La désertion dans les rangs des insurgés de la bande à Nkunda devient monnaie courante. Le dernier cas est celui de quinze nouveaux dissidents qui se sont détournés d’une mission d’attaque des positions des Fardc pour se rendre à la Monuc.

Chaque jour qui passe, les soldats dissidents ralliés au général déchu Laurent Nkunda reviennent à la raison. Ils se rendent compte qu’ils ne peuvent indéfiniment servir une cause stupide, en mourir inutilement alors que la mort d’un soldat en guerre ait toujours été un signe de gloire et de reconnaissance de toute la Nation qu’il défend.
Mis face à leur conscience, ces soldats désertent peu à peu le camp de Nkunda pour leur réintégration dans les Forces armées de la Rdc (fardc). La dernière désertion en date est celle qui a eu lieu dans la nuit de lundi 26 à mardi 27 novembre 2007.
En effet, des soldats insurgés se sont rendus à la Monuc après avoir renoncé à attaquer une position gardée par des Casques bleus à Sake, une localité située au Nord de Goma, dans la province du Nord-Kivu, a annoncé hier la Monuc dans un communiqué.
Selon la Monuc, le commandant Micho Bizabaso, chef d’un bataillon de soldats dissidents ralliés à Nkunda, s’est rendu avec 13 de ses hommes « lourdement armés ». C’était après avoir tenté de reprendre une colline sur laquelle est installé un émetteur téléphonique. Cette colline, position stratégique, car surplombant la cité de Sake, avait été reprise aux dissidents par la Monuc au mois de septembre dernier.
Le commandant Micho Bizabaso et ses hommes s’étaient approchés vers 1 heure du matin des Casques bleus. Ils avaient, ensuite, intimé l’ordre aux soldats de la Monuc d’abandonner cette position à leur profit. Sans se laisser impressionner, les Casques bleus ont opposé un refus catégorique à cette demande. Et pour parer à toute attaque, ils se sont immédiatement mis en état d’alerte en empêchant les dissidents de progresser, ils ont agité le spectre d’un désarmement forcé en cas de persistance. Cette menace de Casques bleus effectivement a été prise au sérieux par les insurgés qui, après plus d’une heure de discussion, ont accepté de « déposer les armes et de se rendre, en vue de leur réintégration dans les Forces armées de la RD Congo », a affirmé la Monuc.
L’occasion faisant le larron, la Monuc en a profité en vue de lancer un appel aux combattants de différents groupes armés qui opèrent dans la région à déposer les armes. Et ce sans délai et ni condition. On rappelle que ces redditions interviennent dans un climat extrêmement tendu au Nord-Kivu, où les Fardc et la Monuc se préparent sérieusement à l’assaut final contre le général déchu Nkunda.
Les Fardc ont déjà amassé plus de 20.000 hommes, pour ce faire. La Monuc qui a décidé d’aider les Fardc dans cette mission, a apprêté d’importants moyens logistiques. Ainsi, c’est plus qu’une question des jours pour le lancement des opérations contre l’aventurisme de Nkunda, lequel a fait actuellement quelque 800.000 déplacés de guerre.
Nkunda fait-il des FDLR une affaire personnelle ?
Dans sa chronique du mois de novembre 2007, à la date du 2, la Monuc note ceci: « Le gouvernement américain est prêt à aider la RDC dans la sécurisation de sa frontière avec le Rwanda et approuve le plan d’offensive congolais contre les rebelles hutus rwandais. Les Etats-Unis ont envoyé, mercredi, une délégation pour tenter de convaincre Nkunda de démobiliser ses troupes et d’éviter d’autres affrontements avec des FARDC. La délégation affirme avoir rencontré Nkunda, qui refuse de désarmer tant que les FDLR ne le font pas ».
Ainsi, mémo aux Américains, le général démissionnaire a dit NON! D’où la question de savoir pourquoi fait-il des Fdlr une affaire particulière alors que la RDC et le Rwanda en ont fait l’affaire des deux Gouvernements ? Après William L. Swing, Ross Moutain, Kemal Saïki a enjoint Nkunda d’arrêter l’aventure. « Nous avons épuisé quasiment, il me semble, à ce point, toutes les possibilités pacifiques qu’ils offraient. Il faut le dire de manière brutale, il y a un temps pour la paix, et un temps pour la guerre. Malheureusement, il semble que toutes les ouvertures possibles qui ont été faites ne semblent pas avoir donné de résultats (...) *, a déclaré le porte-parole civil de la Monuc qui a aussitôt estimé que si la résolution de la crise doit venir par la paix, tant mieux. « Si elle a lieu par l’ultime recours à la force, qu’il en sait ainsi »!
NDL/Le Palmarès
Last edited: 29/11/2007 08:24:03