Il est surtout un plaidoyer pour l’émergence des autres styles musicaux souvent marginalisés, pourtant vivantes et riches en sonorités. Ils sont confrontés à cette variante de la rumba congolaise envahissante appelée péjorativement « Ndombolo ».
Le leader du groupe Okwess International est immortalisé dans le film « La Danse de Jupiter » sorti au mois d’avril en France, sous le label « La belle kinoise ». Ce documentaire de plus d’une heure, est co-réalisé par Renaud Barret et Florent de la Tullaye, tous deux de nationalité française.
Fenêtre ouverte sur l’univers musical contemporain congolais, kinois en particulier, il est disponible en support DVD. « La Danse de Jupiter » suit donc aux traces, les 21 ans de carrière musicale du chanteur Jupiter Bokondji.
La camera s’immisce et capte ce saltimbanque dans son élément : dans son environnement familial, en situation de travail, c’est-à-dire, pendant les séances de répétition, et pendant ses productions publiques dans les communes de la ville de Kinshasa.
Celui que qui prône la révolution musicale, avec comme cheval de bataille la revalorisation des différents folklores de la République démocratique du Congo (RDC), qui comprend plus ou moins 450 ethnies, est mis à nu.
Loin d’être seulement un film sur Jupiter Bokondji, il est surtout un plaidoyer pour l’émergence des autres styles musicaux souvent marginalisés, pourtant vivantes et riches en sonorités. Ils sont confrontés à cette variante de la rumba congolaise envahissante appelée péjorativement « Ndombolo ».
Une série de témoignages, notamment des rappeurs : Lexxus Légal, Bebson, Rin-Ka, Kimono…, des ténors de ces autres genres musicaux inspirés des résonances traditionnelles congolaises et d’ailleurs, fait révélateur.
Ainsi, des jeunes rappeurs et tenants de la musique traditionnelle nourrie des influences modernes, déversent leur bile en dénonçant la misère inexplicable et la promiscuité qui frappent la RDC, en premier, la ville de Kinshasa.
Les coupures intempestives de l’énergie électrique, l’insalubrité, le chômage, la modicité du salaire de fonctionnaires incapables de scolariser et de nourrir leurs rejetons… et d’autres maux rendant l’existence difficile dans la mégalopole kinoise, transparaissent dans ce documentaire tiré à 5 milles exemplaires.
Au-delà de l’adversité, les jeunes kinois avec humour, font preuve d’une créativité extraordinaire pour s’en sortir. Cela est attesté par la fabrication des instruments de musique insolites, à partir d’objets de récupération (boîtes de conserve, carton, fil de fer, etc.), ajouté une diversité d’activités informelles.
En fait, « La Danse de Jupiter » est une sorte de sonnette d’alarme exprimant l’urgence qu’il y a en RDC, laquelle débouche sur plusieurs morts inopinées et précoces.
Par contre, ça exprime également en filigrane un espoir vers l’avenir, un message optimiste et une force, un effort louable de faire face à l’adversité.
(Yes)Dovin Ntelolo Diasonga/L’Observateur
Last edited: 29/11/2007 14:29:42