Le journaliste congolais exerce son métier dans des conditions de précarité mais qui ne l'empęchent pas d'aimer sa profession et de continuer ŕ la pratiquer.
« Le phénomčne de « coupage » dans la presse congolaise, esquisse d'une problématique générale ». C'est le thčme du mémoire soutenu par le chef des travaux, M. Mukeni Lapess, en vue d'obtenir son diplôme d'études supérieures (DES) en Sciences de l'information et de la communication, ŕ l'Ifasic.
En sa qualité de journaliste mais également de formateur et de chercheur, M Mukeni, ŕ travers ce travail qui a sanctionné la fin de son programme de diplôme d'études en sciences de l'information et de la communication, a ambitionné la reconfiguration de l'espace médiatique congolais.
Au fait, le représentant de l'agence Panafricaine (Pana) en Rdc a constaté deux faits pour mener son étude sur le phénomčne « coupage » dans la presse congolaise.
D'abord, le journaliste congolais, tel est le constat de M. Mukeni, exerce son métier dans des conditions de précarité mais qui ne l'empęchent pas d'aimer sa profession et de continuer ŕ la pratique. Ensuite, ce męme journaliste doit faire face aux exigences de la vie en société qui nécessitent toujours plus de moyens matériels et financiers.
A en croire le chef des travaux et directeur de la Pana en RDC, le phénomčne de « coupage » est ŕ la presse congolaise ce qu'est l'écorce ŕ l'arbre.
« Voilŕ plus de trois décennies qu'il colle ŕ elle au point de devenir la seconde nature de ce microcosme social présenté par la corporation des professionnels des médias congolais « , a-t-il soutenu.
Dans ce travail, M. Mukeni a aussi relevé que la misčre dans laquelle évoluent les journalistes est souvent ŕ l'origine de manquement ŕ la déontologie. « Dans ces conditions, la majorité des professionnels des médias privés sont exposés ŕ une insécurité chronique, autant que leurs collčgues de médias d'Etat qui font réellement figure des parents pauvres voir de mendiants », a-t-il conclu dans son travail.
M. Mukeni a bien précisé que le « coupage » empoisonne les milieux de la presse congolaise et caractérise l'état d'esprit mercantiliste du professionnel des médias.
Il a aussi accentué au niveau des journalistes communément appelés « quados » (journalistes formés dans le tas et qui n'ont pas fait des études classiques de journalisme). Selon le chef des travaux, ces « quados » ont commencé par des métiers connexes au journalisme (photographes, distributeurs de journaux) avant de se retrouver dans la profession.
M. Mukeni ne s'est pas gęné pour nous expliquer ce que c'est la pratique de « coupage ». « Elle consiste ŕ bénéficier des faveurs, en espčces sonnantes ou en avantages divers fournis par des tiers, pour récompenser, encourager ou dissuader la publication ou la diffusion d'une information, en rapport direct ou indirect avec les activités ou les intéręts des donateurs ».
Vers la fin de son travail, il a expliqué que cette pratique est acceptée par les uns et méprisée ou soit dénoncée par les autres. « Cette pratique de « coupage » est attestée par la corporation médiatique et les parrains. De ce fait elle s'est finalement commuée en pratique professionnelle acceptée comme étant un comportement normal par certains membres tant de la profession des journalistes que de groupes des parrains ».
Par ailleurs, cette pratique est dénoncée par d'autres comme une pratique qui ne sied pas ŕ une presse libre, digne et responsable. A l'issue de sa soutenance publique, M. Mukeni Lapess a obtenu la mention « grande distinction ».
Last edited: 07/05/2006 00:09:05