Vigoureuse dénonciation par le n° 1 des Fardc dans le Kivu des suspectes tergiversations de la partie rwandaise dans le processus de vérification commune de la frontière Rdc-Rwanda

Le commandant de La 8ème Région militaire le général Vainqueur Mayala a accuse hier le Rwanda de manœuvres dilatoires dans le lancement des opérations visant à sécuriser et restaurer la paix sur la frontière commune entre ce pays et la République démocratique du Congo. Selon Vainqueur Mayala, le Rwanda n’a toujours pas envoyé ses officiers militaires rejoindre leurs collègues de la Monuc, Union africaine et naturellement des Fardc en position pour démarrer ces opérations. La situation est d’autant plus préoccupante, dit ce général, de par le climat d’insécurité qui règne à la frontière entre ces deux pays au niveau du territoire congolais de Rutshuru dans le Nord-Kivu.
Dans cette partie de la République démocratique du Congo, théâtre des aventures de Laurent Nkundabatware, avec une recrudescence depuis août dernier. Des attaques de plus en plus meurtrières lancées par les insurgés ont jeté des milliers de personnes sur les routes fuyant les zones de combat et occasionnant ainsi, une catastrophe humanitaire que des spécialistes comparent à la situation du Darfour Néanmoins, un espoir de paix dans la région pointait à l’horizon au lendemain du 9 novembre lorsque le Rwanda et la Rdc ont signé le dernier accord de Nairobi en vue de restaurer la paix dans la partie affectée. Curieusement, jusqu’à la veille de l’application réelle de cet accord, le Rwanda ne semble pas vouloir intégrer le processus arrêté. C’est en fait aujourd’hui le 1er décembre que la Rdc doit annoncer son Plan visant à éliminer la menace armée qui envenime sa partie Est.
Sûr que la voix donnée par le commandant de la 8ème Région militaire est un geste qui vise à se disculper de la félonie légendaire du Rwanda toujours prompt à voir la paille dans l’oeil du voisin en oubliant ou minimisant la poutre dans le sien.
Vivement le début de travail des équipes conjointes de contrôle
Le commandant de la 8ème région militaire des FARDC) au Nord-Kivu a plaidé vendredi pour que débute "sans délai" le travail des équipes conjointes de contrôle de la frontière commune RDC-Rwanda, au cours d'un point presse qu’il a tenu à Goma."Nos équipes de vérification des frontières appuyées par la Mission de l'ONU en RDC (Monuc) et par l'Union africaine, sont prêtes depuis trois semaines pour vérifier toutes les situations sur le terrain, mais les équipes de notre partenaire, le Rwanda, ne se montrent pas", a déploré le général Vainqueur Mayala." La situation confuse qui règne le long de notre frontière commune dans le territoire de Rutshuru commande que les deux équipes de vérification commencent à travailler sans délai", a-t-il souligné.
Depuis la fin août, le Nord-Kivu est le théâtre d'affrontements entre les FARDC qui y ont massé plus de 20.000 hommes, et quelque 4.000 soldats insurgés ralliés au général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda. Ce dernier refuse de désarmer et se pose en défenseur de sa communauté contre les rebelles hutus rwandais basés dans l'est de la RDC et dont certains ont participé au génocide rwandais de 1994, essentiellement dirigé contre les Tutsis. Nkunda est considéré par plusieurs responsables congolais comme le cheval de Troie de Kigali au Nord-Kivu. Cette semaine qui s’achève, plusieurs officiers des FARDC ont affirmé que des "infiltrations de troupes rwandaises" avaient été signalées dans le territoire de Rutshuru.
Le mécanisme conjoint de contrôle de la frontière commune entre RDC et Rwanda a été réactivé lors de la dernière réunion de la Tripartite Plus (RDC, Rwanda, Ouganda et Burundi), une commission mise en place en 2004 sous l'égide des Etats-Unis pour maintenir un dialogue en faveur de la paix entre les Etats des Grands Lacs africains. Les équipes sont chargées de vérifier sur le terrain les allégations portées par chacune des parties concernant les violations de leurs espaces territoriaux, notamment ceux de nature à soutenir les groupes armés illégaux présents en RDC. "Nous sommes de bonne foi et nous pensons que nos partenaires le feront (mettre en place leurs équipes) également", a assuré le général Mayala. Il a par ailleurs affirmé que samedi "serait communiqué en détail par la RDC le plan des opérations contre les rebelles hutus rwandais, comme convenu le 9 novembre à Nairobi".
Dans l’Accord signé dans la capitale kenyane, rappelle-t-on, Kinshasa s'était engagé à préparer pour le 1er décembre un plan militaire contre ces rebelles, tandis que Kigali s'engageait à prendre "les mesures nécessaires pour sécuriser sa frontière" et "d'empêcher toute forme de soutien" à un groupe armé en RDC, "en particulier de celui du chef de milice dissident Nkunda ».
PM.L/Daniel/Avenir/MMC
Last edited: 01/12/2007 14:11:31