On ne l’aperçoit plus depuis plusieurs années à Kinshasa où on l’appelait Manesi Baba « L’obelix », à l’époque où il pratiquait la musique dite « mondaine ou temporelle » (c’est selon). Aujourd’hui il ne faut plus le chercher dans les bars et autres lieux de réjouissances où se produisent ses anciens collègues comme Werrason, JB Mpiana, Koffi Olomide Papa Wemba, Fally Ipupa, Ferre et autres et autres. Et c’est la vérité car Dieu appelle qui il veut  quant il veut. Comme Marthe et Marie dans la Bible, il a choisi la bonne part… (Et vous). Depuis quelques temps, on l’identifie d’ailleurs par son vrai nom : Kandolo Malula.  A ces nominatifs il faut désormais faire précéder le titre de pasteur, puisque cet homme dit avoir reçu un appel de Dieu qui a frappé à sa porte pour travailler à temps plein dans sa vigne. Mais c’est très loin du pays de ses ancêtres qu’il exerce son ministère.

En effet, l’ancienne star de la chanson congolaise se trouve depuis quelques années à Sidney en Australie où il œuvre pour la gloire de Dieu et le salut des hommes. Comme on le dit, chasser  le naturel il revient au galop.  A l’instar de ses anciens collègues de « cette musique-là », dont Debaba, Carlyto, Bimi Ombale, il est retourné à ses premières amours en réalisant un opus à travers lequel les mélomanes vont bientôt le découvrir.

Pour ceux qui connaissent le lingala,  ce titre est évocateur.  « Baluka ba puissances basuka kaka na yo Yesu » (Ceux qui ont cherché des puissances loin de Jésus ont fini leur course dans ses bras). Cet opus a été enregistré dans un studio, l’un des plus grands que compte la ville de Sydney,  du nom de « Hillsong studio ».

« Dans cet album, dit Manessi Baba, non j’ai voulu dire, pasteur Kandolo Malula ,  je voudrai pour avant tout dire à tout ceux qui vont lire Digitalcongo,  un individu qui cherche sa propre gloire, qui cherche à dominer tout le monde, ou qui se considère puissant sur cette terre des hommes finit un jour par rencontrer Dieu sur son chemin comme Paul. Parce que le règne, la puissance et la gloire appartiennent à Dieu seul ».

Rappelant ses débuts dans  la musique, il confie : « J’ai commencé ma carrière en 1972. J’avais 14 ans. J’habitais le quartier mouvementé de Matonge dans la commune de Kalamu, plus précisément sur rue Lokolama A/32. Notre domicile familiale se trouvait entre celles du défunt Pesho wa dena et de ya Djo Eph ».

Le pasteur Kandolo Malula poursuit : « Cette avenue vient juste après Kanda Kanda , celle de mon vieux frère Papa Wemba Shungu Wembadio.  Donc c’est un quartier des artistes. Et comme par hasard, le premier groupe dans lequel j’ai évolué est celui de la commune (zone à l’époque) de Kinshasa. C’est- là que j’ai rencontré plusieurs  musiciens comme Diblo Dibala, Mopero wa Maloba, Muzola Ngunga, Lele Nsundi, Mambbo Ley ».

Ensuite, je suis allé dans Mbabula 2 de Papa Noël. Comme j’étais très intelligent, soucieux de ma formation, mes parents m’ont éloigné de Kinshasa  dans un internat à l’intérieur du pays afin de m’épargner des turbulences de cette ville.  Mais après mes études, mon vieux Mopero wa Maloba m’a sollicité pour une longue tournée musicale avant de retourner à Kinshasa où j’ai intégré l’orchestre Makina Loka de Yenga Yenga Junior et Makiona Sala.

J’ai ensuite monté mon propre groupe répondant au nom de Fa- Sol. Comme coup d'essai, c’est fut un  coup d'un maître. J’avais comme musiciens Awilo Longomba, Jean Goubald, Toussaint vince, Do Akongo Dikoel.  Parmi  les chansons  qui nous ont rendus célèbres je peux évoquer « Nava » et  « Larmes chaudes ». C’est avec ces œuvres que j’ai pu j'ai pu conquérir plus d'un mélomane devenant  en cela un de rares musiciens venu de nul part mais présent dans les hits parades, se rappelle le pasteur Malula.

Apres Fa-Sol, précise-t-il, j' ai eu l’opportunité de côtoyer d'autres  grands de la musique congolaise, de chanter avec Rochereau Tabu ley mon idole de l’époque. En effet, je suis entré dans son orchestre Afrisa International  par la grande porte. Sauf que ce n’était que pour peu de temps.

Le  chroniqueur de musique  Kalonji Ngoie de la Radio télévision nationale congolaise (Rtnc ) et Kiamwangana Mateta m ’ayant proposé de créer l'orchestre Historia Musica avec Koffi Olomide et Debaba. Mais hélas ! C’est en ce moment que la   voix de mon maître commençait déjà de résonner dans mon cœur.

Bien que les journaux de la place annonçaient déjà cet évènement, cet orchestre débuta ses activités sans Manesi Baba.  Et le Seigneur Jésus, dans son plan merveilleux me transporta très loin des miens et ce, contre ma volonté, m'instruisant, me fortifiant, témoigne-t-il. Cependant, ce long périple qu'il se montra en moi clairement, me confiant une mission, celle de le servir lui et lui seul.

Aujourd’hui, proclame le pasteur Kandolo Malula, je suis devenu homme de Dieu, un mis à part, très loin des miens, loin de mon pays mais près du monde, en Australie, où je peux aller n'importe quand et où selon sa volonté.  Je suis arrivé dans ce pays depuis bientôt 5 ans. Je dirige une église du nom de « Agape international churh inc » à Sydney. Une église qui est  en même temps un organisme de charité. Et en tant que chanteur compositeur, j'ai un album  de 8 chansons qui est fin  prêt.

Pour une première sortie depuis que Dieu m'a isolé, je fais Paris (en France)  où j’ai eu l'opportunité de prêcher dans l'Eglise « La Gloire » du  pasteur Hyppo et de l'Eglise « Gas » du pasteur Langa.  Et par la volonté céleste, j’ai aussi l'occasion de prêcher la parole de Dieu dans la veillée mortuaire organisée lors de la mort de mon jeune frère Célé le Roi  ancien de Viva la Musica. J’ai connu un frère en la personne de son serviteur, l'évangéliste Carlito Lassa. Ensemble nous sommes allés en Suisse, et puis je suis allé à Londres et en Belgique.

Je saisis cette occasion pour exprimer ma douleur  près la disparition de notre cher frère et serviteur de Dieu,  je cite Charles Mombaya mort en mai dernier. Vraiment chaque personne a son temps c'est vrai, parce qu’au moment où nous, dormions encore, lui était déjà debout.  Mes condoléances, quoi que tardives à tous ses proches. Après la sortie très proche de mon  album Dieu le voulant, je vais venir au Congo.

Adressant ses compliments à tous ceux qui l’ont connu et qui voudront le connaître davantage, il déclare : « Depuis  Sidney/Australie où j'ai élu domicile, je salue tous les fils et toutes le filles de mon pays la Rdc Congo. C'est bien moi qu'on appelait jadis Manesi Baba « L'Obelix ». Converti chrétien, je voudrais dire homme de Dieu, je chante maintenant pour sa gloire. L'heure a enfin sonné pour que les mélomanes écoutent encore et encore la voix du serviteur de Dieu Manesi Baba. (Ecrire ou parler au Pasteur Malula « Manesi Baba » : manesibaba@yahoo.com ou 0061432264130).

Boni TSALA/MMC