Après Papy, Maman Bibi, JP et Marie-Louise, d’autres citoyens qui ont décidé de révéler pour séropositivité, seront les héros des épisodes à venir.
A 35 ans d’âge, Djo Munga, jeune réalisateur s’engage à redynamiser le cinéma congolais de façon professionnelle. C’est avec une camera haute définition, son digital, équipe technique internationale qu’un projet aussi ambitieux voit le jour, tourné en lingala un film pour aborder un thème majeur au Congo : le Sida. Selon Djo Munga, le point de départ du projet, c’est « l’opération Bottine », une émission de télévision avec un plateau des personnes vivant avec le Vih et témoignant à visage découvert.
Au Congo, jusqu’il y a peu, c’était assez révolutionnaire. J’ai senti le potentiel qu’il y avait derrière ces histoires, j’ai voulu aller plus loin, écrire des films à partir de ces histoires vraies. Le réalisateur fréquenté alors les réseaux des PWIH (Personnes Vivant avec le Virus du sida) pour écouter leurs histoires. Humainement touché par leur optimisme et la force de ces témoignages il s’engage alors dans un projet très personnel.
Il veut parler du Congo d’aujourd’hui et propos en un regard artistique et citoyen sur une question de santé cruciale pour le développement du pays. Il imagine un série basée sur dix histoires vraies évoquant le virus au quotidien annoncer sa séropositivité à sa famille, vivre l’isolement social, reconstruire sa vie...En tant que réalisateur, mon objectif est de faire de la fiction basée sur des faits réels.
Aborder cette maladie au cinéma exige une approche scientifique, artistique et pédagogique. Mais je ne suis prisonnier ni de l’un de l’autre. C’est compliqué. Aux côtés de quelques comédiens, j’ai donc privilégié des acteurs jouant leur propre rôle pour garantir la vérité de leur sentiment. Formé à l’Insas à Bruxelles Djo Munga utilise la force du cinéma pour conscientiser le spectateur. Les images, d’une grande sensibilité, nous transportent dans l’intimité du couple.
Et les silences, intenses secondes de vérité questionnent nos esprits parfois vagabonds Pour évoquer ces moments si sensibles de l’annonce de la nouvelle seule la fiction nous permet d’aborder ces phases de doute et de vulnérabilité. Papy doit à présent vivre sortie sa vie des passages en télé sont prévus pour parler du sida au plus grand nombre, pour ses qualités pédagogiques, le film sera aussi utilisé par le Ministère de la Santé, la CTB et la GTZ, corn me outil de sensibilisation dans leur programme de lutte contre le sida. L’enthousiasme suscité par cette initiative congolaise semble convaincre les partenaires actuels et mobiliser de nouveaux acteurs.
Le Ministère de la Santé congolais se dit prêt à s’engager. Après Papy, Maman Bibi, JP et Marie-Louise, d’autres citoyens qui ont décidé de révéler pour séropositivité, seront les héros des épisodes à venir. Et si la série trouve les financements nécessaires pour témoignage frappera, c’est sûr la conscience de chaque Congolais
(Milor)Saint hervé M’Buy/Uhuru
Last edited: 04/12/2007 10:09:11