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Revue de presse de lundi 10 décembre 2007

Kinshasa, 10/12/2007 / Politique
Cinq jours après le discours sur l’état de la nation prononcé par le Président Joseph Kabila à l’occasion du premier anniversaire de son investiture en tant que premier Président de la première législature de la Troisième République, l’édition nationale du SOFT INTERNATIONAL revient avec fracas et un grand. Discernement empreint d’une grande lucidité d’esprit sur « les non-dits  du Président » contenus dans son allocution de circonstance.

Dans une analyse faite au laser, l’auteur de l’article, qui n’est autre que le Professeur Tryphon Kin-Kie Mulumba, député de son état et par-dessus tout patron de ce journal dont la réputation se passe de tout commentaire béat,  ausculte le message présidentiel, le soumet à la critique d’ une raison discursive si subtile et tellement implacable et objective qu’il en a conclu, sur la foi de ses plus intimes convictions, que « Son discours sur l’état de la nation a été sur toute la ligne un discours de rassemblement. Il a battu le rappel des troupes ».

Il précise, toujours sur la foi de ses convictions : « De toutes les troupes de l’espace Nation  aussi bien de l’intérieur que de sa dispora. C’est un très grand discours de Sarkozy nouveau du lendemain de la Présidentielle française ». Faisant honneur à ses mérites intellectuels, il poursuit : « Cela faisait longtemps que l’ex-Zaïre n’avait plus entendu un tel discours apaisant et exaltant les valeurs nationales ».

Et son raisonnement discursif le pousse enfin à poser la question qui intitule son article : »Mais qu’a voulu dire le Président » ? Et de s’empresser de répondre, au détour au décryptage du discours présidentiel : « la décrispation et l’ouverture ».

Après le survol de tous les commentaires qui ont accueilli le discours du 6 décembre, celui de KKM est celui qui vient de trancher. Par sa pénétration du sujet. Et aussi, par la restitution objective qu’il en fait auprès de l’intelligentsia.

On doit lui en savoir gré.

Le dévoilement du « secret » de l’accord entre la Chine et la RDC; les  combats entre les FARDC et les insurgés de Nkunda à l’Est de la RDC; les révélations sur ce qu’il est convenu d’appeler « le piège de Lisbonne » en marge du Sommet Europe-Afrique tenu dans la capitale portugaise sont les sujets qui garnissent la une des principaux journaux parus ce matin à Kinshasa.

LE PHARE fait une révélation inattendue de ce qu’il dit être « la question du jour », c’est-à-dire, celle qui fait l’actualité depuis quelques mois à savoir, l’accord de partenariat passé entre Kinshasa et Beijing, que d’aucuns reprochent de manquer de visibilité.

Ce lundi matin 10 décembre, à la une de son édition du jour, LE PHARE titre : « La question du jour : Chine-RDC : le grand secret ».

Sous ce titre, ce quotidien décortique le contenu du fameux contrat qui fait couler tant d’encre et de salives tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, particulièrement dans les pays de l’Union Européenne.

Pour ce journal, l’opacité qui a entouré la conclusion de ce contrat est désormais percée, et ce grâce à deux confrères européens, l’un belge - en cette précise occurrence LA LIBRE Belgique - , et l’autre, le journal français intitulé LA CROIX.

En effet, selon LE PHARE, c’est grâce à l’obligeance des deux organes de presse précités qui « se sont faits l’écho, dans leur dernière édition, du contrat liant la RDC à la Chine » que l’on va enfin accéder au contenu dudit contrat.

Que peut-on lire dans ce document qui a fait trembler le monde occidental ? Rien de terriblement mystérieux qui puisse vraiment causer des insomnies au plus farouches  opposants à ce contrat, sinon : la transparence dans les résultats d’exploitation ; la confirmation de la construction de 5.000 logements, de 32 hôpitaux et 145 centres de santé ; les précisions sur le fait que, par cet accord, « Exim Bank of China » accepte de financer la réalisation d’une série d’infrastructures en RDC ; que ces travaux seront exécutés par des entreprises chinoises en partenariat avec des sociétés congolaises ; que les crédits consentis pour ces différentes réalisations pourraient grimper jusqu’à 11 milliards, et ce en contrepartie de l’exploitation des ressources naturelles du Congo pendant 30 ans ; et qu’enfin - la précision est d’importance - : agissant comme elle vient de le faire, la RDC s’est servie de l’exemple de l’Angola qui s’est tourné vers ce genre de partenariat avec la Chine pour financer la construction de ses infrastructures. Or l’Angola, note le journal, est ce voisin de la RDC qui proclame l’ambition « de jouer un rôle de premier plan en Afrique » !

A tout considérer, le dévoilement du contenu de l’Accord entre la RDC et la Chine par LE PHARE fait tomber bien de préjugés dans les esprits, surtout dans ceux de tous ceux qui n’en pensaient  que du mal, et qui prétendaient que cet accord est plus profitable à la Chine qu’à la RDC.

Il est désormais clairement entendu que la RDC n’a pas bradé  ses principales ressources, n’en déplaise aux plus sceptiques.

UHURU n’en pense pas autrement en se penchant lui aussi sur le contenu du faramineux accord du partenariat sino-congolais en l’assortissant d’un commentaire qui efface toutes les suspicions malveillantes dont on l’affublé.

Pour ce journal en effet, « Après la vive controverse longtemps entretenue sur fond de querelles politiciennes autour du partenariat conclu par la RDC avec la Chine, l’heure est à présent à l’accalmie, les uns et les autres s’étant ravisés  sur leurs convictions initiales. Parce qu’un nouvel éclairci est venu en effet, illuminer les esprits, même les plus sceptiques, pour favoriser une meilleure perception d’un partenariat économique qui ne vise que le bien-être des Congolais ».

« Des Européens » ont-ils profité de l’occasion de la tenue du sommet Europe-Afrique, à Lisbonne, pour tendre un piège à Joseph Kabila, pour plaider la cause du sénateur exilé Jean-Pierre Bemba ?

LE PALMARES le dit dans sa manchette du jour en affirmant même que le « facilitateur patenté » de cette ambassade est le zélé commissaire européen chargé de l’Aide au développement et de la Coopération, le Belge Louis Michel.

Selon ce quotidien, qui démonte les mécanismes du piège qui a été tendu à Joseph Kabila en marge de ce sommet  qui vient de se terminer dans la capitale portugaise, « JP Bemba s’était arrangé, avec certaines complicités, pour prendre une chambre  juste à côté de l’hôtel où les organisateurs avaient réservé une suite pour J. Kabila », et que ce serait le commissaire européen au Développement et à la Coopération Louis Michel qui allait servir de facilitateur, en se limitant à dire à J. Kabila : « Votre compatriote est juste ici, vous ne pouvez pas ne pas le recevoir. La démocratie est l’affaire de tous les fils du pays, il faut qu’il y participe en tant qu’opposant » !

Et le journal de conclure ; « Un véritable piège, qui n’aurait eu qu’à se refermer sur J. Kabila s’il avait accédé à ce piège ».

Pour LE PALMARES, «  Les monteurs de ce scénario auraient tellement bien fait les choses, en huilant tous les mécanismes, que le Président Sassou Nguesso, très bien écouté aussi bien par Jean-Pierre Bemba que Joseph Kabila, allait y mettre du sien ».

« Mais, constate le journal : tout a capoté, J. Kabila ayant annulé son voyage » à la dernière minute !

A propos des combats qui se déroulent à l’Est de la RDC entre les troupes loyalistes et les insurgés du général dissident Laurent Nkunda, LE PALMARES écrit que « L’ONU s’active pour éviter des pertes civiles ». Selon ce quotidien, c’est la Mission des Nations Unies au Congo (MONUC) qui, craignant les pertes civiles au Nord-Kivu où des milliers  de déplacés risquent de se faire prendre en étau dans les combats, souligne la nécessité absolue d’éviter ces pertes et tous les dommages collatéraux qui s’ensuivraient.

Le journal indique que la Monuc a pris soin d’alerter les responsables des FARDC ainsi que Nkunda de cette situation préoccupante.

Comme répondant en écho à ce qu’écrit le précédent journal, L’AVENIR de ce matin répond aux préoccupations de la MONUC en signalant que c’est « Nkunda qui est à la recherche d’un génocide ».

Dans son analyse de la situation qui prévaut présentement sur le front des combats, l’AVENIR en arrive à la déduction suivante : « A Kirolwire qui est le prochain bastion des insurgés que les FARDC visent de prendre, Nkunda s’abrite derrière 55.000 civils en majorité tutsis, dont 40 mille résidents, et 15 mille déplacés en provenance de Mushake, que ses hommes ont tenté de reprendre hier. Toutes les voies de sortie qui lui sont proposées sont systématiquement bloquées, si bien qu il est prêt à s’offrir un nouveau génocide en exposant et ses hommes et la population civile tutsie aux offensives des FARDC ».

« Dès lors, on comprend, conclut le journal, que Nkunda soit sourd à tous les appels ».

En rapport avec la situation sur les opérations militaires qui se déroulent au Nord-Kivu entre, d’une part les troupes des FARDC et de l’autre, les éléments insurgés du général dissident Nkunda, LE POTENTIEL craint que, « si les gros moyens ne sont pas rapidement mis à la disposition des FARDC, comme convenu lors du sommet d’Addis Abeba, qu’il y ait risque de voir cette guerre s’enliser, maintenant toujours en otage les populations du Nord et du Sud-Kivu ». Moralité à déduire : « Il est plus que temps que les Etats-Unis accélèrent leur programme d’appui à la capacité militaire des FARDC ».

LE POTENTIEL se pose par ailleurs une question qui vaut son pesant d’or dans ce contexte de guerre au Nord-Kivu. Mais au fait, « Contre qui Nkunda a-t-il pris les armes ? »

Avant de répondre à cette question, l’auteur de l’article précise que « depuis toujours, il (ndlr : Nkunda) n’a cessé de clamer tout haut qu’il avait pris les armes pour combattre les ex-FAR ou Interahamwes, alors qu’aujourd’hui, quand on examine les choses de près, l’on se rend à l’évidence que Nkunda n’a jamais combattu les Interahamwe qui sont là où il sait. Mais, par contre, il ne cesse de vanter ses exploits face aux FARDC ». Comme pour dire : comprenne qui pourra ; comprenne qui voudra !

Clément VIDIBIO/MMC

Last edited: 10/12/2007 17:36:31

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