stratégique vers Masisi.
La confusion qui règne actuellement à Katale a amené plusieurs habitants de Masisi-centre à se déplacer pour trouver refuge dans les villages de Lwashi, Bugabo et Kaanja, à plus de 10 km du chef-lieu du territoire.
FARDC : la situation est toujours sous contrôle
Le ministre de la Défense nationale et Anciens combattants, Chikez Diemu, et le chef d’Etat-major général des Fardc, le général Dieudonné Kayembe, sont arrivés mercredi à Goma. Le porte-parole de la délégation, le général Kitenge, a confié à la presse que la situation sur terrain a été stabilisée et tous les soldats FARDC qui ont combattu à Mushake ont regagné leurs unités. Il a indiqué que la sécurité de Sake, Goma et Rutshuru est bien assurée.
Au sujet de la situation à Katale, le général Dieudonné Kayembe a appelé la population de Masisi au calme. Selon le patron des FARDC, la situation dans ce secteur est sous contrôle. La population n’a aucune raison de paniquer, ni de se déplacer. Elle doit plutôt vaquer à ses occupations. « Il n’y a pas d’ennemi à Katale, nous ne sommes pas nécessairement dans la localité de Katale mais il faut se trouver sur les hauteurs qui dominent Katale », a-t-il déclaré.
Sultani Makenga signalé à Rutshuru

Il faut signaler que la 2ème brigade des Forces armées de la RDC et les fidèles de Nkunda commandés par « le colonel » Sultani Makenga se sont tirés dessus sur les hauteurs de Gungu. Le porte-parole de la Mission de Nations Unies à Goma, Prem Tiwari, a expliqué que les accrochages sont régulièrement signalés dans ce secteur du territoire de Rutshuru, même si les Fardc ni les insurgés n’ont mené d’offensive dans la zone ces derniers jours.
Il faut rappeler que depuis lundi, une semaine seulement après le lancement de l’offensive de grande envergure des FARDC contre les hommes de Nkunda, ces derniers ont récupéré toutes les positions qu’ils occupaient à la fin août au début des affrontements.
Ban Ki-Moon brise le silence
Depuis Bali en Indonésie où il participe à la conférence internationale sur le rechauffement climatique, le secrétaire général de Nations Unies, Ban Ki-Moon, s’est dit inquiet face aux combats qui sévissent au Nord Kivu. Il est troublé par les déplacements importants et le mauvais traitement de la population.
Ban Ki-Moon appelle les partisans de Nkunda à déposer les armes tout en notant que la Monuc appuie les FARDC dans le rétablissement de l’autorité de l’Etat et dans l’exécution des engagements pris dans l’accord de Nairobi.
La disette aux portes de Goma
Le conflit armé dans cette partie du pays a un impact négatif sur l’activité économique au Nord-Kivu. A Goma, les dépôts des produits vivriers ne savent plus comment se ravitailler en denrées de première nécessité. Il n’y a plus des stocks de haricots. C’est l’instabilité dans le Masisi et à Rutshuru qui est à la base de cette situation.
La ville de Bukavu habituée à s’approvisionner en produits qui proviennent de Goma est également en difficulté. Le vœu de tous est que cette situation cesse, car le peuple du Nord et Sud Kivu n’en peut plus. Espérons que le gouvernement Gizenga entendra ce cri de détresse.
J-Alain Kabongo/Le Phare
Last edited: 14/12/2007 13:16:27