Pertinentes et édifiantes confidences du député national PPRD/Katanga Richard Muyej sur le discours anniversaire de l’an 1 du président Joseph Kabila présenté comme le visionnaire juste pour l’avenir de la RDC.

Le député national Richard Muyej Mangeze Mans, président du comité fédéral du Parti du Peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) pour la province du Katanga, a accordé une édifiante interview au quotidien Le Potentiel pour commenter le message présidentiel du 1er anniversaire de l’investiture du Président élu au suffrage universel Joseph Kabila. Dans les confidences appréciant ce message du Chef de l’Etat, le leader katangais considère avec pertinence que, a-t-il notamment déclaré : « Le président de la République rassure et prouve qu’il a une bonne vision pour l’avenir de la RDC ». Voici ci-après le texte de l’interview en question.
6 décembre 2006 – 6 décembre 2007 : un an déjà depuis l’investiture de Joseph Kabila. Là où l’AMP présente un bilan positif, l’Opposition et une partie de l’opinion parlent par contre d’un bilan mitigé et fort critiqué. Un point de vue objectif de votre part, M. Muyej ?
Il n’y a pas meilleure réponse que celle donnée par le chef de l’Etat lui-même dans son discours, désormais historique : « Un an c’est à la fois peu et beaucoup... ». Ses explications ont été suffisamment claires. Beaucoup, c’est par rapport à son mandat constitutionnel de 5 ans ; un an vient de s’écouler, il n’en reste que quatre : le temps semble courir. Peu, c’est par rapport à l’état de destruction du pays mais aussi la crise de mentalité.
Détruire c’est aisé, notre pays a été détruit en plus de trois décennies pillages systématiques et paupérisation de notre peuple. Construire ou reconstruire est une dure épreuve qui exige du temps, des hommes complètement renouvelés, des ressources et une certaine organisation. Tout esprit lucide est conscient de l’état de désastre dans lequel les Kabila ont trouvé ce pays ; il est donc insensé d’exiger au chef de l’Etat de reconstruire ce pays continent en douze mois.
Il fallait mettre fin à la guerre, réunifier le pays, rétablir l’autorité de l’Etat partout, réconcilier le peuple congolais avec lui-même, organiser les élections, relancer le Congo sur l’échiquier international, crédibiliser le gouvernement, s’accorder sur le schéma d’accès au financement, secouer la conscience du congolais pour parfaire son profil et l’engager dans la lutte pour son propre épanouissement, déterminer le peuple et le mobiliser pour la reconstruction de son pays et la lutte contre la pauvreté. Quel cheminement logique! Kabila rassure et prouve qu’il a une bonne vision pour l’avenir de ce pays.
De grands travaux ont été annoncés sans qu’on ait vu grand-chose sur le terrain. Va-t-on continuer avec des promesses non tenues qui ne s’arrêtent qu’aux effets d’annonce ?
Le temps de la manne est déjà révolu ; il faut travailler et réunir les moyens susceptibles d’aider à réaliser différents programmes. L’annonce des grands travaux relève de la transparence inhérente à la démocratie moderne. Personne ne peut douter aujourd’hui des efforts remarquables et des négociations ardues menées avec les institutions financières de la République populaire de Chine et de l’Occident; l’information est régulière donnée et l’aboutissement heureux de toutes ces démarches est certain. Il faut désormais un minimum de bonne foi et de patience. Les deux prochaines années sont décisives.
Pour beaucoup d’observateurs, le dernier remaniement semble avoir eu un goût d’inachevé. Que dites-vous par rapport à cette assertion et aux frustrations qui auraient surgi au sein de l’AMP ?
L’opinion était informée que le remaniement porterait sur la réduction du nombre des membres de l’Equipe et sa réorganisation en commissions spécialisées ; il ne devrait donc pas y avoir des surprises. L’objectif étant de rendre l’équipe efficace et aisée sa coordination.
Que répondez-vous à ceux qui disent que « le vrai remaniement est celui qui porte sur la locomotive, à savoir le premier ministre ». Votre commentaire à ce sujet ?
La réponse précédente devrait rejoindre cette préoccupation l’organisation en commissions et la responsabilisation de deux ministres d’Etat devrait apporter un nouveau souffle à la coordination de l’équipe gouvernementale, laquelle a encore besoin de la sagesse du patriarche Antoine Gizenga.
Après une année au cours de laquelle la population a attendu les retombées de la part de l’Exécutif national, pensez-vous que le discours du chef de l’Etat le 6 décembre 2007, où il a fait l’état de la Nation, va permettre effectivement au pays de décoller et de prendre un nouveau départ ?
Sauf mauvaise foi, le dernier discours du chef de l’Etat, non seulement il rassure, il est aussi porteur d’espoir, mais il faut y croire. « Il est aussi un devoir patriotique que d’accéder à cette disposition psychologique. C’est cela aussi le début du changement des mentalités : prendre des distances vis-à-vis du sentiment défaitiste.
Parlons du budget pour l’exercice 2008 dont les prévisions ont été déposées la semaine dernière par le gouvernement devant l’Assemblée nationale. Ce budget vous donne-t-il des raisons d’espérer pendant qu’on le qualifie « d’anti-social » on n’est pas du tout « pro pauvre »?

Le débat se poursuit encore au niveau de la commission économico-financière de l’Assemblée nationale et devra se poursuivre en plénière pour son adoption avant de l’envoyer au Sénat. Vous comprendrez que ce projet de budget 2008 a encore des étapes à franchir, il est donc malaisé à un député de lui coller un quelconque qualificatif. Ce qui est vrai est qu’on ne peut faire que la politique de ses moyens.
Les provinces, pour une bonne partie d’entre elles estiment que la Constitution a été une fois de plus violée dans la répartition des dépenses dans le budget. Le gouvernement a fait appel au critère de poids démographique et a pris à son compte toutes les recettes pétrolières foulant aux pieds le principe de retenue de 40% à la source des recettes à caractère national. Qu’en dites-vous ?
Le cri des provinces nous est parvenu et de manière sensible, il est pris en compte dans différentes discussions et le moment venu toute la lumière sera faite sur la situation budgétaire.
Peut-on considérer qu’une nouvelle ère va s’ouvrir pour les entreprises publiques qui forment le Portefeuille de l’Etat? Les quatre nouvelles lois sur la réforme du Portefeuille de l’Etat vous inspirent-elles confiance pour l’avenir de ces entreprises ?
Toutes ces réformes ont été faites pour renforcer la capacité des entreprises publiques à soutenir l’effort de redressement de notre pays. Et considérant le manque de résultat probant qui a longtemps caractérisé ces entreprises du Portefeuille de l’Etat, il était important d’adhérer à ce schéma d’ouverture qui leur permette de se restructurer et d’accéder aux nouveaux capitaux pour améliorer leurs performances. C’est donc une démarche courageuse et nécessaire.
Qu’attendez-vous alors de prochaines nominations des mandataires publics ?
Je suppose que les différents tests auxquels les différents mandataires ont été soumis déboucheront sur le choix des profits qui s’adaptent aux nouvelles exigences liées au nouveau modèle de gestion ce qui permettra de marquer la rupture avec l’ancien système.
Comment l’AMP prépare-t-elle les prochaines élections municipales et locales? En rangs serrés ou dans un climat pas du tout serein après le dernier remaniement du gouvernement ?
Il n’y a aucune raison de dévoiler les stratégies affûtées par la Direction de l’AMP pour s’imposer aux prochaines élections municipales et locales. Dispersion et frustrations cèdent progressivement la place au nouveau contrat de confiance qui rassemble et qui invite tous les membres de l’AMP à regarder dans la même direction sous l’aura de Joseph Kabila, président de la République. A l’AMP nous comprenons très bien l’importance de gagner les élections à ce niveau.
Quelles ambitions nourrissez-vous pour votre avenir politique ?
Je suis bien à l’aise dans ma peau de député national pour la première législature de la troisième République, mais je dirai oui à tout ce qui me permettra de servir davantage mon pays.
M. Lut. et M.M./Le Potentiel
Last edited: 10/12/2007 16:33:39