Le Portefeuille de la République démocratique du Congo a été effectivement géré comme un bien sans maître et ses participations dans les sociétés de droit belge sont bradées. Le rapport de la mission des experts congolais, qui se sont rendu du 2 au 12 novembre 2000, en Belgique et en France, en fait foi. Conduite par le ministre du Portefeuille, Norbert Likulia Bolongo, cette mission avait comme objectif d'évaluer et réaliser des actions minoritaires de l'Etat congolais dans les sociétés de droit belge; recouvrer des créances, clarifier la situation de l'immeuble Onl et prendre contacts avec les bailleurs de fonds.
La mission du Portefeuille, indique-t-on, a recensé 15 sociétés belges dans lesquelles la République démocratique du Congo détient des participatrons et 13 autres pour lesquelles elle dispose des titres de propriété.
D'une maničre générale, toutes les entreprises, hormis la Suctat, ont été liquidées et la Rdc ignore le sort de ses participations don't elle continue ŕ garder les titres dans son portefeuille. La mission a permis, croit-on savoir, de clarifier le sort des participations de la Rdc et de recouvrer des créances. Il s'agit des créances de certaines entreprises publiques, des souscriptions effectuées par la Rdc aux entreprises ŕ lots de le Banque nationale de Belgique.
Au chapitre des créances, l'on fait remarquer que l'Ocpt a plusieurs créahces ŕ Londres et ŕ Bruxelles qui totalisent respectivement 375.000 Usd et 50.000.000 Fb. Finarep et Shell International, sociétés productrices de pétrole, ont reconnu un manque ŕ gagner de 10 millions de dollars Usd en faveur de la Rdc, auquel il faut ajouter 4 millions de dollars Usd d'intéręt, soit une créance totale de 14 millions Usd.
Evoquant les emprunts ŕ lot, gérés par la Bcc, la mission fait remarquer qu'il s'agit des souscriptions de la colonie aux emprunts ŕ lots de la Banque nationale de Belgique en 1922, 1923, 1932 et 1933 pour un montant total de 550.000 Fb. Ces emprunts sont négociables au plus tard en 2013 auprčs de la Banque nationale de Belgique.
Au sujet de la situation de l'immeuble OnI, il revient que cet immeuble, situé ŕ Bruxelles, appartenait ŕ l'ex-OCA devenu par la suite Onl. Mais, par inadvertance, il avait été considéré comme appartenant ŕ l'Etat congolais qui l'a alors donne en compensation ŕ l'Etat belge.
En conséquence, Ia mission a demandé que cette erreur soit corrigée pour que l'OnI recouvre ses droits. La procédure de rectification a dčs lors été engagée. La délégation du Portefeuille a, au cours de son périple européen eu des fructueux contacts avec les bailleurs de fonds, ŕ qui elle a remis une note concernant le partenariat entre les entreprises publiques congolaises et le secteur privé. Les échos qui sont parvenus du ministčre du Portefeuille soulignent qu'un accueil chaleureux a été réservé ŕ cette note et les interlocuteurs ont été particuličrement intéressés par la proposition de création d'un «fonds de garantie» pour le partenariat public-privé.
De maničre plus concrčte, les interlocuteurs de la mission congolaise se sont déclarés pręts ŕ avancer 30.000.000 Usd pour soutenir le «fonds» si la Rdc consentait ŕ débloquer un montant de 10.000.000 Usd ŕ son profit. Les membres de la délégation congolaise ont pris contacts avec les dirigeants de la Belgolaise. Ces derniers ont décidé de consentir des lignes de crédit de l'ordre de 25 millions de Fb en faveur de l'Onatra pour l'achat de divers équipements pour le port de Matadi, tandis que l'Ocpt, pourra bénéficier de75 millions de Fb pour l'achat d'un central téléphonique. Il faut ici souligner que les deux lignes de crédit de la Belgolaise viennent s'ajouter ŕ celles que cette banque avait déjŕ accordées ŕ la Gécamines, d'une valeur de 100 millions de Fb.
Il y a lieu de faire remarquer qu'un homme d'affaires belge a accepté de financer l'impression des timbres poste pour l'Ocpt et un montant a été signé ŕ cet effet. Dans la capitale belge, la mission congolaise a eu des contacts avec un groupe financier chinois qui a accepté de financer trois projets spécifiques: la sucrerie de Mushi Pentane, la réhabilitation de l'aéroport international de N'Djili, l'exploitation des gisements de diamant en partenariat avec l'Etat congolais.
En France, le ministre Likulia et sa suite ont eu des entretiens fructueux avec des hommes d'affaires désireux de conclure des partenariats avec des entreprises publiques congolaises notamment l'Ubc (Union des banques congolaises) et la Rvm (Régie des voies maritimes).
Comme ont peut bien le constater, la mission du Portefeuille en Europe a eu pour principal intéręt de se rendre compte de l'Etat réel des participations de la Rdc dans les Sociétés de droit belge. Tout en affirmant que le Portefeuille congolais a été mal géré et ses participations négligées, les membres de cette délégation ont soutenu avoir réussi ŕ mettre sur pied les procédures nécessaires pour obtenir le remboursement des créances des entreprises du Portefeuille et des droits dus ŕ l'Etat aprčs liquidation de ses participations.
C'est ainsi que, dans le cadre des réformes ŕ entreprendre, M. Likulia propose la création d'un «office de gestion du Portefeuille afin de mieux suivre les participations de l'Etat notamment dans les entreprises de droit étranger. La délégation a également permis de nouer des contacts fructueux avec les bailleurs de fonds en faveur des entreprises publiques et surtout leur rendre l'idée des partenariats entre ces derničres et les secteurs privés avec comme arme principale la constitution du fonds de garantie.
Etant donné le nombre élevé des saisies qui frappent les avoirs et les biens tant de la Rdc que des entreprises publiques, la mission suggčre au gouvernement de salut public de lever l'option d'un rčglement global et ŕ l'amiable avec tous les créanciers de la Rdc afin de sécuriser le patrimoine congolais ŕ l'étranger.