Blanchard De Plaisir dénonce le manque d’initiatives de la part des producteurs et responsables des orchestres congolais qu’il invite à cultiver les bonnes relations avec leurs musiciens.

Après sa tournée béninoise, le musicien Blanchard De Plaisir a accordé à Digitalcongo.net une interview dans laquelle il fustige le comportement des producteurs congolais qui attendent qu’on leur présente des plats tout faits au lieu de contribuer à l’émergence des talents. Il n’épargne pas aussi certains leaders des orchestres qui ne songent pas à investir dans l’industrie musicale alors qu’ils ont beaucoup de ressources financières qu’ils utilisent pour garnir leurs parkings et garde robe. Tout comme il aborde certains autres sujets comme le phénomène « Ngulu », la polémique dans les milieux de la entre musique congolaise et les relations entre les leaders et les membres de leurs groupes. Il confirme en outre sa prochaine rencontre avec le couple présidentiel béninois.
(Notre rédaction revient avec la version corrigée de ce texte mis en ligne le week-end dernier avec beaucoup de coquilles. Elle présente ses excuses pour cette situation qui est tributaire aux conditions difficiles dans lesquelles nous avons réalisé ce travail).
Multi Média congo : Bonjour Blanchard De Plaisir
Blanchard De Plaisir : Bonjour Mr Tsala
Vous revenez d’une tournée de trois semaines qui vous a conduite au Bénin, est-ce qu’on peut connaître le bilan de cette tournée ?
Bilan très positif mon frère, car j'ai accompli beaucoup plus de choses que prévu dans mes objectifs du départ. Je crois que lecteurs de Digitalcongo.net étaient toujours à la une de mes nouvelles car mon équipe de presse dirigée par votre confrère Domar Lodgo vous a fait des reportages chaque semaine pour vous relater toutes les péripéties de ce périple.
Qu’est-ce que vous avez fait concrètement dans ce pays ?
Bon, je suis allé au Bénin sur invitation des sociétés AGcom de Mr Eugène Koumagno et M.A.C, une maison de production et de promotion des artistes que dirige Mr Serge Ologoudou qui est en même temps patron de « Antlatic FM », une radio de la place, pour la promotion de mon album "Plaisir Ya Trop". Cela a été fait et j'ai couvert toute l'étendue de ce pays que j’ai eu à visiter. Je suis passé dans toutes les chaînes Radio et télévision de la place à Cotonou, Abomey, Porto Novo et Ouidah.
J'ai fait des prestations en live dans ces territoires y compris 3 prestations que je n'oublierai jamais, celui du Palais des Congrès de Cotonou. Ce big event s’est déroulé en présence de la maman présidente du Bénin Mme Chantal Boni Yayi, au Stade de l'Amitié de Cotonou, et au Centre Culturel français (Ccf) de Cotonou. J'ai tenu une conférence de presse devant le monde musical béninois et autres artistes béninois. A la fin, j'ai signé un contrat de production et de management de 3 ans avec la maison M.A.C. pour des productions sur scène en Afrique de l' Ouest avec mon groupe de Kinshasa qui vont commencer l'année prochaine.
J'en ai profité aussi pour faire un peux du tourisme, voir l'histoire et la culture du Bénin. A la fin, tout Bénin parlait de moi et on continue de le faire car il y a pas mal des stations radio qui m'appellent pour des interviews par téléphone surtout les week end.
Vous vous êtes également occupé du social, en visitant vos compatriotes qui sont en prison dans ce pays. Est-ce que vous le ferez aussi à Kinshasa lors de votre en Rdc ?
Si j’ai posé des actions sociales à l'étranger pourquoi pas chez moi ? Mr Tsala, c'est de ma nature de faire des actions social et surtout quand il s’agit de mon pays. Le Congo n'est pas Kinshasa seulement. J'irais même dans des provinces de notre pays voir ceux la qui souffrent beaucoup à l'intérieur du pays et essayer de leur distiller un peu de plaisir par mes actions sociales.
Après le Bénin, quel est votre programme ?
Actuellement, je suis à Manchester en Grande Bretagne où je dois honorer quelques contrats de productions, finir les travaux des clips de "Plaisir Ya Trop", et planifier mon programme de l'année prochaine avec mon équipe de management ici. J'aurai des réunions en Janvier 2008 avec mes partenaires de « University of Manchester » et « Manchester International Festival » concernant un show intitulé " An audience with Britannia Rumba" (une audience avec Britannia Rumba) que je vais présenter ici au cours de la 2eme édition du Festival International de Manchester en 2009 avec mon groupe de Kinshasa.
A quand votre arrivée dans votre pays où les jeunes l’aile kinoise de votre groupe ainsi que d’autres publics vous attendent ?
Je compte descendre à Kinshasa en Février 2008 après un grand concert que je dois livrer au Contact Theatre le Vendredi 1er Février 2008
Selon les informations en notre possession, l’épouse du président béninois qui a assisté à l’une de vos productions, notamment la soirée de l’élection Miss Bénin vous a invité à Cotonou l’année prochaine. Mais qu’est –ce qui lui a marqué dans votre spectacle ?
Mr Tsala, vous êtes très fort en recherche. Qui vous a livré cette information ? Bon, c'est vrai. J'ai reçu une invitation de Maman Chantal Boni Yayi, la première dame du Bénin pour leur rendre visite le jour de Pâques, la plus grande fête chrétienne, jour de la résurrection de Jésus Christ, afin de passer cette fête avec eux au Palais présidentiel. Ce qui lui a marqué, je ne sais pas Mr Tsala. Je crois c’est une question que je vais lui poser le jour même de Pacques 2008. S'il faut que je devine, la réponse est simple. Du plaisir seulement du plaisir car j'ai vraiment distillé du plaisir cette soirée au Palais des Congrès de Cotonou et elle n’était pas seule. C’est toute la salle qui ne cessait de me réclamer.
Le Congolais Blanchard De Plaizir, connaît une ascension fulgurante à l’étranger plus particulièrement à Manchester où il réside. Il attire des producteurs étrangers qui reconnaissent ses valeurs mais ses propres compatriotes hésitent, comme pour dire, nul n’est prophète chez lui. Comment expliquez-vous cette situation ?
Mon frère. De nature, les producteurs congolais ne prennent jamais du risque et ne viennent que quand l'artiste est un sommet du succès pour bien tirer des profits. C'est pourquoi les jeunes artistes congolais souffrent au début de leur carrière. Les exemples sont là. Par exemple celui de mon collègue Fally. Aujourd’hui tout le monde veut produire Fally après que David Monsoh, un étranger ait crée et entretenu son image alors que personne ne s’est manifesté quand Fally a commencé à parler de son projet.
C'est triste de voir les étrangers bénéficier, jouir de cette richesse qui est notre art alors que les producteurs congolais hésitent. Pour eux, il faut qu'un artiste ait du succès au niveau de la communauté ou soit à Kinshasa pour qu'il soit considérer. Pour moi c’est un manque de vision car le marché musical est très vaste et il n’y a pas que les Congolais et Africains en général qui aiment notre musique. Un vraie business man c’est celui qui est toujours à la recherche de nouveaux marchés. Les producteurs congolais se taillent des limites eux -mêmes. Moi, dans le but d'ouvrir notre musique à d'autres marchés et d'amener cette bonne musique vers ceux-là qui ne la connaissent pas, j'évolue dans un marché différent comme le font Kanda Bongo Man, Awilo Longomba, Sakis et d'autres.
Il est difficile de suivre mon évolution car je vous dis Mr Tsala, bien qu’il y ait de Congolais en Europe, nombreux sont dans des ghettos par leur esprit, leur façon de penser bref leur mentalité. Ils sont comme enfermés dans un carton qui ne leur permet pas de voir au delà de ce carton. Si le Congolais peut faire un effort afin de bien intégrer la société européenne, cela bénéficierait à son pays.
Blanchard de Plaisir, jusque-là vous avez évoqué le problème des producteurs. Quelle est alors votre opinion sur les grandes stars de la musique congolaise ?
Je respecte beaucoup nos grands pour ce qu'ils font pour la promotion de notre, culture, particulièrement notre musique au niveau de l'Afrique. Parmi eux j'ai aussi mes idoles et ceux qui m'inspirent artistiquement. Mais je regrette beaucoup le fait que nos grands n'investissent pas dans l'industrie musicale au pays. Ce ne sont pas les moyens qui manquent.
Je conçois mal que jusqu'à ce jour, ils doivent aller en France pour enregistrer des albums de qualité. Alors qu'ils sont à mesure de construire des studios d'enregistrement et même les usines de duplication des disques sur place au pays. Je peux pardonner certains parmi eux car certains sont des impressionnistes. Le Grand Mopao Koffi Olomide a certainement des moyens pouvant lui permettre d'investir dans ce domaine. Il suffit seulement de faire une visite dans son parking pour voir des voitures qui coûtent plus qu'un studio, ou dans sa garde robe, des pantalons qui coûtent 57,000 euros soit 80,000 Usd la pièce comme celui avec lequel il s’est présenté lors de son ressent concert du Zénith. On dirait que lui et tous les mécènes de la musique congolaise n'ont pas le soucis pour cette industrie, donc pas de souci pour le développement du Congo et pas de souci pour les générations avenir.

C’est triste. Chacun ne regarde que sa poche et ce qu'il peut avoir dans l’immédiat pour dominer les autres. Si les artistes américains tel que Dr Dre, Jay Z, P Diddy, R Kelly ect.. le font, pourquoi pas nos grands ? A la longue, ils auraient pu devenir plus riches qu'ils le sont maintenant car ils seront artistes, Directeurs Généraux des sociétés de production, des studios etc. Il est temps pour eux de penser à investir sinon, leur histoire ne restera que dans leur famille immédiate pour le bien matériel que celles auront à hériter. Le développement de notre pays est une affaire de nous tous et pas seulement une affaire du gouvernement.
Autre chose que je trouve bizarre, c'est le manque de respect entre ces grands qui n'hésitent pas a s’échanger des insultes à travers la presse. Alors qu'ils sont un rôle de, celui de servir de modèle de la société. C'est très mauvais tout ça. En tout cela n’honore personne. Si l’insulte est un outil pour se garder au top, ils se trompent. De même qu’ils doivent renoncer à cette pratique des polémiques négatives car ils sont entrain de détruire toute une nation.
Je conçois aussi mal que les présidents des orchestres puissent vivre dans de meilleures conditions alors que leurs musiciens sont dans la misère. Pourtant qu'ils bossent dur. La plupart font de la mendicité ici en Europe pour avoir des habits etc. C'est injuste tout ça. Il faut que ces leaders pensent aussi au social des artistes.
Que dites-vous alors du phénomène « Ngulu »(ou du trafic d’êtres humains) qu’on colle à cette musique et qui a quelque peu terni l’image des artistes, le musiciens en particulier. Quel remède proposez-vous à ce problème et aussi quelles sont les conséquences de ce phénomène dans notre musique ?
L'affaire Ngulu a eu et continue à réduire notre musique à zéro. Aujourd’hui, l'artiste- musicien congolais a du mal à avoir le visa devant lui permettre à faire des tournées en Europe. Ce phénomène a vraiment rendu la tâche très difficile à la nouvelle génération de la musique congolaise. Tu sais il n'était pas facile à Fally d'obtenir les 10 visas pour sa production à L'Olympia.
Tous les musiciens qui ont contribué à cette pratique et qui en ont bénéficié sont libres et la majorité parmi eux sont des résidents en Europe qui ne font rien pour le développement de l'industrie musicale dans notre pays. Au contraire ils la détruisent. Ils ont tous des compte à rendre aux générations montantes. Il faut qu'ils demandent pardon à la Nation. Il faut qu'ils commencent investir dans le domaine musical au pays pour se racheter. Voila mon opinion à ce sujet.
Que pensez-vous du sponsoring des orchestres congolais par les sociétés brassicoles et de télécommunication. Qui selon vous bénéficie le plus de ce sponsoring.
Bien que ce sponsoring contribue à la promotion de notre musique en général et celle des artistes en particulier
Ce phénomène dévalue notre musique, et n'encourage pas la construction des salles des spectacles dont notre pays a vraiment besoin. Il n'y a plus les concerts payant. Et l'argent que ces sociétés brassicole et de télécommunication dépensent ne bénéficient que les leaders de ces orchestres et non la population qui vraiment achètent leurs produits. Je souhaite voir ces sociétés entreprendre aussi des actions sociales au profit de la population tel que la réhabilitation des écoles, des hôpitaux des routes...
Quelle opinion avez-vous de la 5ème génération de la musique congolaise développement de l'industrie musicale au Congo ?
Un bon départ pour cette génération dont nous faisons tous partie. Seulement nous devons faire très attention pour ne pas revenir aux erreurs commises par nos aînés. Ceux qui ont eu la chance de travailler avec nos aînés tel que Koffi Olomide, Werrason, JB Mpiana doivent toujours remercier l'Eternel pour cette opportunité. Car ils ont bénéficié de cette collaboration d'une façon ou d'une autre. Et que le développement de notre industrie musicale soit notre priorité. Evitons surtout de maltraiter nos jeunes musiciens comme le font nos aînés qui nous ont parfois maltraité. Ne soyons pas égoïstes comme le sont nos aînés. Unissons-nous la main dans la main pour faire mieux qu’euix. Nous devons changer des mentalités, re-éduquer notre population. Nous pouvons tous pointer du doigt nos aînés et dire qu'ils sont mauvais, égoïstes ect.. La question que nous devons nous poser est: Que ce que nous faisons nous même, qu’allons-nous faire pour marquer la différence, et pour que la 6eme Génération n'ait pas l'occasion de nous accuser à son tour ? Cela est un devoir pour nous tous.
Parlons un peu de votre dernier album « Plaisir ya trop ». Il vient de totaliser trois mois sur le marché du disque. Comment se comporte-t-il dans le hit parade, donnez- nous, si possible le bilan même partiel, de ventes, et aussi, dites-nous, à quand la sortie de ses clips que vous avez annoncé il plusieurs semaines ?
L'album se porte bien. Je continue des négociations pour sa distribution ailleurs. Mais sur place à Manchester, j’ai déjà plus de 4 mille disques vendus car j'assume la distribution moi- même par ma société « Baz Connection ». Déjà au Bénin l'album cartonne. En général, « Plaisir Ya Trop » est beaucoup plus vendu en format digital que en format CD aux USA, Japon, Canada et Australie. Je continue à bosser dure pour sa promotion. Concernant les clips, ils sont presque finis. Déjà le clip de ma chanson « Eza Kolo » un des tubes de l'album passe dans des chaînes télé à Kinshasa, en Angleterre et Afrique de l'ouest d'ici la fin de l'année tous les clips seront disponibles.
Blanchard, un mot sur l’industrie musicale congolaise.
L'industrie musicale congolaise est vraiment négligée par les artistes et les responsables de ce domaine. Nous devons tous participer au développement de cette industrie car elle est riche et très potentiel. Ne laissons pas seulement au gouvernement cette tache.
Blanchard, pouvez vous dévoiler pour nos lecteurs vos projets à court et long terme, notamment votre apport pour le développement de cette industrie.
Pour l'instant, je continue la promotion de mon album et entre temps je fais le lobbying pour sensibiliser mes partenaires ici pour venir à l'aide de la jeunesse congolaise au pays. En court terme, je travaille en collaboration avec mes associés sur le projet que j'ai mentionné au départ toujours dans le but de faire du marketing de notre musique et l’ensemble de notre culture. Je dois descendre au pays où je compte avoir des entretiens avec nos aînés, papa, et grand pères tels que les Wendo et Tabu ley dans le cadre des recherches et chercher des images d'archives de notre musique depuis l'époque coloniale jusqu'a la 5eme génération. Pendant mon séjour au pays, je dois aussi conclure le recrutement de mon groupe et commencer les préparations pour ce show qu'on doit présenter à Manchester en 2009. Je compte aussi amener un groupe de ballet au Festival international de Manchester en 2009.
Je compte aussi établir « Baz Connection Entertainment » au pays produire les jeunes artistes et aussi voir comment créer des réseaux de distribution stable et efficace pour notre musique. A long terme, je compte construire un grand studio d'enregistrement qui sera le meilleur en Afrique Centrale. Je peux vous dire que je suis déjà a possession d'un terrain de 50 mètre carré a Mbanza Ngungu dans le Bas- Congo dont l'étape de la mise en valeur vient d'être finie. Je compte y construire un centre artistique avec 3 studio d'enregistrement, un studio de design des pochettes Cds, des affiches, un studio des tournage et montage des clips et photographie. Et avec le temps, y planter une usine de duplication des disques, un centre des jeux, et un hôtel de qualité. Au lieu d'aller en France, contribuer au fisc français, les artistes iront à Mbanza Ngungu pour les enregistrements de leur produit.
Un message aux jeunes gens de votre groupe qui sont à Kinshasa
Je les aime tous. Bosser dure, je leur demande la patience et la persévérance.
Un mot pour la conclusion
Merci à toute l'équipe de Digitalcongo.net pour l'intérêt qu’elle accorde à ma carrière. Merci à mon frère et manager personnel Maître Eric Ngidi Kong, Charly Kunga, Totosh Mukeba. Merci aux lecteurs de Digitalcongo.net et tous ceux la qui veulent me contacter peuvent m'écrire au
management@deplaizir.com ;
bazconnection@hotmail.com ou soit visiter mon site officiel
www.deplaizir.com. Que Dieu bénisse le Congo !
Propos recueillis par B Ts.
Last edited: 06/12/2007 13:31:31